Lansana Kouyaté, PEDN : « Si le soutien à Alpha Condé était à refaire, je le referais »

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KOUYATE_Lansana_7_01La semaine dernière, le président du Parti de l’Espoir pour le Développement National (PEDN), membre de l’ADP (Alliance pour la démocratie et le progrès) qui forme avec le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition l’aile dure de l’opposition, Lansana Kouyaté, a accordé une interview à la chaîne de télévision "Africa 24" pour parler de la situation sociopolitique de la Guinée. Dans cet entretien, l’ancien allié du RPG au second tour des présidentielles de 2010, fustige la mal-gouvernance, les élucubrations du pouvoir dans le processus électoral et comme ses pairs de l’opposition, réclame la recomposition de la CENI.


Selon le leader du PEDN, le changement promis par le nouveau régime tarde à se réaliser. Mettant les citoyens dans d’énormes difficultés. Pour Lansana Kouyaté, les Guinéens ont toujours « faim Â». La campagne agricole initiée par le gouvernement est répercutée en grande pompe dans le tout le pays. Alors qu’en réalité c’est un événement maquillé, puisqu’en dépit de tout, le train de vie des paysans reste déplorable. Selon lui, après un an et demi de gestion, les nouvelles autorités devraient montrer des signes encourageants de changement. Mais aujourd’hui, il n’en n’est rien.

En réagissant à la question relative au dialogue politique, l’ancien Premier ministre sous l’ère Conté estime qu’il y a un manque de volonté de la part du pouvoir en place d’instaurer un dialogue réel, franc et sincère. Il explique que les rencontres que le président a eues avec les acteurs politiques à Sékhoutouréya n’ont abouti à rien. « S’agiter et agir font deux. Tous ces leaders que vous avez vu venir, ça aboutit à quoi ? Ce n’est pas pour prendre des photos de famille qu’ils vont là. C’est pour parvenir à des résultats concrets qui se reflètent sur la politique, la vie économique et la vie sociale du pays. Or, au plan politique comme vous l’avez vous-même constaté, il y a toujours les divisions qui existent Â», regrettera-t-il.

Par ailleurs, l’ancien allié d’Alpha Condé refuse de cautionner le bilan de son mentor qu’il avait soutenu au second tour et dont il a contribué à l’élection. Pour répondre à la question de notre confrère de la chaîne de télévision internationale, qui estime que le peuple peut s’en prendre à Kouyaté pour l’avoir induit en erreur (parce qu’il critique le bilan de celui dont il a lui-même contribué l’élection), le patron du PEDN est catégorique : « Si je l’avais induit en erreur, j’allais être là à défendre son bilan Â», argue-t-il. Et de préciser : « C’est parce que je ne me sens pas du tout responsable de tout ça. J’ai participé à un groupe, l’Arc-en-ciel, qui l’a porté au pouvoir, et ce groupe a disparu avant même l’investiture. Â»

Et à ceux qui lient ça à de « l’aigreur Â», parce qu’il n’a pas été associé à la gestion du pouvoir, Kouyaté dira qu’ils se trompent. Car il n’aurait jamais voulu être associé à une quelconque gestion ou gérer un poste ministériel. « Le Pr Alpha Condé savait que je ne suis pas intéressé. J’ai dit qu’aux élections législatives, j’allais être candidat, et il le savait avant, mais m’associer ou me mettre à un poste ministériel, ça ne m’intéressait pas, il le savait. Je crois qu’il faut être objectif sur le sujet. Ceux qui prennent ça pour de l’aigreur, se trompent totalement sur mon compte. Le seul état d’âme que j’ai, c’est qu’on s’est entendu sur une orientation, sur une élection qui n’a pas été respectée Â», se défend le leader.

