Affaire Cité Chemin de fer : Vers un imbroglio judiciaire

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SANTULLO_Guido_CONDE_Alpha_01L’homme d’affaires italien Guido Santullo a saisi des tribunaux européens suite à la réquisition opérée sur la Cité Chemin de fer par un décret présidentiel. Cette réaction pourrait ouvrir la voie à un imbroglio judiciaire.


L’homme d’affaires italien Guido Santullo, jadis proche du défunt président guinéen Lansana Conté, vient de déposer une plainte contre le président Condé avec citation directe en Suisse, à Bruxelles et à la Haye pour "détournement de biens." Ceci suite à la réquisition par un décret du président Alpha Condé pris le 13 avril, d’une cité construite en plein cœur de la capitale par Guido Santullo. Ce décret confie "la gestion administrative de l’ensemble des immeubles de la Cité chemin de fer de façon provisoire à la direction générale du Patrimoine bâti-public."

Une décision visant à préserver les intérêts de la Guinée, selon le gouvernement.

Il conviendrait de noter que c’est suite à un bail passé en 1997 entre l’Etat guinéen et la société immobilière Gaeta ZAC de l’Italien Guido Santullo que cette cité comportant une dizaine d’immeubles a été bâtie. Un bail dont la durée serait de 66 ans. Cette cité rapporterait près de 3 milliards de francs guinéens par mois à Guido Santullo, alors que l’Etat guinéen ne percevrait pour sa part que 6 millions de francs guinéens sur la même période, comme frais de cette location-bail, selon la direction du Patrimoine bâti-public. Chose qui aurait motivé la décision du gouvernement qui juge ce bail "irrégulier et non-conforme" aux lois guinéennes.

Parmi les griefs portés contre le contractant dudit bail, il faut noter entre autres "le non-respect des procédures d’établissement d’un bail à construction, l’inexistence d’un cahier des charges à l’époque de la signature du contrat, l’exemption pour la société de toute taxe pendant la durée du bail et des exonérations portuaires concédées sur les matériaux ayant servi à la construction de la Cité." C’est du moins le contenu de l’argumentaire du Patrimoine bâti-public.

Guido Santullo qui se trouve à Paris, ayant quitté quasiment la Guinée depuis la disparition de son ami Conté, a saisi les juridictions européennes, à travers une plainte contre le chef de l’Etat guinéen avec "citation directe en Suisse, à Bruxelles et à la Haye pour détournement de biens".

Guido Santullo aurait également déposé une plainte auprès de la Cour suprême de Guinée pour "une annulation de la réquisition de cette cité." Santullo qui possède aussi le passeport guinéen entend faire prévaloir sa nationalité dans ce bras de fer avec le gouvernement. Il affirme avoir réglé 14 des 20 milliards de francs guinéens qu’il reconnaît devoir à l’Etat guinéen. Lui réclamant à son tour une dizaine de millions de dollars US, somme représentant "la valeur de travaux exécutés dans la construction de routes et de bâtiments d’utilité publique", selon l’Italien. Dans un entretien accordé à votre semainier, Santullo s’en prend à la personne du chef de l’Etat avec un ton qui frise l’insolence. C’est là une des conséquences du système Conté qui s’est illustré par la prédation du patrimoine foncier et minier guinéen. Santullo dit d’ailleurs dans son entretien que c’est au ministère de l’Habitat de l’époque qu’il faudrait demander des comptes et non à sa personne. Il se dit être dans ses "droits". Il y a lieu d’ouvrir une enquête afin de situer l’opinion sur cette affaire, qui commence à porter les germes d’un imbroglio italien. Pardon un imbroglio judiciaire.


Aliou Sow
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu.com


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