Marche du 28 juin : L’opposition devant un dilemme

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Collectif_ADP_01L’opposition qui projette d’organiser une marche le 28 juin prochain dans l’espoir de faire plier le pouvoir serait actuellement confrontée à un dilemme cornélien. A savoir maintenir ou non la date prévue pour cette action.


Le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et l’ADP (Alliance pour la démocratie et le développement) se sont réunis, le mardi 19 juin, au QG de l’UFDG. Cette réunion aurait porté sur les préparatifs de la marche qu’ils comptent organiser le 28 juin prochain. Pour amener le pouvoir à abdiquer face à leurs revendications, portant entre autres sur la recomposition de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et le départ de son président. Une condition sine qua none que pose l’opposition avant d’aller aux élections. Ce à quoi le président Alpha Condé ne serait pas prêt à céder. Récemment il a souligné que la CENI est une institution indépendante dont il ne se mêlerait pas des affaires.

Dans ce bras de fer qui plombe les préparatifs des élections, les leaders de l’opposition devraient s’accorder sur le maintien ou non de la marche du 28 juin. A l’issue d’une réunion qui s’est déroulée ce mardi, les acteurs politiques auraient décidé d’aller consulter leurs bases respectives. Avant de prendre une quelconque décision qui les impliqueraient. « Nous nous sommes entendus que chaque parti aille consulter d’abord sa base. A l’issue de ces concertations, nous allons dégager une synthèse qui nous permettra de savoir s’il faut maintenir ou reporter la marche du 28 juin Â», explique Faya Millimouno, ex membre de la NGR (Nouvelle Génération pour la République) et porte-parole du Collectif. En outre, il indiquera que les avis sont « partagés Â» au sein de l’opposition. Certains voudraient que la marche ait lieu à la date prévue. En revanche, d’autres pensent qu’il serait mieux de la reporter, vu que le président sera absent du pays. Lui qui s’est envolé mardi pour un long périple devant le conduira à Rio, puis en Asie et en France.

Pour le président de l’UFC (Union des forces du changement), l’opposition a été prise de court, suite au voyage du chef de l’Etat. Selon Aboubacar Sylla, c’est à la « dernière minute Â» que le Collectif et l’ADP ont été « avertis Â» que le Pr Alpha Condé voyageait. « C’est pourquoi, lors de notre réunion, nous avons décidé d’aller rencontrer nos bases et ensuite, de nous retrouver le jeudi pour dégager une conclusion. La décision qui sera prise sera une décision consensuelle Â», reconnait le porte-parole de l’ADP.

Tout en confirmant cette décision, le leader des NFD (Nouvelles forces démocrates) pense qu’il faut agir cette fois-ci. Pour éviter de tomber dans le piège du président qui multiplie les « actes dilatoires Â». Pour Mouctar Diallo, la marche a déjà été reportée une fois, pour les mêmes causes. C’est-à-dire l’absence du chef de l’Etat. Car l’opposition ne voudrait plus manifester en son absence. Mais l’opposant pense qu’il faut « maintenir la pression Â». Selon lui, « le président veut les endormir pour gagner en temps Â». Or pour lui, « le président Alpha Condé ne connait que le langage de la pression Â».

Vu ce qui précède, tout porte à croire que l’opposition guinéenne serait face à un dilemme. Celui de maintenir ou non la marche du 28 juin. En attendant le retour du chef de l’Etat.


Samory Keita
L’Indépendant,  partenaire de GuineeActu.com 


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