Sur la question de savoir si Alpha avait réellement gagné les présidentielles de 2010, l’ancien allié du RPG dira que la question importe peu. Puisque « le PEDN après le premier tour, a fait recours à la Cour Suprême et sur le point de vue recevabilité, dans la forme comme dans le fond, c’était l’un des rares dossiers qui a été accepté par la Cour Suprême Â». Lansana Kouyaté rappelle que les mauvaises « pratiques Â» dénoncées au premier tour se sont résumées en 24 points de dysfonctionnement, que la CENI, elle-même, a reconnus. Donc pour lui, c’est la correction de ces dysfonctionnements qui a permis à Alpha de gagner les élections. Sauf que le résultat du vote des militaires n’a jamais été publié, a-t-il déploré. « D’ailleurs, les militaires ont été les premiers à voter. Qui a entendu parler de leur résultat ? Pourquoi le résultat n’a-t-il pas été donné ? Â», s’est interrogé l’opposant. Avant de répondre aussi en ces termes : « On a écrit tout ça dans les requêtes que nous avons formulées auprès de la Cour Suprême. Il y a eu des rapports qui sont partis dans les bureaux de vote. Ce qu’on a entendu après comme justification par la Cour Suprême elle-même, on ne sait pas si ça a été fait de bonne foi ou de mauvaise foi Â».

« Les élections législatives devraient se tenir six mois après la présidentielle, nous sommes à un an et après, on n’a toujours pas les élections et les voix s’élèvent, on estime que c’est l’opposition dont vous faites partie royalement d’ailleurs, qui ne favoriserait pas les choses en posant tant de conditions Â». 

M. Kouyaté n’ira pas du dos de la cuillère pour répondre à cette question. Pour lui, le retard accusé pour organiser les élections a une explication très simple. « Je vais vous dire la vérité, si aujourd’hui ces élections étaient organisées dans les conditions actuelles, le pouvoir sait bien qu’il ne les gagnerait pas, s’il n’y a pas de fraudes. Ces fraudes proviendront de quoi ? D’une CENI qui a montré ses limites déjà depuis le premier tour, on a été obligé de la faire présider par un étranger, le général Sangaré. Cette CENI est aujourd’hui totalement déséquilibrée. Sur 23 personnes, il n’y en a peut-être que 3 qui se réclament de l’opposition Â», dit-il. A cet effet, il pense que la CENI ne reflète plus le paysage politique guinéen. Donc pour M. Kouyaté, l’ultime solution est de procéder à la recomposition de la CENI.

En tout cas, selon lui, s’il y a blocage aujourd’hui du processus électoral, c’est parce que le gouvernement s’est détaché du premier opérateur, la SAGEM. Pour prendre d’autres opérateurs. Notamment Waymark et Sabari. Les raisons ? Kouyaté fait une rétrospective sur les élections en Côte d’Ivoire. Pour les élections dans ce pays, explique-t-il, « la référence a été le recensement de 1998. En 2000, il y a eu des élections, après, on n’a pas changé le fichier. Le fichier, on ne le change pas facilement Â». Il dira qu’il faut faire le distinguo entre le recensement qui est question d’état-civil, et ceux qui vont aux élections. « Si un fichier existe déjà, il faut le toiletter pour que, véritablement, ceux qui sont morts soient barrés de la liste, ceux qui ont atteint l’âge de vote soient inscrits. Les doublons qu’il y avait eus l’année passée, que tout cela soit audité Â», indique l’ancien Premier ministre.

Avant de marteler : « l’audit a été réalisé mais personne ne connaît le résultat. Pourquoi le résultat n’est-il pas publié ? Et au lieu de ça, on laisse de côté, on va prendre Waymark et Sabari technologie, un autre opérateur. Vous savez que le premier opérateur pour faire enregistrer mettait les quatre empreintes digitales. Mais le second-là, il faut les dix. Et on veut une migration par magie d’un opérateur à un autre Â».

Revenant sur le divorce entre son parti et le RPG, il dit que cela est dû au fait que l’alliance Arc-en-ciel a disparu pour céder la place au RPG-Arc-en-ciel. Or, précise-t-il, « il n’y avait pas RPG-Arc-en-ciel. C’est un concept qui ne nous était pas familier. Parce que le RPG comme le PEDN comme le RDR… tous les partis-là faisaient partie d’un groupe qui s’appelait l’Arc-en-ciel. Et après l’élection, subitement il y a RPG-Arc-en-ciel. La vérité est toute simple, on a demandé aux autres partis de se saborder pour venir au RPG Â».

