Oury Bah Mercredi, 13 Juillet 2011 21:45
Le ministre guinéen du plan, El Hadj Souleymane Cissé a pointé du doigt son homologue de l’agriculture sur la responsabilité de la surfacturation des intrants agricoles pour la campagne agricole 2011. ‘’Tout pays qui ne se planifie pas, planifie son échec’’, c’est par ces mots qu’il a commencé la conférence de presse ce matin dans l’enceinte de son département. L’objectif était d’éclaircir pour l’opinion nationale et internationale la question de la surfacturation des intrants agricoles (engrais et herbicides) que le gouvernement guinéen a achetés dans le cadre de la campagne agricole 2011.
Face aux grands défis qui nous interpellent, le gouvernement guinéen avait depuis janvier dernier défini des plans d’action prioritaires parmi lesquels se trouvent l’expansion économique et la lutte contre la pauvreté dans notre pays. Et le ministère de l’agriculture avait mis un accent particulier sur la campagne agricole 2011 pour mettre en valeur environ 100’000 hectares de terre afin de subvenir aux besoins de la population en denrées de consommation et lutter contre l’importation excessive des produits de première nécessité.
Ainsi ce ministère qui était chargé de faire l’évaluation de ces intrants (40'000 tonnes d’engrais et d’herbicides), aurait procédé à une surfacturation. Selon le procès-verbal du conseil interministériel, le litre d’herbicide qui devrait être acheté à 40.000 fg est surfacturé à 95.000 fg. Et c’est ce même ministère qui a fait les appels d’offres et a signé les contrats en achetant ces intrants au Mali voisin pour les stocker à Kankan.
‘’C’est par manque d’expérience dans la gestion de ces intrants agricoles qu’une commission interministérielle chargée d’appuyer le secteur agricole dans le stockage et le dispatching des engrais et herbicides a été créée le 21 avril, avec à sa tête, le ministre du plan, Souleymane Cissé’’, a expliqué le ministre.
Et cela pour éviter le risque de vente ou d’exportation de l’engrais, le retard de stationnement des camions maliens qui acheminaient les engrais à Kankan, et aussi pour éviter plus de taxes au gouvernement et élaborer des TDR afin que les intrants arrivent à destination et au moment opportun.
Le ministre poursuit : ‘’Depuis que notre commission a fini de faire le stock des intrants et les a transmis à la chambre nationale d’agriculture, laquelle devait les transmettre aux organisations paysannes qui ont pour mission de les remettre à la population, notre mission est terminée, en principe’’.
Donc pour lui la responsabilité de cette surfacturation incombe au département de l’agriculture qui a fait l’évaluation des intrants, parce que leur commission n’a vu le jour qu’après l’achat et le transport des intrants jusqu’à Kankan.
‘’Il ne revient pas à la commission interministérielle de faire des adjurations ou des propositions des prix, mais plutôt aux cadres du ministère de l’agriculture’’, a-t-il conclu.
Oury Bah
pour GuineeActu.com et nrgui.com