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Bras de fer pouvoir-opposition : Les femmes de l’ADP et du Collectif montent au créneau
Mandian Sidibé Vendredi, 27 Avril 2012 23:17
Après la répression, par les forces de l’ordre, le jeudi 19 avril 2012, du sit-in qu’elles ont organisé au siège de la Commission Electorale Nationale Indépendante, les femmes de l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès et du Collectif des Partis Politiques pour la Finalisation de la Transition ne démordent guère. Elles usent, depuis le 23 avril 2012, du lobbying pour se faire entendre par l’opinion nationale et internationale quant à leur réprobation des actes dits unilatéralement posés par la CENI et la volonté manifeste, affirment-elles, du gouvernement de procéder à un hold-up électoral à la faveur des futures élections législatives.
La délégation des femmes de l’ADP et du Collectif, composée de Mesdames Hann Ylliyassou Diallo (vice-présidente de l’UFC), Hadja Biya Diallo (membre du Bureau Exécutif de l’UFDG), Hadja Aissata Daffé (présidente nationale des femmes de l’UFR) et Maimouna Baldé (présidente nationale des femmes de NFD), a été respectivement reçue, les 23 et 24 avril 2012, par l’ambassadrice du Nigéria près la République de Guinée, les représentants résidents de l’Union Européenne, de la CEDEAO et de l’Union Africaine, puis les ambassadeurs d’Allemagne et des Etats Unis d’Amérique.
A chacune des étapes de leur marathon, les messagères de l’aile dure de l’opposition guinéenne ont rendu attentifs leurs interlocuteurs aux inquiétudes qui sont les leurs, notamment en ce qui concerne le fonctionnement et la recomposition de la CENI – conformément au nouveau paysage politique national – ainsi que leur vision de la crise politique qui mine notre pays en perspective des élections législatives.
Approchée, Madame Hann Ylliassou Diallo de l’UFC d’Aboubacar Sylla martèle : « Nous avons estimé qu’il n’était plus question pour nous les femmes de l’ADP et du Collectif de nous fondre dans le silence face aux velléités de la CENI et du gouvernement relatives à l’organisation des élections législatives dans des conditions qui galvaudent les lois de la République. Partout où nous sommes passées, nous avons fait remarquer notre volonté d’aller à des élections apaisées et acceptées de tous, tout en insistant sur notre réprobation des manœuvres du gouvernement et de la CENI ».
Hadja Biya Diallo de l’UFDG de renchérir : « Nous avons également fait des propositions de solutions de sortie de crise, notamment la recomposition de la CENI et l’implication de l’opposition à toutes les étapes du processus électoral ».
Quant aux réactions des ambassadeurs et représentants d’institutions ayant reçu la délégation des femmes de l’opposition, Hadja Aissata Daffé de l’UFR s’en félicite énormément. « Nous avons été très bien reçues par tous nos hôtes, sans compter que le constat qui se dégage de nos échanges avec les diplomates est plus que rassurant en raison de l’attention qu’ils ont accordée à nos préoccupations ».
Madame Ramatoulaye Sow de NFD conclut en déclarant : « Tous les diplomates rencontrés ont favorablement accueilli notre démarche avant de nous prodiguer d’utiles conseils, en nous invitant à ne pas saboter les élections législatives, au motif que cela pourrait exacerber la tension politique que connait actuellement notre pays et bâillonner par ricochet l’opposition pour une longue période dans les prises de décisions importantes concernant la vie de la Nation ».
Faut-il rappeler qu’après s’être puissamment mobilisées, le jeudi 19 avril 2012, devant le siège de la Commission Electorale Nationale Indépendante, à l’effet d’exprimer leur ras-le-bol via un sit-in, consécutivement à l’entêtement, soutiennent-elles, de la CENI et du gouvernement d’organiser les prochaines consultations électorales dans des conditions controversées, les femmes de l’ADP et du Collectif des Partis Politiques pour la Finalisation de la Transition ont été dispersées à coups de gaz lacrymogènes et de matraque, non sans faire des blessées et autres évanouies dans les rangs des « visiteuses indésirables ».
Les prochains jours s’annoncent très mouvementés, d’autant que les leaders de l’ADP et du Collectif projettent une gigantesque marche pacifique sur toute l’étendue du territoire national, alors que les femmes desdites alliances, elles, envisagent des manifestations d’envergure devant obliger le pouvoir et la CENI à revoir leur copie, lorsqu’on sait que cette dernière brille actuellement par la fréquence de ses communiqués taxés de provocateurs par une frange d’acteurs de la vie politique.
Mandian Sidibé
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu.com