En dépit de cela, Kouyaté dit n’avoir pas regretté son soutien au Pr Alpha Condé au second tour des présidentielles de 2010. Il dit avoir assumé ce choix et que si c’était à reprendre, qu’il allait le faire. « Je l’assume entièrement, si c’était à refaire, j’allais le faire Â». Mais pourvu que cela soit « dans les mêmes contextes Â» que les présidentielles de 2010. « Les militants m’ont dit d’aller là, je suis allé là Â», a conclu Kouyaté.


Samory Keita
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu.com


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Commentaires  

 
0 #14 Mory Sylla 28-05-2012 06:20

Mr.patriote,je m'interdis de parler de ce que je ne connais pas.Je ne sais rien du President Sekou Toure a part que grace a lui et a ses compagnons,nous sommes Guineen,et non francais d'Outre mer.Parlant du sinistre Camp Boiro,il faut savoir que tous les pays du monde ont leurs camps Boiro.Ce n'est pas une exception Guineenne.Les Francais ont leur Bastillle,les Americains ont Guantanamo,les Chinois ont leur camps de concentrations,les Nazis ont eu Auswitz.bref ca ne finit oas.Le President Sekou Toure reste un grand leader.Peu importe les denigrements de ses ennemis.
Contrairement a Sekou Toure,je connais bien le General Conte'.S'il avait respecte' sa promesse de se retirer en 2003 apres son 2eme mandat,la Guinee' n'aurait jamais connu ni les evenements de 2006,2007,ou pire,l'avenement du Cpt Dadis au pouvoir et le triste 28 Septembre 2009.
Le General Konate' a organise' les 1ere elections libres et transparentes de l'histoire du pays.C'est tout a son honneur.
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0 #13 Patriote 27-05-2012 12:45

Mory Sylla, et Sékou Touré et son Camp Boiro ? Et Sékouba qui n'a d'yeux que pour l'argent ? Pardon il ne faut pas être sélectif. Ils sont tous mauivais.
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0 #12 Mory Sylla 26-05-2012 22:24

Sylla Democrate,vous vivez sur quelle planete?
Donc quand le General Conte' massacrait les pauvres populations aux mains nues a l'ex-pont 8 Novembre en 2007 c'etait aussi une forme de tolerance?
Lansana Conte',avec son fils Dadis,sont les pires dirigeants que ce pays n'ait jamais connu.Arreter avec vos plaisanteries de mauvais gout.
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0 #11 Gandhi 25-05-2012 13:00

Sylla démocrate, nous sommes d'accord sur ce point. Le plus gros reproche à faire à AC c'est de diviser la Guinée (alors qu'elel n'en a pas besoin), et croire qu'elle pourra fonctionner ainsi.
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+1 #10 Sylla democrate 25-05-2012 01:14

Oumar,de tous les regimes qu'on a connu jusqu'ici, le plus tolerant est celui de Lansana Conte qui a permis au guineen d'insulter le chef sans qu'il soit affecte. Le regime actuel commence a faire des resultats sur le plan structurel. Mais n'ayons pas honte de reconnaitre que Alpha Conde (jusqu'ici) est plus avare en dialogue que meme Sekouo Toure. le gros probleme de Alpha est lie a son incapacite de faciliter le dialogue et le pardon entre les fils de Guinee.
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+2 #9 Amenofils 24-05-2012 10:09

Oumar, Alpha Condé avait braver les interdits pour se faire accueillir a l'aeroport de conakry, Faire des meeting au stade de Coleah et manifester a la grande mosquée fayçal. Il y'a eu plueisurs morts et nous esperions que lui ayant ete victime de repression, nous aurait epargné ces scenes macabres et preservé des vies en cultivant tout simplement la democratie et en essayant d'etre le garant de la democratie, du droit et des libertés fondamentales en Guinée. Mais helas. Ayez un peu de memoire !
Citation en provenance du commentaire précédent de oumar:
Je suis sidéré que tous nos principaux opposants, reprochent à Alpha Condé de n'avoir rien fais en un an et demi après avoir trouvé des caisses quasi vides. Un système de founiture d'electricité et d'eau nul. Peuvent ils nous dire eux ce qu'ils ont fait et laissé aux guinéens durant leur passage plus ou moins long entre 2 et 13 ans?
La democratie fais du chemin en effet en guinée, ne parlons pas de recul quand pour la première de notre histoire des opposants peuvent se pavaner en ville en insultants et faisant insulter un President. Du temps de la premiere republique ou du temps du heros de Cellou ( Conté) qui aurait osé? soyons sérieux.
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0 #8 Youssouf Bangoura 23-05-2012 19:36

