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Verdict de la Cour d’Appel : La fin de la crise n’est pas pour demain
Camara Moro Amara Samedi, 19 Mai 2012 14:03
La sentence de la Cour d’appel dans la guéguerre de leadership à la CNTG est tombée mardi, annulant les deux congrès tenus par les deux camps. Il reste cependant à savoir si la justice aura une influence sur le court des événements dans ce dossier.
Le verdict de la Cour d’appel est tombé mardi dans le contentieux opposant Yamoussa Touré à Amadou Diallo, pour le contrôle de la CNTG. La Cour d’appel n’a fait que confirmer l’arrêt rendu par le tribunal du travail de Mafanco, qui avait renvoyé les deux camps dos à dos. En demandant une reprise du congrès électif de la centrale. Cette décision de la Cour d’appel est diversement interprétée dans les milieux syndicaux. Amadou Diallo que nous avons joint à l’énoncé du verdict réagit « Oui, mais je ne suis même pas au courant de ce verdict. Qu’est-ce qu’ils ont dit ? » a-t-il demandé. En réponse, on lui a notifié l’arrêt en ces termes « la Cour a déclaré la nullité des deux congrès et elle vous renvoie à un nouveau congrès. » « C’est leur affaire ça. Cela ne me regarde pas, moi. Je ne m’intéresse même pas à cela. Moi, je suis dans mon bureau en train de travailler, mon frère. C’est leur verdict, ce n’est pas mon problème. Ce n’est pas la Cour d’appel qui m’a élu. Ce sont les travailleurs guinéens qui m’ont élu, donc ça ne m’intéresse pas. Ils n’ont qu’à donner mille verdicts là -bas, ce n’est pas mon affaire. Ce n’est pas une Cour qui m’a élu et qui va annuler mon congrès alors que ce sont les travailleurs qui m’ont mis en place. Ce sont les travailleurs qui m’ont élu à la majorité des voix. C’est tout. » « Pourtant, vous étiez représenté par vos avocats lors du procès en première instance », lui a-t-on précisé. « Avoir des avocats pour faire quoi ? » se demande le leader syndical. « Pour défendre votre cause ? » « Oui mais, on en a eu marre… vu ce qui s’est passé. On pensait que le tribunal allait faire correctement son travail. Mais comme on a vu que ce n’est pas ainsi, c’est plutôt du clientélisme… ce n’est pas notre affaire ». « A vous entendre ainsi, on a l’impression que vous n’étiez pas représenté à la Cour d’appel aujourd’hui. » « Non ! On est train de travailler. On est en train de diriger nos activités. C’est tout. Nos activités syndicales. C’est terminé. »
Tel est le contenu de la conversation que nous avons eue avec M. Diallo, qui ne semble accorder aucun crédit à ce verdict. Contrairement à Yamoussa Touré qui s’en est plutôt réjoui, comme le confirment ses propos : « Mes impressions sont bonnes et j’ai les sentiments les meilleurs face à la décision de la justice. Cela explique que notre justice est maintenant indépendante et crédible. Elle est dans la logique de la loi et le droit a été dit. Je pense que l’annulation des deux congrès nous donne, à notre niveau, satisfaction. Parce que nous avons foi en l’avenir de la CNTG. Nous n’allons plus accepter que la CNTG soit bafouée dans ses textes juridiques. Nous n’allons plus accepter que les textes juridiques soient tripatouillés par des individus véreux qui sont là uniquement pour sauvegarder leurs intérêts sordides au détriment de la classe ouvrière. Aujourd’hui, la justice a été faite, le droit a été dit. Nous pensons que le congrès qui va être repris, aidera à la consécration du syndicalisme… et permettra aux syndicalistes, avertis, avisés de s’engager dans la gestion saine syndicale. » Quand à la question de savoir comment il comptait organiser le prochain congrès, Yamoussa Touré répond « Non, nous allons organiser le congrès. Le litige entre nous et nos adversaires n’est plus. C’est terminé. Nous ne sommes plus à ‘’couteaux tirés’’. Quand la justice est rendue de façon régulière, nous pensons qu’il n’y a plus de couteaux tirés. Maintenant, nous allons organiser le congrès… Parce que le juge a pris soin de rentrer dans les détails, il a rétabli les dispositions, celles frappées par la dissolution, notamment l’article 47. Je pense qu’il n’y a plus de couteaux tirés en la matière. Le congrès va être convoqué régulièrement et nous le tiendrons dans les règles de l’art. Ceux qui seront issus de ce congrès seront les dignes représentants de la CNTG. »
En conclusion notre interlocuteur annonce « qu’ils vont se retrouver urgemment pour fixer la date du nouveau congrès. Je pense que c’est d’ici trois mois que nous devons convoquer régulièrement le congrès du secrétariat exécutif. Donc, il faut qu’on élise de façon urgente le nouveau bureau pour que la CNTG retrouve sa santé afin qu’elle soit une et indivisible. »
Ces deux réactions prouvent à nouveau que la crise qui mine la CNTG est loin de connaître son épilogue. En attendant Amadou Diallo ne peut que boire du petit lait, lui qui occupe la Bourse du travail, siège de la centrale.
Camara Moro Amara
L’Indépendant, partenaire de GuineActu.com








