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L’étau se resserre autour de la CENI

Heinan Goba  Vendredi, 20 Avril 2012 14:49

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TRAORE_Makale_01La situation devient du jour au lendemain très compliquée, globalement, pour la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et particulièrement pour son président, le très contesté Lousény Camara. Les critiques contre elle se multiplient. Des divergences de vues en son sein sont même apparues au grand jour, au début de la semaine qui s’achève.

Moins d’une semaine après l’adoption par la société civile de la position du Collectif et de l’ADP qui exigent la restructuration de la CENI et la démission de son président Lousény Camara, une coalition d’associations de femmes et filles a prévenu jeudi que « sans une plateforme d’entente autour de cette question le climat politique et social pourrait se détériorer…».

La Coalition des femmes et filles de Guinée pour le dialogue et la consolidation de la paix qui fédère une soixantaine d’associations féminines dont le célèbre réseau des femmes ministres et parlementaires du Dr Makalé Traoré, se dit profondément préoccupée par la rupture du dialogue entre le pouvoir et l’opposition à propos des préalables à la tenue des prochaines élections législatives.

«Ayant à l’esprit que dans un passé récent, pour les mêmes raisons de rupture de dialogue, notre pays a connu des évènements sanglants, nous sommes conscientes du fait que si une plateforme d’entente n’est pas trouvée sur ces préalables, en particulier sur la CENI, une détérioration du climat politico-social aux conséquences imprévisibles … pourrait s’ensuivre » a prévenu Makalé Traoré, ancienne directrice de campagne du RPG, dans une déclaration.

Se disant convaincues que la paix et la réconciliation passent par le dialogue, les femmes et filles de Guinée pour le dialogue et la consolidation de la Paix ont, dans la même déclaration, lancé « un appel pathétique à la sagesse de Monsieur le Président de la République pour créer les conditions de l’organisation d’élections libres et acceptées par l’ensemble des Guinéens ».

La Coalition des femmes et filles de Guinée pour le dialogue et la consolidation de la paix dit aussi qu’elle « prie le Président et l’ensemble de la classe politique de faire en sorte que les Guinéens renoncent à tout ce qui les divise pour capitaliser sur tout ce qui les unit en ayant constamment à l’esprit que la paix n’a pas de prix et la Guinée est au-dessus de tout ».

Avant la publication de cette déclaration qui fait suite à un mémorandum que les mêmes femmes et filles de Guinée pour le dialogue et la consolidation de la Paix auraient adressé au Président Alpha Condé, un rassemblement d’opposantes devant les locaux de la CENI a été violemment dispersé par les forces de l’ordre, faisant des blessés.

Au moins une centaine de femmes issues des partis membres du Collectif et de l’ADP (opposition), s’est réunie devant le siège de l’organe en charge des élections pour demander le départ de son président, sa restructuration et l’organisation d’élections législatives crédibles. Sans oublier d’exprimer leur opposition à la date du 08 juillet proposée par la CENI.

On ne connaît pas exactement le contenu du mémorandum. Mais d’après ses auteurs, comme la présente déclaration, il appelle le Président à prendre ses responsabilités face à la situation qui prévaut dans le pays.

Au début de cette semaine, on vous le disait tantôt, cinq commissaires de la CENI se sont désolidarisés des activités de l’institution en dénonçant les décisions unilatérales de leur président Lousény Camara.

Malgré tout, Lousény Camara est toujours figé sur sa position et la CENI continue à poser des actes dans le cadres des législatives. Dans un communiqué qu’il a fait lire vendredi sur les ondes de la radio nationale, il a réaffirmé, une fois de plus, qu’il ne démissionnerait pas de la présidence de la CENI. Ajoutant qu’une restructuration de l’institution tout de suite serait une violation de la loi.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com

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