Imprimer

Rétropédalage du gouvernement dans l’affaire des 25 millions USD : Des zones d’ombre subsistent

Mamadou Sarifou Barry  Jeudi, 21 Juin 2012 14:50

Facebook

 

FOFANA_Mohamed_Lamine_CONDE_Alpha_YANSANE_Kerfalla_01Le gouvernement guinéen par la voix de son ministre de l’Economie et des Finances, Kerfalla Yansané, a annoncé lundi l’annulation du contrat des 25 millions de dollars qui liait Palladino, une société sud-africaine à l’Etat guinéen. Ce rétropédalage ne doit en aucun cas dédouaner ceux qui ont engagé l’Etat guinéen dans une telle supercherie.


Ce contrat passé entre le président Alpha Condé et un businessman sud-africain du nom de Walter Hennig, patron de Palladino Capital, une société contrôlée par Hennig et enregistrée dans les Iles Vierges britanniques, un paradis fiscal bien connu a été révélé au grand jour par le très sérieux journal anglais The Sunday Times.

L’affaire continue de faire grand bruit et la presse locale en fait ses choux gras. L’opinion est d’autant plus choquée que bien des gens sont désabusés face au changement prôné par le professeur Alpha Condé. Les discours populistes et les effets d’annonce, les populations commencent à en avoir marre. Seuls des actes concrets peuvent convaincre de la volonté du chef de l’Etat de rompre avec le passé. Pour le moment nous n’en sommes pas encore là. C’est du moins l’avis de nombreux observateurs qui ne cachent pas leur déception suite à cette révélation d’un contrat portant sur 25 millions de dollars US. Un prêt qui n’a jamais été publiquement révélé aux Guinéens et ne figurant d’ailleurs pas dans le budget national, quoique le président Alpha Condé ait déclaré que « les contrats qui engagent la Guinée seront publiés sur Internet ».

L’une des clauses qui porte à controverse est la provision qui stipule que si le gouvernement guinéen n’arrive pas à rembourser ce prêt, la compagnie convertira la créance en une participation de 30 pourcents dans les opérations de la compagnie minière nationale guinéenne la SOGUIPAMI qui a été créée par décret présidentiel et adopté par le CNT en août 2011. Les experts et autres spécialistes des mines s’accordent à dire que cet accord serait une « violation flagrante » du code minier qui stipule à l’article 150 que « l’Etat se réserve le droit de vendre tout ou partie de sa participation en numéraire, sans droit de préemption des autres actionnaires de la société titulaire du titre minier, à travers un processus d’enchères ouvert et transparent ».

Face au tollé suscité par ce contrat, le gouvernement a procédé à un rétropédalage. Annulant purement et simplement le contrat. C’est en tout cas ce que le ministre des Finances vient de révéler.

« Le contrat de 25 millions de dollars liant la société Palladino, de droit sud-africain, à la Guinée a été annulé et le montant en jeu restitué à ladite société », a indiqué Kerfalla Yansané, à l’occasion d’un atelier organisé par le représentant résident du Fonds Monétaire International (FMI), sur les perspectives économiques régionales en 2012.

Selon le ministre des Finances, Kerfalla Yansané, la décision a été prise à l’issue d’un conseil des ministres extraordinaires. Dans cette même logique, le ministre a précisé que le président de la République, le Pr. Alpha Condé a donné instruction au ministre des Mines et de la Géologie, Mohamed Lamine Fofana, de faire une communication autour de cette affaire pour éclairer la lanterne des uns et des autres.

Cette affaire avait provoqué un tollé à telle enseigne que la classe politique notamment le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFR), Sidya Touré, avait indiqué que cette situation risquerait de mettre en péril l’atteinte du point d’achèvement des pays pauvres très endettés.

Les questions qu’il faut se poser après cette annulation est de savoir à qui devait profiter ces 25 millions de dollars US, quand on sait que le fils du président Mohamed Condé est bien celui qui aurait managé toute cette affaire. Etant en accointance avec de nombreux milieux d’affaires en Afrique du Sud, en Inde et au Brésil. L’autre question porte sur la provenance des fonds ayant servi à compenser ces 25 millions de dollars, car certains observateurs pensent que l’argent de Palladino aurait servi à embellir certaines villas cossues que l’entourage présidentiel a pu s’offrir. Avec des grosses cylindrées à la mode. Autant de préoccupations que le Conseil national de transition (CNT) devra aider à résoudre, vu que cette institution fait semblant de sortir de sa torpeur suite aux critiques des médias et de l’opposition qui, depuis un certain temps, tirent à boulets rouges sur elle.


Mamadou Sarifou Barry
L’Indépendant,  partenaire de GuineeActu.com


AArticle_logo1_0 

Facebook