Bientôt les législatives guinéennes, dans la crise

Facebook Imprimer    

 

Au fil des jours, s’annoncent des signes pour lesquels on peut valablement fonder une conviction selon laquelle les Guinéens se rendront bientôt aux urnes sans avoir résolu la crise qui mine actuellement la classe politique. Commençons par les moins nombreux, les signes extérieurs, au nombre de deux.

Le plus évident, le plus déterminant, aura été le cas ivoirien. “Puisque l’opposition ne veut rien céder, nous ferons ce qu’ont fait les Ivoiriens : aller aux urnes sans elle. Alassane Dramane Ouattara est allé aux urnes sans le FPI de Laurent Gbagbo”. Voilà la comparaison que l’on fait dans les cercles du pouvoir en Guinée. On a l’air de s’arrêter là. Sans essayer de voir si la Côte d’Ivoire et la Guinée ont les mêmes problèmes de forme. Mais puisque “ça a marché” chez nos voisins, on y va. Malheureusement, nos voisins sortent de guerre. Il faut prier que nous n’y entrions pas, ni sous la forme de guerre civile, disons classique, ni sous celle de pogroms.

Le second signe extérieur relève des pressions. La présidentielle de 2010 en a suffisamment connues pour qu’il soit nécessaire d’y insister à l’occasion des législatives. Le Groupe de contact sur la Guinée s’est éteint. Les Amis de la Guinée qui a failli le remplacer a fait long feu. Les pressions directives qui avaient pesé sur le pouvoir militaire et la classe politique de 2010 ne peuvent plus avoir les mêmes effets. Apparemment, “la communauté internationale” ne nous attend plus que dans le domaine économique. En conditionnant son aide financière au progrès de la démocratie dans le pays. La porte reste donc entrebâillée pour des négociations et des explications après coup. On peut donc aller aux urnes et… réparer.

La situation la plus délicate reste plutôt celle de l’intérieur. Mais à ce jour, le pouvoir semble avoir réglé l’essentiel pour envoyer les Guinéens aux urnes, et peut-être à la violence. C’est à la technique de 2010 que l’on a dû faire appel. On s’est donné du temps pour organiser le dialogue à la surface et la victoire en profondeur. On a dialogué pour gagner du temps. Les manœuvres dilatoires sautent aux yeux. La forme même du dialogue est devenue un problème de fond. Dialoguer entre qui et qui ? Le pouvoir et l’opposition ? Non. Le « Centre » est né de cette question. Avant de décider si par centre, on entend le centre du pouvoir ou la force qui s’interpose entre le pouvoir et l’opposition, la polémique fait rage. La cacophonie est telle que l’opposition qui accepte de se faire appeler “radicale” a préféré suspendre sa participation. Et, logiquement c’est elle que l’on a indexée. La manipulation et la stratégie du pouvoir auront donné tous leurs fruits. Pour aller au dialogue, le pouvoir n’avait-elle pas accepté les conditions de cette même opposition ? “Si elle claque la porte aujourd’hui, c’est qu’elle ne veut pas qu’on s’entende dans ce pays.” Cela permet de pointer sur elle un doigt accusateur.

En réalité, le pouvoir n’a cédé que sur des points ”mineurs”, qui sont en réalité des pièges au travers de la route de l’opposition. Au nombre de ceux-ci, la libération des détenus incarcérés à la suite des marches pacifiques que toutes les lois du pays autorisent. Pour les condamner, il a fallu quelque part violer la loi. Le rétablissement de la justice s’est fait en quelque sorte sur le dos de l’opposition. Le pouvoir n’a pas bougé d’un iota sur la CENI, ses CARLE et le vrai personnel de gestion du scrutin éparpillé dans tout le pays par décret du président de la République. Préfets et maires “douteux” ont été remplacés par des femmes et des hommes sûrs de mener “la politique du changement”, à son terme.

Pour doter ce pays d’un système démocratique capable de conduire à “des élections libres, transparentes, justes et crédibles, il faut tout simplement appliquer la loi, au lieu de négocier à sa place. Mais, tout cela constitue des “signes” précurseurs de l’imminence des élections législatives.

