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De passage à Paris, Lansana Kouyaté fait des révélations

Moro Amara Camara  Samedi, 28 Avril 2012 13:28

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KOUYATE_Lansana_8_01Le 19 avril dernier, le président du Parti de l’Espoir pour le Développement National (PEDN), Lansana Kouyaté était de passage au bord de la Seine à Paris, en France. L’ex-Premier ministre a mis à profit son séjour parisien pour donner une longue interview à notre confrère, Christophe Chatelot du journal français Le Monde. Au cours de cet entretien, l’ancien Représentant de l’Organisation internationale de la Francophonie à Abidjan, s’en est donné à cœur joie et sans détour sur les questions relatives à ses projets en cours, aux difficiles épreuves que traverse le processus démocratique au Mali et en Guinée-Bissau, sans oublier les coulisses de son alliance avec le RPG dans l’entre-deux-tours.


Bientôt un livre autobiographique pour Lansana Kouyaté

Parallèlement à son agenda et aux multiples exigences liés à sa fonction de leader de parti politique, l’ancien Premier ministre du gouvernement dit de ‘’Consensus’’, va bientôt inscrire son nom dans le cercle restreint des personnalités qui sont à la fois politique et écrivain. C’est du moins la confidence qu’il vient de faire à notre confrère du Monde à Paris. Lansana Kouyaté confie qu’il a actuellement en chantier la rédaction d’un livre autobiographique qui retracerait son parcours de simple commis de l’Etat qu’il fut à sa carrière de diplomate qu’il a eu à exercer en Afrique et au sein des Nations Unies, de la Francophonie ou de la CEDEAO. « Je suis sur mes mémoires. A l’heure où je vous parle, je suis sur mon passage en Somalie. Comme pour vous annoncer la sortie très prochaine de mon roman autobiographique», a indiqué le président du PEDN.


Du processus démocratique en Afrique

C’est avec un réel sentiment de révolte empreint de déception que Lansana Kouyaté a évoqué la question relative à l’avancée de la démocratie sur le continent africain. Le Premier ministre Kouyaté dresse globalement un constat peu reluisant de l’évolution du processus démocratique dans la plupart de nos Etats. Seuls le Botswana, le Cap-Vert, les Seychelles ou l’Ile Maurice reçoivent le satisfecit de Lansana Kouyaté. ‘’La rigidité démocratique doit se reposer sur les institutions fortes en Afrique. Tant que l’alternance tient à la volonté d’un l’homme et non des institutions, c’est qu’il y a aucune garantie pour l’avenir. Seule la pression a permis une alternance démocratique dans la plupart des pays africains ’’, a-t-il fait remarquer.

 
De la crise du Mali et de Guinée-Bissau

Abordant la crise militaro-politique qui prévaut actuellement au Mali, en Guinée-Bissau, le leader du PEDN se montre dubitatif quant à l’envoi de troupes de l’ECOMOG pour pouvoir restaurer par la voie des armes l’intégrité territoriale du Nord-Mali aujourd’hui occupé par la rébellion sécessionniste du MNLA. Ce scepticisme, selon Lansana Kouyaté, s’explique par les règles d’engagement et la maîtrise de l’effet inverse du retour des contingents dans les pays pourvoyeurs de soldats.


De la CENI

Sur la question de la CENI, Lansana Kouyaté exprime une certaine fermeté par rapport au fonctionnement et à la composition de cette institution chargée d’organiser les élections en Guinée dont le décret de création a été signé par feu le général Lansana Conté en 2007, lorsqu’il était aux commandes de la Primature. Il se montre plutôt favorable à une restructuration de la CENI pour l’adapter à configuration du paysage politique actuel. « Le paysage politique a changé, on doit prendre la même clé de répartition qui a été instituée lors de la création de cette institution. C’est-à-dire 10 pour la mouvance présidentielle, 10 pour l’opposition, 3 pour la société civile et 2 de l’Administration. Cette CENI est aujourd’hui déséquilibrée. Cinq des membres ont été remplacés » estime Lansana Kouyaté. Parlant de ce que d’aucuns qualifient d’entêtement de Lousény Camara à démissionner de la présidence de la CENI, le président du PEDN assène que personne n’est plus fort que l’État. D’ailleurs, Lousény a montré ses limites à défaut. Faisons appel au Général Siaka Toumany Sangaré comme au second tour de la présidentielle du 8 novembre 2010, a-t-il suggéré en substance. Et d’ajouter que l’attitude et les actes de Lousény conduiront l’opposition à maintenir le cap des manifestations pacifiques jusqu’à la satisfaction de ses revendications. « Les législatives auront lieu avec l’opposition et dans des conditions de transparence » martèlera-t-il.


De l’implantation de son parti et de son alliance avec le RPG entre les deux tours

« Malgré les exactions subies sur le terrain avec des répressions de meeting notamment à Siguiri ou Kankan, le PEDN se porte bien », soutient Lansana Kouyaté. Rappelant les contextes de son alliance avec le RPG qui a porté le président Alpha Condé au pouvoir, le patron du PEDN explique : « L’alliance avec le RPG au second tour est due à l’esprit de victoire anticipée du camp de l’UFDG. Cellou Dalein Diallo ne m’a pas donné une chance de manœuvre face à mes militants. Lors de ma rencontre avec Cellou Dalein, il m’a dit ceci : "Kouyaté, je n’ai rien à t’offrir. J’ai tout donné à Sydia." Face à Alpha qui a tout accepté tout en étant persuadé qu’il ne respecterait pas, j’ai décidé de rejoindre le RPG. » Aux dernières nouvelles, on a appris que l’ancien Premier ministre Kouyaté a quitté Paris pour la Chine.


Camara Moro Amara
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu.com 

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