Heinan Goba Lundi, 19 Mars 2012 14:56
L'opposition guinéenne rejette les accusations du parti au pouvoir selon lesquelles l'attaque de son siège samedi 17 mars à Hamdalaye dans la haute banlieue de Conakry serait commanditée par elle. Elle se dit tout même pas surprise du comportement de ce parti qui continue de gouverner avec le mensonge et l'intoxication comme il l'a fait pendant les deux tours de la présidentielle.
Le samedi, vers midi, le siège du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG) d'Alpha Condé a été attaqué par des individus non identifiés. D'après le Secrétaire Général de ce parti, Saloum Cissé, il y a eu 15 blessés graves et d'importants dégâts matériels. Mais ce qui a attiré plus d'un observateur, c'est la volonté du Secrétaire Général du RPG d'accuser l'opposition d'en être responsable.
Aux dires de Saloum Cissé, qui s'exprimait sur les antennes de la télévision nationale, "d'après des informations concordantes, l'attaque su siège du parti est survenue juste après le départ du cortège de Lansana Kouyaté, Sidya Touré, Faya Millimouno et Mouctar Diallo (tous opposants au régime d'Alpha Conté) qui a ralenti à ce niveau".
Faisant semblant d'ignorer que la partie est à proximité de la jonction de deux grandes voies obligeant les véhicules à ralentir, Saloum Cissé a présenté son parti en victime et pris l'opinion nationale et internationale à témoin. Puis comme c'est souvent le cas, le Secrétaire Général du RPG a exigé que justice soit faite. Et, précise-t-il "que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur".
Une source bien informée a toutefois indiqué que cette attaque pourrait être la conséquence de l'empêchement du meeting de l'opposition prévu le même jour au stade de Bonfi (commune de Matam). L'opposition guinéenne composée du Collectif et de l'ADP comptait organiser une rencontre avec ses militants pour leur expliquer la fraude électorale en cours d'élaboration par le pouvoir.
Sur le terrain, et ce bien avant l'arrivée des leaders de l'opposition, des militants qui se rassemblaient autour du stade, malgré le communiqué de l'interdiction, ont été dispersés par les forces de l'ordre. D'autres ont été arrêtés. Il n'y a pas eu de mort. Seulement quelques blessés ont été enregistrés.
Les leaders, Lansana Kouyaté, Sidya Touré, Faya Millimouno et Mouctar Diallo qui ont trouvé un stade de Bonfi complétement barricadé et quadrillé par des forces de l'ordre ont dénoncé ce qu'ils ont appelé le recul de la démocratie et des libertés fondamentales sous Alpha Condé. "Ce n'est pas pour cela que nous nous sommes battus" a dénoncé Faya Millimouno de la NGR.
Pour Mouctar Diallo, président des Nouvelles Forces Démocratiques (NFD), membre du Collectif et un des initiateurs de ce vaste programme dont le but est de montrer à la face du monde que les législatives vont être trichées si rien n'est fait, l'interdiction du meeting du samedi, première étape du programme d'activité, ne constitue pas un coup d'arrêt à leur mouvement.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com