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Une menace de grève plane sur la RTG

Saïdou Hady & Bah Boussiriou   Jeudi, 24 Mai 2012 14:17

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RTG_Koloma_01Le 21 mai, la RTG (Radio-Télévision-Guinéenne), sise à Koloma, a servi de cadre à une assemblée générale des travailleurs de la RTG1 et de la RTG2 de Boulbinet. Avec pour objectif d’énumérer les différents maux qui gangrènent les deux maisons et élaborer un mémorandum pour dénoncer les mauvaises conditions de vie et de travail des travailleurs.

Initiée par la section syndicale des travailleurs de la RTG, cette assemblée a connu la participation massive de tous les travailleurs de la RTG Koloma et Boulbinet. Il était question de faire le point sur la situation des jeunes engagés non pris en charge, des conditions lamentables de travail des deux maisons et de divers autres problèmes.

Pour dresser les nombreuses difficultés auxquelles les travailleurs sont confrontés, la section syndicale a cité entre autres, le manque d’entretien et de formation, le non-respect de la hiérarchie, la méconnaissance et l’amalgame dans les prérogatives, le conflit de compétences, le fonctionnement incorrect de la radio, le manque criard de pièces de rechange et de consommables, la disparition miraculeuse des équipements, l’irresponsabilité des autorités, le blocage de certains éléments pour des intérêts égoïstes. Au cours de cette rencontre, le secrétaire général de la section syndicale, Ibrahima Keïta, a planté le décor. « La section syndicale a pris la responsabilité de convoquer tous les travailleurs de la RTG Koloma et Boulbinet afin que nous puissions échanger sur les problèmes internes. Aujourd’hui, on dit ailleurs que ça va à la RTG. Quand vous êtes dans votre salon, vous regardez la télé, vous dites que tout va bien, alors que rien ne va sur le plan technique, sur le plan formation, sur le plan environnemental. Rien ne va à la RTG. C’est en voyant toutes ces anomalies que nous avons décidé d’inviter les uns et les autres pour faire notre propre diagnostic, afin de proposer des solutions et d’élaborer un mémorandum qu’on doit déposer auprès des autorités les plus compétentes pour qu’on ait un regard très critique sur la RTG », explique-t-il. Il précisera ensuite que « le mémorandum sera déposé d’abord au niveau des directions générales, puis au niveau du ministre, ensuite au niveau du premier ministre, et voire même au niveau du président de la République ».

Bon nombre de travailleurs de ces deux maisons ont fait part de leur déception sur la façon dont évolue la RTG. Les jeunes engagés non pris en charge et les travailleurs étaient tous remontés contre leurs patrons. C’est le cas de Mohamed Soumah, électromécanicien et ingénieur qui, après de nombreux services rendus, se dit très déçu de la façon dont la boîte est gérée. « Je suis déçu de la RTG. Aujourd’hui aucun travailleur de la RTG n’a le niveau. Moi, je m’attendais aujourd’hui à ce qu’on parle de la mise à niveau des techniciens, des journalistes. On a des gens qui sont parachutés, qui sont nommés comme chefs mais qui ne sont même pas à la hauteur, que ça soit audio ou vidéo.  On ramasse des cameramen dans la rue, on les amène ici tout simplement parce qu’ils savent cadrer ».

Tout comme lui, Manga Fodé Touré, journaliste, déplore la situation lamentable de la RTG. Pour lui, « cette assemblée nous a permis de comprendre que jusqu’à présent, la RTG est gérée comme un vidéo club. Les équipements que nous utilisons sur place sont des équipements professionnels, donc, ça demande de consommables professionnels. Chaque fois, on parle des pannes répétées et les conditions sont là pour qu’il y ait toujours des pannes. La direction et les autorités doivent se lever pour que cette maison puisse fonctionner à la satisfaction de la population guinéenne. Mais je suis désolé, à chaque fois qu’on a posé des problèmes, c’est pour dire non, on a pris des dispositions ».

Et de rappeler que « pendant les élections présidentielles, on a envoyé des équipements à la RTG. Au niveau du service STE radio, on a reçu plus de 50 appareils de prise de son. Aujourd’hui, il n’y a que 9 appareils seulement à la RTG. Où sont partis les 41 autres appareils de prise de son ? », s’interroge-t-il. « Les caméras, on n’en parle pas, les câbles de montage ça c’est autre chose ». Selon lui « la télévision Koloma fonctionne aujourd’hui sur deux valisettes. Les valisettes sont faites pour le montage à l’extérieur. Ce ne sont pas des équipements appropriés pour les montages sur place. Il n’y avait que quatre studios de montage à Koloma. Aujourd’hui, aucun ne fonctionne, les appareils sont en panne, en attendant on se sert de ces valisettes ». Face à cette situation, Manga Fodé Touré, pense qu’ « il y a un défi à relever et personne ne peut relever ce défi, si ce n’est les travailleurs de la RTG ».


Saïdou Hady & Bah Boussiriou
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu.com 


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