De toute façon, lansana Kouyaté n'avait pas de choix et n'aura pas de choix tant que Alpha Condé est president, sinon, il se retrouverait seul avec sa famille sans partisans . La base d'un parti politique en Guinée est l'ethnie . Les malinkés ne supporteront jamais quelqu'un d'une autre ethnie face à un des leurs tout comme les peulhs .
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-1 #7 Patriote 23-05-2012 14:09

Sylla Democrate, assumer un choix ne veut pas dire être disposé à refaire si c'était à refaire. Il assume d'avoir librement et en accord avec ses militants choisi le camp Arc-en-ciel. Par contre si c'était à refaire c'est là que le conditionnel et voire même l'impossible réside. On ne peut pas refaire le monde. C'est impossible. Si c'était à refaire veut dire regrettez vous votre choix ou pas. Voila le sens philosophique de la question.
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-1 #6 oumar 23-05-2012 10:06

Je suis sidéré que tous nos principaux opposants, reprochent à Alpha Condé de n'avoir rien fais en un an et demi après avoir trouvé des caisses quasi vides. Un système de founiture d'electricité et d'eau nul. Peuvent ils nous dire eux ce qu'ils ont fait et laissé aux guinéens durant leur passage plus ou moins long entre 2 et 13 ans?
La democratie fais du chemin en effet en guinée, ne parlons pas de recul quand pour la première de notre histoire des opposants peuvent se pavaner en ville en insultants et faisant insulter un President. Du temps de la premiere republique ou du temps du heros de Cellou ( Conté) qui aurait osé? soyons sérieux.
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+3 #5 Amenofils 23-05-2012 09:57

Moi je comprend bien Kouyate lansana qui est pris entre la volonté de ses militants et la deception qu'il a de Alpha Condé. Il slalome pour eviter de heurter les plus extremistes de ses militants. N'oublions que la base de chaque parti est d'abord son ethnie, puis sa famille et finalement vient ceux qui esperent beneficier s'il est elu. Donc je vous comprend Mr Kouyaté.
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+2 #4 Sylla democrate 23-05-2012 00:17

Mory, patriote, je vous conseillrai de visionnera nouveau l'interview. Ila bien raison de se comporter en responsable en didsant qu'il assume le choix qu'il avait fait motive par le souhait de ses militants de supporter Alpha Conde. Mieux, il dit que si c'est a refaire il n'hesiterait pas dans les condition qui prevalaient (l'accord entre son parti et celui d'Alpha). Revoyer l'interview sans preconception.
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0 #3 kalil diallo 22-05-2012 22:54

kouyate il faut refaire le choix ,peut etre c´est toi qui pense que les choses seraient autrement ,le mieux pour toi serait de de te poser la question pourquoi tu n´as eu acces aux promesses du roi ,le reste tu as beaucoup parle on te connait depuis avant ces elections ne perds pas ton temps.
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+1 #2 Patriote 22-05-2012 18:53

Ce monsieur descend d'un cran en terme de confiance chaque fois qu'il parle. Ne sait-il pas que quand on demande si c'était à refaire, c'est en tenant compte du résultat auquel on a abouti ? Il n'arrêtera pas de nous décevoir.
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-1 #1 Mory Sylla 22-05-2012 15:31

Que de contradictions avec ce mr. qui tourne au gre' du vent.Un jour on nous dit que c'est Cellou Dalein qui n'aurait pas donne' assez de latitude pour convaincre les militants.Un autre jour on nous dit que ce sont les militants du parti qui ont choisi Alpha Conde'.C'est a y perdre son latin.
Recomposer la CENI et demander le depart de Lounceny font deux.Je suis pour la recomposition de la CENI(ne serait ce que pour une question de transparence.)11 membres pour le pouvoir,11 pour l'opposition et 2 de la societe civile(avec Lounceny Camara maintenu comme President).Ca fait 24.
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