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Patrimoine routier : Il faut sauver la route

Thierno Hassana Bah  Mercredi, 06 Juin 2012 14:06

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travaux_routiers_01Le ministère des Travaux publics a organisé les 22 et 23 mai un atelier de formation sur le respect des limites de charge des poids lourds. C’était au Palais du peuple avec l’appui institutionnel à l’entretien routier de l’Union européenne.


Cet atelier qui a duré deux jours a regroupé des cadres du ministère des Travaux publics et des Transports, des chauffeurs et bien d’autres personnalités venues de diverses structures professionnelles. Durant ces deux jours de formation, les débats étaient axés sur la dégradation des réseaux routiers guinéens ; la mesure légale et réglementaire mise en œuvre pour éradiquer la surcharge des poids lourds ; les stations de pesage construites dans le pays y compris aux postes frontaliers ; promouvoir et satisfaire les réunions de travail de tous les acteurs impliqués dans la gestion des exploitations des routes ; l’entretien des voies urbaines contrairement aux routes interurbaines, entre autres.

Il a été dit lors de cet atelier que pour un entretien satisfaisant des routes, il faudrait débourser 360 milliards de francs guinéens. D’où l’importance de protéger la route.

Le chef de la délégation de l’Union européenne en Guinée, Philippe Van Damme, a indiqué que les routes guinéennes ont été fortement dégradées ces dernières années : « Nous sommes tous conscients que le patrimoine routier en Guinée a subi un niveau de dégradation important ces dernières années et que si des efforts concertés ne sont pas réalisés, cette dégradation va sans doute s’accélérer. » Il poursuit son intervention en disant que bien qu’il y ait une insuffisance de moyens techniques et financiers, un problème d’organisation et de gouvernance du secteur se pose. « C’est ce qui, ajoute-t-il, aggrave le cercle vicieux de la surcharge-dégradation-dysfonctionnement du secteur. Et il est de plus en plus difficile pour nous d’expliquer au contribuable européen que les routes financées dans ce pays se sont dégradées prématurément. » Il a rappelé que l’Union européenne a financé ces dernières années la réhabilitation de beaucoup d’infrastructures routières en Guinée Forestière et en Basse Côte et ce, malgré l’instabilité politique. Il a annoncé par ailleurs que son institution fera un appui financier à la Guinée après la tenue des élections législatives libres et transparentes avant la fin 2012. Cela par le déblocage de 83 millions d’euros du 10e FED.

A la fin de l’atelier, les participants ont fait des recommandations au ministère des Travaux publics pour la sauvegarde du patrimoine routier guinéen. Leur porte-parole, Fatoumata Mara, a cité entre autres, la prise dans les meilleurs délais des textes d’applications de la loi de la CEDEAO relative à la charge à l’essieu ; le lancement d’une équipe de schéma d’installation pont-bascule en Guinée ; la redynamisation et le renforcement du comité technique national de suivi de l’application de la loi sur les charges à l’essieu ; le renforcement des capacités des services publics chargés de l’entretien routier et l’implication effective des collectivités décentralisées dans les activités d’entretien et de protection de la route ; la création d’un cadre de protection de la route à travers une association ; le renforcement des mécanismes d’informations et de sensibilisation des usagers de la route ainsi que les décideurs au niveau des collectivités locales.

Le ministre Bah Ousmane dira à son tour que son département ira au-delà de ces recommandations car, dit-il, il faut que le patrimoine routier soit protégé. « Je regrette que des textes n’aient pas été pris pour sanctionner les agresseurs de la route, a dit Bah Ousmane. Même s’il y a des textes, je n’en connais pas. Dans le code pénal on parle d’agression à main armée, mais nous avons des agresseurs de la route. Cela peut être les transporteurs avec les surcharges. » Il souligne que l’administration publique fait partie de ceux qui agressent la route : « Vous pouvez le voir cette semaine, c’est EDG qui est en train de faire des tranchées sur la route sans s’adresser à nous. La semaine suivante c’est les Télécommunications. Vous avez dû constater qu’actuellement il y a des tranchées au bord de plusieurs axes, sans concertation. Nous voyons cela en tant que responsables du patrimoine routier sans qu’on ne soit informé. Or, le maître d’ouvrage pourrait donner des meilleurs conseils à ceux qui veulent exécuter un travail qui est nécessaire ». Bah Ousmane a dénoncé aussi le fait que des citoyens érigent des dos d’âne sur la route de façon fantaisiste.


Bah Thierno Hassana
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu.com


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