Boubacar Bagnan Diallo Mercredi, 18 Avril 2012 14:38
La plainte portée contre certains leaders de l’opposition par le RPG (parti au pouvoir) suite à l’attaque qu’aurait perpétrée les partisans de l’opposition contre le QG du parti, le 17 mars dernier, quelques heures après le meeting avorté de Bonfi, ne semble pas préoccuper les mis en cause. C’est le cas du leader des NFD (Nouvelles forces démocratiques), Mouctar Diallo, qui, en se confiant à notre reporter, indique qu’il ne répondra pas à cette convocation.
Au lendemain du meeting avorté de Bonfi, le parti au pouvoir, le RPG par la voix de son secrétaire général a porté une plainte contre certains leaders de l’opposition. Il s’agit en l’occurrence de Lansana Kouyaté du PEDN, Sidya Touré de l’UFR, Mouctar Diallo des NFD et de Faya Milimouno de la NGR. Ces opposants sont accusés entre autres de « coups et blessures volontaires, de destruction de biens privés ». Le procès en question a démarré depuis le 11 avril dernier au tribunal de première instance de Dixinn. Mais sans qu’aucun des accusés n’ait d’abord comparu. Selon nos sources, ils doivent comparaitre le mercredi 18 avril.
Joint au téléphone par notre rédaction, par rapport à leur éventuelle comparution, Mouctar Diallo, sans tergiverser, indique qu’ils ne répondront pas cette convocation. « Nous ne répondrons pas à des déclarations à la volée. Nous sommes des légalistes », a-t-il confié. Il poursuivra en ces termes : « Nous n’avons pas de problème à aller à la justice. Mais nous devons y répondre suivant la procédure et le respect de la loi. Je l’ai déjà fait durant le procès d’Etienne (ndlr, vice président du NFD) et des manifestants pacifiques du 27 septembre, où j’avais même demandé à la justice de libérer les manifestants et de nous considérer, nous les leaders, comme étant les responsables. Donc, nous ne nous considérons pas comme des hors-la-loi, nous suivons la justice, nous sommes des citoyens et des légalistes, même si notre justice est une justice à deux vitesses où certains magistrats sont sous ordre. On a vu la précipitation avec laquelle cette justice s’acharne sur certains dossiers, alors qu’il y a des dossiers plus graves liés à des graves violations des droits humains et à des crimes contre l’humanité, mais qui sont rangés dans les tiroirs de la justice. Prenons le cas de Zakariaou Diallo, qui est resté sans suite. Le procureur avait confié le dossier au juge d’instruction, la famille de Zakariaou s’était constituée partie civile, mais jusqu’à présent, il n’y a pas eu de suite ».
Même refrain chez Faya Milimouno qui est en séjour depuis quelques jours à Washington. En se confiant à un journal de la place, l’opposant qualifie cette plainte du RPG de « non-évènement ». Il mettra l’occasion à profit pour dénoncer « les manipulations » du parti au pouvoir.
Il faut rappeler qu’après le meeting avorté de Bonfi, il y aurait eu, sur le chemin de retour, des accrochages entre les militants de l’opposition et ceux du RPG au niveau siège de ce dernier. Selon le secrétaire général du RPG, ses militants ont essuyé des pierres jetées par les partisans de l’opposition. Donc pour Saloum Cissé, les opposants cités plus haut seraient à la base de l’attaque dont son siège aurait fait l’objet.
Boubacar Bagnan Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu.com