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Défenseurs de droits humains et victimes de crimes restent toujours sur leur faim
Heinan Goba Samedi, 07 Avril 2012 20:56
Cinq (5) organisations de défense des droits de l’homme et 10 associations de présumées victimes d’évènements douloureux qui ont marqué l’histoire récente de la Guinée, notamment celles du 28 septembre et du Camp Boiro, ont lancé une plateforme de revendication. En dépit de la visite de la procureure adjointe de la CPI en Guinée cette semaine et des quelques avancées obtenues par le gouvernement actuel, elles demandent à ce dernier de redoubler d’efforts en faveur de la vérité.
Lisez plutôt leur déclaration commune :
Déclaration commune
Réunis à Conakry le 3 avril 2012, à l'initiative de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) et de son organisation membre en Guinée, l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'homme et du citoyen (OGDH), avec le soutien de l'Union Européenne,
Nous, représentants de la société civile et acteurs engagés dans le renforcement de l'État de droit, en particulier l'accès à la justice et la lutte contre l'impunité relative aux nombreuses violations des droits de l'Homme commises en Guinée depuis des décennies, adoptons la présente déclaration, à l'issue de la quatrième rencontre de la plateforme de coordination nous rassemblant;
Prenant acte de la déclaration du Président de la République qui, dans son discours à la Nation du 20 décembre 2011, a rappelé que la réconciliation nationale constituait l'une des trois priorités pour la Guinée, précisant qu'il s'agissait d'un « processus difficile mais indispensable pour la cohésion de [la] nation et pour la construction de sa mémoire historique » ;
Saluant la volonté affichée du gouvernement, et en particulier du Ministère de la Justice, de travailler en collaboration avec la société civile pour œuvrer au renforcement de l'État de droit et à l'exercice d'une justice indépendante;
Affirmant que les graves violations des droits de l'homme qui ont été commises en Guinée depuis l'indépendance ont été rendues possibles ou encouragées par l'absence de justice et l'impunité totale dont ont bénéficié les auteurs de ces assassinats, disparitions, viols, tortures, etc. ;
Saluant l'avancée importante que constitue, dans la procédure judiciaire consécutive aux événements du 28 septembre 2009, l'inculpation du Colonel Moussa Tiégboro Camara, identifié par la commission d'enquête internationale comme l'un des responsables de ces événements;
Mais constatant qu'à ce jour, plus de deux ans après l'ouverture de l'instruction dans cette affaire, il est le seul responsable militaire de haut-niveau à avoir été mis en cause;
Constatant qu'aucune suite judiciaire n'a été donnée aux nombreuses plaintes déposées à la suite de la répression des manifestations de janvier et février 2007 ;
Constatant qu'aucune procédure n'a été engagée à la suite des violences survenues pendant la période électorale en 2010, pas plus qu'après les graves violations commises en Guinée sous les régimes successifs depuis l'indépendance, notamment au Camp Boiro, en juillet 1985, en 2006 et 2008 ;
Saluant la mise en place, le 15 août 2011 d'une Commission provisoire de réflexion sur la réconciliation nationale (CPCRN), tout en regrettant que les associations de victimes n'aient pas encore été incluses dans le processus, notamment à l'occasion de sa première journée de travail, tenue à Conakry le 15 décembre 2011 ;
Déclarons notre volonté commune d'œuvrer ensemble, de concert avec les autorités nationales et les partenaires internationaux, au renforcement de l'État de droit en Guinée et à l'instauration d'une justice indépendante et impartiale.
Exhortons les autorités guinéennes à poursuivre leurs efforts en faveur de la vérité, de la justice et de la réconciliation en adoptant une stratégie prévoyant:
- la consultation nationale des populations et de tous les acteurs concernés;
- l'instauration d'une Commission vérité, justice et réconciliation chargée de recueillir les témoignages des victimes, de les auditionner et de proposer des mesures de réparation ainsi que des recommandations en faveur de la non-répétition des violations des droits de l'Homme et de l'impunité que la Guinée a connues depuis plus de 50 ans;
Affirmons notre attachement et notre disponibilité à travailler avec la commission provisoire chargée de la réconciliation nationale, ou toute autre institution nationale chargée de la réconciliation mise en place à sa suite.
Prenons l'engagement de soutenir les institutions guinéennes pour lutter contre l'impunité, en accompagnant les victimes des graves violations des droits de l'Homme devant les juridictions compétentes, afin d'assurer la reconnaissance de leurs droits et de la vérité.
Appelons le gouvernement guinéen à réitérer son engagement en faveur de la justice et d'un État de droit, en marquant publiquement son soutien à l'action des organisations de la société civile engagées dans cet objectif.
Fait à Conakry, le 3 avril 2012
Ont signé:
Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH)
Organisation guinéenne de défense des droits de l'homme et du citoyen (OGDH)
Coordination nationale de défense des droits de l'homme (CODDH)
Les mêmes droits pour tous (MDT)
Observatoire national pour la démocratie et les droits de l'homme (ONDH) Association des victimes du camp Boiro (AVCB)
Association des victimes des répressions de 1985 (AVR)
Union guinéenne des victimes de la répression de 1985 (UGVR)
Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009 (AVIPA)
Collectif des associations de victimes du 28 septembre 2009 (CAVE)
Collectif des jeunes pour la défense des victimes du 28 septembre 2009 (COJEDEV) Association des familles de disparus (AFADIS)
Association des filles et femmes victimes de violences (AFFV)
Association des femmes victimes des massacres du 28 septembre 2009 (AFEVIMA)
Association guinéenne de soutien aux femmes victimes (AGUISFEV)
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com
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