Heinan Goba Jeudi, 16 Février 2012 21:36
Le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et son allié l'ADP (Alliance pour la démocratie et le progrès) ont organisé une conférence de presse conjointe le jeudi 16 février à Conakry. Aboubacar Sylla de l'UFC (Union des forces du changement), Lansana Kouyaté du PEDN (Parti de l'espoir pour le développement national), Sidya Touré de l'UFR (Union des forces républicaines) et Mamadou Cellou Dalein Diallo de l'UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée) ont animé cette rencontre axée sur la situation politique actuelle, la récente ville morte et surtout le dialogue politique.
Dans le discours liminaire qu’il a eu l'honneur de présenter, le président de l'UFR a fait en premier lieu un rappel historique du dialogue dont l'objectif, a-t-il précisé, était de trouver un consensus autour de l'organisation des législatives. D'après Sidya Touré, si ce dialogue qui, au lieu d'être bipartite, est devenu une discussion entre partis politiques a pu avoir lieu huit mois après, avec la participation de l'opposition, c'était une manière pour elle de montrer à la face du monde qu'elle n'est pas radicale comme on l'accuse mais démocratique. Avant de préciser que c'est une initiative de l'opposition.
Malgré cette attitude patriotique de leur part, regrette Sidya Touré, le pouvoir a entrepris de commettre des violations des droits de l'homme pendant que ce dialogue était en cours. Si l'opposition, dans son ensemble, a appelé à une journée ville morte, précisera-t-il, c'est tout simplement pour cela. Avant d'énumérer les objectifs de ce mot d'ordre dont entre autres, montrer que le pays est mal gouverné, attirer l'attention de la communauté internationale, afficher l'unité de l'opposition et prouver leur capacité d'organiser sans violence une manifestation.
Bref, par rapport au dialogue, d'après l'ancien Premier ministre c'est l'impasse. Pour lui, on va à un dialogue pour échanger. Mais, d'après le constat qu'il dit avoir à partager avec ses collègues de l'opposition, le dialogue politique a été "organisé tout simplement pour amuser la galerie".
Comment aller alors aux élections si le dialogue sensé aplanir les divergences n'a pas été organisé avec efficacité ? Pour les intervenants à cette conférence, "il n'y aura pas d'élections tant qu'aucun consensus n'est trouvé sur les différents points d'achoppement; contrairement à toute idée de boycott".
Avec la ferme conviction qu'ils représentent plus de 70% de l'électorat guinéen, les leaders du Collectif et de l'ADP se disent prêts à empêcher l'organisation des législatives dans les conditions actuelles. "Ils sont pressés qu'on aille aux élections parce qu'ils ont fini de mettre en place leur dispositif de fraude. Il faut que tout soit clair." affirme Cellou Dalein Diallo.
En tout cas, pour éviter au pays de connaître dans les prochains jours des difficultés, les leaders politiques, tous déçus de la prestation du président du comité de facilitation, Monseigneur Albert Gomez, lancent un appel au Président de la République afin qu'il fasse preuve de sagesse. Parce que, indiquent-ils, le comité de facilitation du dialogue n'a fourni aucun effort de rapprochement. Pire son président s'est toujours montré comme dépendant de la volonté du Président de la République.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu.com