Lamarana Petty Diallo Mercredi, 15 Février 2012 23:19
Le moment est grave.
Des sources sûres en provenance de Conakry nous informent que le Président guinéen, Alpha Condé, vient de décider le blocage du dialogue politique entamé avec l’opposition. Il a donné une fin de non-recevoir à la demande de Monseigneur Gomez, Président du comité de facilitation du dialogue inclusif. Celui-ci avait sollicité auprès de lui la poursuite du dialogue en permettant la prorogation de la suspension des activités de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).
Alpha Condé a non seulement refusé la proposition en ordonnant à la CENI de reprendre ses activités, mais s’est également opposé à toute restructuration de l’institution. Il a fait savoir au Président du Comité de facilitation qu’il a trop attendu et qu’il a décidé de mettre fin au dialogue.
Mais pourquoi cette décision ?
En fait, Alpha Condé a profité de la période des assises du dialogue pour se préparer à la guerre. Lundi 16 janvier 2012, le gouvernement guinéen a délivré 400 passeports à de nouvelles recrues malinkées pour les envoyer en Angola où elles devront se former à la guérilla urbaine. Les intéressés sont déjà en possession desdits passeports et s’apprêtent à s’envoler pour le pays de Dos Santos. Le double de cet effectif avait été recruté les semaines écoulées. En effet, 800 autres recrues, également malinkées, sont déjà en entraînement dans le camp Kémé-Bouréma de Kindia.
On voit bien qu’Alpha Condé et son gouvernement ont chassé 1200 militaires de l’armée nationale pour les remplacer par les 1200 recrues ethniques. Des mercenaires, dont les « Donzos » bien connus des Guinéens par leurs atrocités devront renforcer cette milice ethnique. Ils devront, le moment venu, entrainer notre pays dans la guerre civile.
Prenant la mesure du danger qui menace l’unité nationale et la paix sociale, les responsables politiques du Collectif pour la Finalisation de la Transition et l’Alliance pour le Développement et le Progrès (ADP) sont en réunion de crise au siège de l’UFDG de Cellou Dalein Diallo. Une déclaration commune informant l’opinion nationale et la communauté internationale du danger qui pèse sur la Guinée devrait sanctionner cette réunion de crise.
L’opinion guinéenne et internationale est avisée. La Guinée risque de vivre des lendemains sombres qu’elle n’a, jusque-là, jamais connus. Des lendemains que l’opposition républicaine a voulu éviter en soumettant au gouvernement un mémorandum demandant un dialogue inclusif permettant l’organisation d’élections législatives libres et transparentes.
C’est ce dialogue mené par le collectif, l’ADP et bien d’autres leaders de partis politiques qui est menacé.
Lamarana Petty Diallo