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Minerai guinéen : Rusal n’est pas BHP Billiton !

Karamba Diaby (Stagiaire)  Jeudi, 09 Février 2012 11:09

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Rusal_Fria_2_01La multinationale BHP Billiton qui exécutait jusque-là son projet bauxite-alumine situé dans la localité de Boffa, à une centaine de Km de Conakry s’en va du pays à partir du 30 juin. C’est la société elle-même qui a fait cette annonce, pendant que ses travailleurs sont en grève. Raison invoquée officiellement : la faiblesse du prix de la bauxite sur le marché international en raison de la crise financière et économie mondiale. Mais, malgré la crise et les larmes de crocodiles, les Russes eux, s’accrochent. Curieux !

Actuellement, rapportent les responsables du projet bauxite-alumine, « Les opérations d’exploration sont arrêtées ». Ce départ annoncé et qui est déjà rapporté au gouvernement n’est en aucun cas lié « au nouveau code minier (…) c’est tout simplement en rapport avec les prix mondiaux de l’alumine et de l’aluminium qui sont bas et ce à cause de la crise mondiale financière et économique. Dans ces conditions, nous préférons stopper nos activités d’exploration sur ce projet et restituer au gouvernement guinéen le titre minier », justifie-t-on. BHP Billiton s’en va donc arguant que les temps sont durs ( ?).

Quel chemin suivre pour la pleurnicheuse compagnie Rusal qui exploite la bauxite à Kindia et l’alumine à Fria, une compagnie qui parle de crise bien avant la crise ; de crise pendant la crise, la vraie et de crise après la crise ? En effet, selon des sources dignes de foi proches de la Direction générale de l’usine de Fria, l’allure que donnent aujourd’hui les installations de ce fleuron d’autrefois est loin de rassurer les quelque 2 mille travailleurs qui exercent dans cette marmite bouillante et dans des conditions insoutenables. On travaille à perte depuis longtemps aiment argumenter les Russes « pour ne pas faire face à la réhabilitation de l’usine où à l’amélioration des conditions de vie et de travail de ses employés », nous rapporte une autre source. Une source qui dénonce par ailleurs la réelle volonté des Russes de tuer ‘’le cinquantenaire fumant de la ville de Fria’’. Pas d’investissements viables, pas de meilleures conditions de vie et de travail (les logements sont loin de la décence, alors que les Russes eux sont dans des palaces, etc.). Et pour quelle cause ? Encore et toujours la fameuse crise financière. Une cause qui a même empêché l’augmentation des salaires des travailleurs dont le seul recours – le gouvernement et la Primature – a brillé par son irresponsabilité. Bienvenue donc à la précarité et au stress rampants à Rusal Friguia.

Tenez, selon le tableau de bord dont nous avons une copie, « l’alumine de Friguia ne peut pas être vendue au marché spot (le marché, où l'alumine est vendue aux prix courants) et ne peut être vendue que dans le cadre des contrats à long terme dont les prix sont toujours plus bas. Ainsi, le coût du fret est plus de 30 $ / t. Une telle alumine ne peut être demandée qu’à condition de prix très bas. » En plus souligne le tableau de bord, « De grosses charges sociales ne permettent pas à l'entreprise d'être rentable, même en cas de la baisse des prix des ressources. »

Malgré toute cette perte signalée par les Russes, Oleg Deripaska, le PDG de Rusal a dit dans la presse, à Davos, en Suisse que Rusal est prêt à poursuivre le dialogue en Guinée et « nous ne voyons aucun problème insurmontable. Et je pense que nous n’en verrons pas ». Ce qui revient à dire que le cauchemar est loin de finir à Fria. Surtout que le PM Saïd Fofana, se pliant en quatre devant ses hôtes, a prouvé qu’il n’y a pas d’autorité en Guinée, ce, lors de l’audience qu’il avait accordée au syndicat de l’usine, la représentation de Rusal en Guinée et la Direction de Fria. Pas question pour la compagnie Rusal de lâcher l’usine de Fria. Aux travailleurs de démissionner s’ils veulent ou de prendre indéfiniment leur mal en patience, en … creusant en attendant des tombes, tant, les échos qui nous parviennent sont inadmissibles. Mais, ainsi va la Guinée du changement amorcé, de la rupture annoncée et de l’immobilisme ambiant. Et visiblement, ça ne fait que commencer : les Russes sont à la baguette et pour eux, la crise continue. Abannà !


Karamba Diaby (Stagiaire)
pour, www.guineeActu.com


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