Pendant qu’au Palais du peuple, on négocie pour déterminer avec qui ne pas négocier, le pouvoir sort ses armes qui ont fait leur preuve à la présidentielle de 2010. Au nombre desquelles, le riz et le noyautage des institutions chargées de gérer les élections. Le 12 janvier, le jour même où l’ADP et le collectif publiait un communiqué conjoint pour énumérer les conditions de leur participation au “dialogue inclusif”, le pouvoir inondait Conakry de riz. A chaque concession on a donné un sac et 50 000 francs guinéens. La distribution s’est poursuivie les jours suivants. Une partie de la comédie électorale est arrivée à la RTG sous forme de communiqué. “La Basse Guinée ne soutient personne”. Pour couronner le tout, le président de la République aurait demandé, au cours d’une rencontre non médiatisée, à tous les membres de la CENI de soutenir M. Louncény Camara, le président de la structure. Avec ça, on peut toujours dialoguer pour décanter le centre en “centre droit et centre gauche”. C’est très utile.

On aurait inondé Forécariah de francs guinéens pour écarter Kassory et diaboliser Sidya. Ainsi, on pourrait aisément recourir à l’arithmétique électorale pour « sécuriser » trois régions du pays sur quatre. On pourra alors aller aux élections. Vaille que vaille ?


DS


Source : La Lance


AArticle_logo1_0
Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
-2 #4 Kourouma 24-01-2012 15:18

Amenofils
Je ne sais dans quel pays tu vis mais je dois te dire que tu es totalement coupé de la réalité dans ton pays. Tu verra encore pendant les législatives que que seuls les militants de l'UFDG vont répondre à l'appel de vote, les militants des autres membres de votre alliance ne suivront jamais. Attendons voir, le menteur dit toujours que son témoin est derrière le fleuve. Qui vivra verra !!!
Citer
 
 
+1 #3 Amenofils 24-01-2012 09:14

Tout sera fait pour empecher le fouta de voter. cela peut passer par des attaques sur le lieu de vote ou des attaques la veille du vote comme c'est le cas actuellement. Et tout le monde sera preoccupé a enterré ses morts pendant que l'election se fera sur le reste du pays et invalider celle du fouta car n'ayant pas eu lieu. Dans la basse cote ou l'opposition est majoritaire, les machines d'usurpation de votes ont deja terminé leur travail pour accorder par le systeme de centralisation des resultats, tous les votes au RPG, meme ceux appartenant a l'opposition. Pour cela, une seule chose: Participer vaille que vaille aux legislatives, et mettre des hommes de confiance pour avoir les bulletins de votes au soir des legislatives et les centraliser avec efficacité et serieux, pour ne pas dependre des resultats de la CENI. A la presidentielle precedente, l'UFDG ne savait meme pas qu'elle avait gangé a Boke. C'est uen honte pour un partri qui se veut credible. Il faut mettre les moyens pour securiser les votes des electeurs. C'est ce qui va manquer a l'opposition. Ce sera son point faible.
Citer
 
 
+2 #2 Rescapé du 28 septembre 23-01-2012 22:00

Chers amis notez noir sur blanc que la guinée sera le seul pays au monde qui ne connaitra pas le développement.Je m'explique: le pays est longtemps géré par des incapables qui sont les malinkés et au jour d'aujourd'hui il est dirigé par un autre fainéant à l’occurrence de alpha condé qui, au lieu de reconnaitre la personne qui devrait être président de la guinée ELHADJ CELLOU nul n'était la manipulation de J M Doré et S Konaté se permet de dire qu'il va faire des élections guinéennes comme celles de la côte d'ivoire.
Et pendant qu'il compare les 2 pays,il n'a pas comparé les 2 personnalités qui président le parti représente par L.bagbo et celui de EL HADJ CELLOU et mieux les 2 personnes.
Toujours pour dire que alpha condé doit réfléchir avant d'agir car pendant que les ivoiriens partaient aux législatives Bagbo était déjà arrêté et il était dans les mains de la communauté internationale tandis que DALEIN est soutenu par la même communauté pour gagner ces élections afin de sauver la guinée faute de quoi le pays restera à vie dans la pauvreté
Citer
 
 
-3 #1 Kourouma 23-01-2012 19:51

Quoi de plus normal pour un président de la république de chercher à se doter dune majorité à l'assemblée nationale ? En voyant ce qui est entrain de se passer AC en usant de son bloc RPG-Arc-en-ciel finira par raflé la majorité sans avoir besoin de tricher. Voyez les leaders de la forêt ont fini par le rallié, en haute guinée je ne vois pas un Lansana Kouyaté avec son opposition radicale suivie par ses partisans, en moyenne guinée il ne réussira presque pas mais en basse guinée il obtiendra forcement les 2/3 des sièges avec les ralliements et défections ainsi que les mots d'ordre qui ne seront pas suivis. Wait and see ! ! !
Citer