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Maison centrale : L’ADP et le Collectif chez les détenus ce lundi

Thierno Hassana Bah  Mardi, 29 Mai 2012 14:18

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Maison_Centrale_prison_Conakry_01Le 28 mai, certains leaders de l’opposition dont le président des NFD, Mouctar Diallo, et son vice-président, Pascal Tolno, Faya Millimouno, la vice-présidente de l’UFC, Aliassou Hann Diallo, et bien d’autres, se sont rendus à la Maison centrale de Conakry. Ces différents responsables politiques étaient venus pour s’imprégner de la réalité de la vie carcérale de leurs militants arrêtés suite à la manifestation du 10 mai dernier. Certains de ces jeunes ont été arrêtés le jour de la manifestation alors que d’autres l’ont été les jours suivants.


Après trois semaines d’internement, ces prisonniers, une soixantaine, se trouveraient dans un état déplorable. En tout cas c’est ce qu’indiquent les leaders de l’opposition qui leur ont rendu visite. Selon Fodé Mohamed Soumah de la GéCi, leurs militants n’ont pas subi de violence à la Maison centrale. Mais « ils ont été battus dans les commissariats ». Il poursuit en disant qu’après avoir rendu visite aux détenus, il se trouverait dans une tristesse infinie. « C’est grave et triste, ce que j’ai vu, dit-il. Les détenus sont des élèves en situation d’examens, des étudiants et une nourrice qui est avec son bébé ». Il indique par ailleurs qu’il a vu des détenus en préventive depuis plus d’une année. Ce qui a encore choqué Fodé Mohamed Soumah, c’est le fait que « des mineurs soient détenus avec des bandits de grand chemin ». C’est inadmissible, ajoute-t-il.

Pour sa part, Dr Faya Millimouno dira que les détenus sont dans des conditions difficiles à vivre. Selon lui, l’Escadron de la gendarmerie de Hamdallaye serait devenu le « camp Boiro » car « ceux qui ont été arrêtés par cette gendarmerie ont subi la diète noire. Tous les prisonniers indexent l’Escadron de Hamdallaye», dit-il avant de dénoncer « la violation » des droits de l’homme dans notre pays, alors que « ce que nous sommes en train de faire, nous l’avions fait pour un autre qui est aujourd’hui président de la République ».

Etienne Soropogui ira plus loin en disant qu’il y a « un véritable camp de concentration » dans le pays. Ils dénoncent le fait que ces jeunes soient arrêtés alors qu’eux, les organisateurs de la marche, sont en liberté. « Pourquoi ils sont arrêtés alors qu’ils étaient avec nous ? », s’interroge-t-il avant d’accuser les agents de sécurité de prendre de l’argent avec ceux qu’ils arrêtent, pour leur liberté : « C’est un trafic humain qui se passe chez nous. Quand il y a manifestation, on arrête des centaines. Ceux qui ont des sous payent pour obtenir leur liberté. C’est du trafic humain ». Pire encore, « aucun dispositif n’est mis en place pour permettre aux détenus de vivre une vie carcérale normale ». Et Mouctar Diallo de poursuivre : « Les prisonniers ont été maltraités dans les commissariats et gendarmeries. Ils sont ici dans des cellules inappropriées. J’ai honte qu’après tous les sacrifices consentis pour l’instauration d’un Etat de droit dans notre pays, il y ait encore ces violations des droits de l’homme. Nous sommes prêts à continuer le combat pour ne pas que ces sacrifices soient perdus ».

Ce qui a plus écœuré ces responsables politiques, c’est le cas d’une nourrice qui croupit dans cette maison depuis trois semaines avec son bébé. Elle aurait été arrêtée le lendemain du 10 mai au bord de la route. « On a perdu le sens de l’humanisme », ajoute le président des NFD.


Bah Thierno Hassana
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu.com

 
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