Heinan Goba Mercredi, 13 Juin 2012 21:54
L'opposition guinéenne réunie au sein du Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et l’Alliance pour la démocratie et le progrès, est arrivée à la conclusion que le Conseil national de transition (CNT) qui fait office de parlement dans le pays, doit partir parce qu’il ne joue plus son rôle, même si cela ouvre la voie à un régime d’exception.
C’est la première fois depuis son installation, il y a plus de deux ans, que le Conseil national de transition fait l’objet d’une telle critique. Le CNT, commission ad-hoc mis en place, au départ, pour le toilettage de la constitution et du code électoral, a vu son mandat augmenté par une ordonnance du président de la Transition. Il incarne depuis lors le pouvoir législatif.
Mais pourquoi avoir attendu tout ce temps pour réclamer le départ d’une institution qui, entre-temps a bénéficié de la générosité du président de la Transition pour rester en place jusqu’à l’élection d’une Assemblée représentative du peuple ?
En répondant aux questions des journalistes au cours d’un point de presse, le 13 juin, Sidya Touré, le président de l’UFR a dit : « C’est très simple : cette institution mise en place pour durer au maximum six mois, est la seule de la transition qui est toujours en place. Et pire, elle ne joue plus son rôle. » Avant de préciser qu’il ne s’agit pas d’une attaque contre cette dernière.
Si le leader de l’Union des forces républicaines a adouci ses propos, le Docteur Fodé Oussou Fofana n’a pas caché son amertume vis-à-vis de la présidente de l’institution mise en cause. Pour le vice-président de l’UFDG, « Rabiatou Serah Diallo est rentrée dans l'histoire par la petite porte en refusant de jouer son rôle de contrôle de l’action gouvernementale, à cause d'un poste »
L’ancienne secrétaire général de la puissante centrale CNTG, d’après Fodé Oussou Fofana, « a oublié tout le combat qu'elle a mené en compagnie des feu Ibrahima Fofana du l’USTG et autres leaders syndicaux du pays ».
Contre l’institution que dirige Rabiatou Diallo, Sidya Touré aussi ne s’est pas arrêté à la dénonciation de la démission totale qui caractérise son comportement. L’opposant a révélé une pratique en cours au sein de l’organe législatif ; une pratique qui s’apparente beaucoup à ce qu’on appelle la corruption. Trois millions de francs pour chaque conseiller afin de voter des lois en faveur du régime, d’après Sidya Touré.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com