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Coup d'Etat militaire au Mali, les frontières fermées
Vendredi, 23 Mars 2012 00:03
Un coup d'Etat militaire s'est produit au Mali où les mutins ont annoncé jeudi à la télévision nationale qu'ils s'étaient emparés du pouvoir devant l'incapacité du gouvernement d'Amadou Toumani Touré à mater la rébellion touarègue dans le nord du pays.
Les institutions ont été dissoutes, la Constitution a été suspendue, les frontières sont fermées et un couvre-feu a été imposé de 18h00 à 06h00 GMT, la junte dénonçant des actes de vandalisme.
Les putschistes, des officiers dont les grades ne dépassent pas celui de capitaine, ont promis de remettre le pouvoir à un nouveau gouvernement démocratiquement élu dès que le pays serait réunifié et que son intégrité ne serait plus menacée.
Les mutins, regroupés au sein d'un Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDR), présidé par le capitaine Amadou Sanogo, ont annoncé la fermeture des frontières terrestres et aériennes du pays.
Flanqué d'une vingtaine de soldats, leur porte-parole, le lieutenant Amadou Konaré, est apparu à la télévision pour expliquer qu'ils avaient "décidé de prendre leurs responsabilités en mettant fin au régime incompétent et désavoué de M. Amadou Toumani Touré", accusé d'impuissance face à la rébellion touarègue.
Ces derniers temps, la colère n'avait cessé d'enfler dans l'armée contre le manque de moyens mis à sa disposition pour lutter contre le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA).
Les rebelles touarègues du MNLA, qui revendiquent trois régions pour créer une enclave dans le nord du pays, ont engrangé des succès sur le terrain ces dernières semaines, en partie grâce au renfort de combattants de retour de la guerre civile en Libye. Ces combats ont fait des dizaines de morts et 200.000 déplacés.
LA FRANCE CONDAMNE "AVEC LA PLUS GRANDE FERMETÉ"
Les rebelles, qui se sont notamment emparés, ce mois-ci, de la ville de garnison de Tessalit, près de la frontière algérienne, ont annoncé qu'ils tenteraient d'exploiter la situation à Bamako pour pousser leur avantage.
Par la voix d'Alain Juppé, la France, ex-puissance coloniale, a exprimé sa "très vive préoccupation à la suite du coup d'État qui vient de se produire au Mali" et condamné "avec la plus grande fermeté ce renversement par la force de l'ordre constitutionnel".
Le ministre français des Affaires étrangères a appelé "au rétablissement de la Constitution et des institutions, au respect des libertés et des droits fondamentaux et tout particulièrement de la personne du président M. Amadou Toumani Touré".
Dans l'intervalle, Paris suspend "toutes ses coopérations régaliennes avec le Mali" mais maintient ses programmes d'aide en faveur de la population et de "lutte contre le terrorisme" - le Mali est situé en pleine "zone grise", cette bande de l'Afrique subsaharienne où opèrent des groupes affiliés à Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a dénoncé l'"acte inconstitutionnel" commis par la junte qui s'est "mise elle-même hors la loi", a déclaré Désiré Kadré Ouedraogo, président de l'organisation.
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a fait part de sa profonde préoccupation, appelant au calme et renouvelant "le soutien des Nations unies à l'ordre constitutionnel en place au Mali". Aux Etats-Unis, la Maison blanche s'est prononcée pour le "rétablissement immédiat de l'ordre constitutionnel".
AUCUN DÉCÈS SIGNALÉ
En dépit du couvre-feu décrété jusqu'à nouvel ordre, automobilistes et motocyclistes continuaient à circuler jeudi dans les rues de la capitale, où des soldats tiraient en l'air par moments, a constaté un journaliste de Reuters.
L'aéroport de Bamako a été bouclé par des policiers, et non par des militaires. Il est impossible de savoir si les mutins disposent de suffisamment de moyens pour boucler les frontières d'un pays grand comme deux fois la France et qui compte sept Etats voisins.
Dans la nuit, des tirs sporadiques à l'arme lourde et des balles traçantes ont retenti à Bamako, et les mutins ont temporairement contraint la radio-télévision nationale à cesser d'émettre.
Aucun décès n'a été signalé, mais un responsable de l'hôpital Gabriel-Touré de Bamako a indiqué qu'une vingtaine de personnes blessées par balles avaient été admises.
C'est mercredi soir que les soldats mutinés ont attaqué le palais présidentiel, où ils sont entrés dans la nuit.
Parlant alors de "tentative de coup d'Etat", une source au ministère de la Défense a confié que le président Touré se trouvait en lieu sûr. Selon deux diplomates et une source militaire loyaliste, "ATT" aurait trouvé refuge dans un camp militaire tenu par des éléments qui lui sont restés fidèles.
En février, Bamako avait été brièvement paralysé par des barricades érigées par des centaines de Maliens en colère, qui avaient brûlé des pneus dans les rues en signe de protestation contre l'incapacité des autorités à mater la rébellion.
Selon une source militaire, l'un des déclics des événements a été la visite mouvementée du ministre de la Défense dans une caserne située à Kati, à une vingtaine de kilomètres au nord de Bamako, où il a été pris à partie par des soldats.
Une élection présidentielle était programmée pour le 29 avril. Amadou Toumani Touré, au pouvoir depuis 2002, avait annoncé qu'il ne serait pas candidat.
Reuters
Avec Adama Diarra à Bamako et Richard Lough à Nairobi; Bertrand Boucey, Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Jean-Philippe Lefief et Gilles Trequesser
Commentaires
Si ATT ou la France ne sont pas derrière ce coup, cette expérience n'a pas d'avenir.
