Samedi, 28 Avril 2012 13:43
Alors que nous étions en plein bouclage ce mercredi, le directeur de publication du groupe L'indépendant - le Démocrate, Mamadou Dian Baldé, reçoit un coup de fil. Au bout de la ligne l’interlocuteur se présente. Il s’agit du porte-parole de l’état-major de la gendarmerie nationale, le commandant Mamadou Aliou Barry. Et le commandant de dire tout de go et d’une voix puissante : « le directeur du Haut commandement est très remonté par rapport à un article paru dans le Démocrate… J’ai réussi à le calmer. Mais néanmoins il nous faut Aliou Sow. » Ce sont là en substance les propos tenus par le commandant Barry à l’autre bout du fil. En guise de réponse, Mamadou Dian Baldé fut bref : « J’ai entendu. Merci et je vous rappellerai. » Aliou Sow c’est l’auteur de l’article qui dérange l’état-major.
Une vingtaine de minutes plus tard le pandore revient à la charge à travers un autre coup de fil. Mais cette fois avec un numéro différent du premier. Une méthode bien propre au monde des "flics". Et là sur un ton adouci le commandant dit : « C’est toujours le commandant Barry. Vous aviez promis de me rappeler… » Ces appels téléphoniques qui ne cessaient de pleuvoir à partir de l’état-major général de la gendarmerie nationale, devenaient un peu trop malveillants. Des pratiques qui s’apparentent purement et simplement à de l’intimidation et à du harcèlement. Si dans certains pays la loi pénale traite le délit de presse au même titre que le vol ou le crime, la Guinée elle, a heureusement franchi ce cap. Cela l’état-major de la gendarmerie doit le savoir. Pour ce cas-ci, le fait d’avoir convoqué l’auteur de l’article sans en référer au Conseil national de la communication (CNC), l’état-major aura biaisé une fois de plus la procédure. C’est le lieu pour la rédaction du Groupe de presse L’indépendant - le Démocrate de prendre l’opinion à témoin face à la volonté de certaines autorités d’empêcher les journalistes de jouer leur rôle de chien de garde (watchdog) de la société. Ces gens ignorent que « Plus vous prétendez comprimer la presse, plus l’explosion sera forte. Il faut donc vous résoudre à vivre avec elle. »
Cette citation de François Réné de Chateaubriand devrait certainement les amener à mettre de l’eau dans leur vin.
La Rédaction
de L'indépendant, partenaire de GuineeActu.com