Heinan Goba Mardi, 05 Juin 2012 10:37
Mory Kaba, consultant international paix et conflit, lance un appel en direction du peuple de Guinée pour qu'il pardonne tout ce qu'il a subi comme souffrance pendant les cinquante-quatre ans de son existence, afin de permettre à ses fils de vivre ensemble et bâtir l'avenir du pays. Il a vivement sollicité le soutien de la jeunesse guinéenne, "l'avenir du pays", le 04 juin, au cours d'une conférence de presse.
S'exprimant au cours de cette rencontre qui avait pour thème: "Comment réconcilier les Guinéens et faciliter la transition". Mory Kaba a dit : "Si les Guinéens sont croyants comme ils le disent, ils n'ont qu'à se remettre à la volonté de Dieu". Avant de s'interroger: "On a pardonné la colonisation, pour quelle raison on sera incapable de pardonner les actes posés par les régimes qui se sont succédé à la tête de notre pays afin qu'on progresse ?".
S'il demande au peuple de pardonner, Mory Kaba exige tout de même de tous ceux qui savent quelque chose sur les événements douloureux qui ont marqué l'histoire de la Guinée de témoigner, histoire de faire la lumière sur ces faits. Victimes présumées ou suspects, il aimerait que tout le monde apporte la preuve de ce qu'il soutient. C'est ainsi que ce problème dû au manque d'information sera résolu, d'après lui.
Victime, dit-il, du régime de Sékou Touré, Mory Kaba soutient cependant que ce régime n'est pas aussi mauvais qu'on le soupçonne. Il estime que la mise en place de ces sous commissions et les témoignages des uns et des autres vont permettre de savoir ce qui s'est passé réellement. Précisant que la même méthode sera valable pour les autres régimes qui sont aussi accusés par certains Guinéens.
A ce propos, Mory Kaba a annoncé la mise en place de sous commissions de réflexion sur chacun des régimes qui ont dirigé le pays de l'indépendance à maintenant. Mais, d'après lui, ce travail qui se fait sous la direction du comité guinéen de résolution des conflits qui n'a pas encore une existence légale, ne plairait pas au Conseil national de la transition, d'où l'institution de la commission provisoire de réconciliation.
Pour sa part, Mohamed Bangoura dit Banks, qui assistait à cette rencontre, a dit qu'il faut plutôt se mettre à l'écoute du peuple de Guinée pour savoir où se trouve le vrai problème.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com