Si ATT est derrière cette affaire, le piège se refermera sur lui parce que je ne vois pas comment il peut revenir et se maintenir au pouvoir sans qu'on exige des élections illico presto. Mais personnellement, je pense que ce monsieur est assez intelligent pour ne pas mettre au point un plan aussi diabolique. Si c'est bien le cas, c'est à désespérer de l'homme africain qui, pour le coup, donnera définitivement raison au discours de Sarkozy à Dakar. De toute manière, la vérité finira bien par éclater.
Ironie du sort, ATT
. lui meme était à la tete du comité de transition pour le salut du peuple.
. Il a été formé à l'école inter armes de Katty (fief des putchistes)
. Il a putsché Moussa Traoré, qui lui aussi vient de Katty
Décidément le camp de Katty a une drôle de réputation
En plus des comités ou conseils qu'ils mettent tous en place, ils sont pour la plus part dirigé par des capitaines ( Sankara, khadafi, dadis...) à l'exception de djibo (commandant) et de.....ATT (lieutenant colonel)
" Puisque vous, civils, vous ne parvenez pas à assurer la démocratie, nous prenons le pouvoir anti- démocratiquement, avec la force et les armes et nous vous promettons de restaurer la démocratie à temps opportun" (?)
Non mais dis donc, ils se foutent de qui ces soldats.
Le mal est que nous confondons souvent la quiétude sociale à la démocratie. Pour nous plus souvent, si les élections se passent sans trouble, cela signifierait que ce pays est démocratique. Peu importe comment le peuple et les dirigeants comprennent la démocratie. Ce qui se passe au Mali, on pourrait même dire qu'ATT serait complice. Pourquoi maintenant, quelques semaines avant son départ? Il a dirigé presque dix ans sans inquiétude, au moment où il doit partir, on entend coup d'Etat. C'est quoi tout cela?
Bien vu Mr. Camara. Quand on ouvre grandement les yeux, on comprend clairement que quelque chose ne cloche pas. Les militaires africains prennent vraiment les peuples pour des moutons. Nous ne devons pas oublier que ATT est toujours soldat.
En voyant ces messieurs discourir à la télé hier, je n'ai pu m'empêcher de me faire cette réflexion: comment se fait-il que ces juntes africaines se choisissent toujours des leaders infichus de lire correctement un texte d'une page? Ce qui est arrivé est triste pour le Mali et pour toute l'Afrique, mais j'avoue que c'était à mourir de rire de voir ces messieurs lire comme des écoliers. Mais bon du moment qu'ils ne donnent pas des interviews dans leur lit, ce sera déjà un bon début.
Bien dit!!
J'ai une autre remarque à rajouter à cette assertion: pourquoi tous les groupes de putchistes de ces derniers temps se font appeler des «comité/conseil national de redressement/développement/restauration et de démocratie» ?
Bizarrement ce sont tous soit des comités ou des conseils qui veulent restaurer ou redresser la démocratie.
Ne savent-ils pas que
coup d'état /= démocratie ???
La question est: Comment ont-ils pu réussir?Le laxisme dans les prises de décision concernant la vie d'une nation conduit toujours à pareil situation bien que regrettable. Nous vivons a peu près la même situation car nos dirigeants sont incapable d'en finir avec les élections législative pour que le pays bouge mais hélas on a faire a des incompétents dans la gestion de la vie d'une nation.
Par ces temps qui courent, il devenait impossible de réussir un coup d'état en Afrique.
Avoir l'idée de le faire est un chose, mais passer à l'acte et le réussir aussi facilement, me laisse dubitatif.
Qu'elles étaient leurs assurances ?
La manière avec laquelle la France a condamné ce coup, me rend tout aussi dubitatif.
Le mal est que nous confondons souvent la quiétude sociale à la démocratie. Pour nous plus souvent, si les élections se passent sans trouble, cela signifierait que ce pays est démocratique. Peu importe comment le peuple et les dirigeants comprennent la démocratie. Ce qui se passe au Mali, on pourrait même dire qu'ATT serait complice. Pourquoi maintenant, quelques semaines avant son départ? Il a dirigé presque dix ans sans inquiétude, au moment où il doit partir, on entend coup d'Etat. C'est quoi tout cela?
Tu n'as pas tort mon cher ami.
ATT, a eu un comportement suspect.
Moi je l'ai senti un peu suspect depuis près de 1 an. Son attitude n'est pas claire à la fin de son règne.
Même si il est vrai qu'il a été un peu lâché par les occidentaux, qui le considèrent tout de meme comme le maillon faible de la lutte contre aqmi, mais ça n'explique pas tout.
aussi tout une generation Koko-lalaiste au temps
de Moussa Traore.
Citation en provenance du commentaire précédent de Mohamed Sadibou Camara:
Le mal est que nous confondons souvent la quiétude sociale à la démocratie. Pour nous plus souvent, si les élections se passent sans trouble, cela signifierait que ce pays est démocratique. Peu importe comment le peuple et les dirigeants comprennent la démocratie. Ce qui se passe au Mali, on pourrait même dire qu'ATT serait complice. Pourquoi maintenant, quelques semaines avant son départ? Il a dirigé presque dix ans sans inquiétude, au moment où il doit partir, on entend coup d'Etat. C'est quoi tout cela?
Je suis tout a fait de votre avis
Par ces temps qui courent, il devenait impossible de réussir un coup d'état en Afrique.
Avoir l'idée de le faire est un chose, mais passer à l'acte et le réussir aussi facilement, me laisse dubitatif.
Qu'elles étaient leurs assurances ?
La manière avec laquelle la France a condamné ce coup, me rend tout aussi dubitatif.








