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Tierno Monénembo : un onzième roman aux Editions du Seuil

Lamarana Petty Diallo  Lundi, 19 Janvier 2015 11:23

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couverture_Monenembo_Les_coqs_cubains_chantent_a_minuit_01On croyait le lauréat du Renaudot 2008 assagi. Mais non ! Il est encore là ! Pas plus Le Roi du Kahel que Le Terroriste noir en 2012, le roman à la dizaine de prix littéraires, traduit en plusieurs langues dont le japonais et qu’on verra sûrement au cinéma ne tarirent la source.

Plus prolifique qu’on ne le pensait, Monénembo vient d’enfanter sur la terre africaine « un roman cubain ». Ce roman, c’est Les coqs cubains chantent à minuit, paru le 8 janvier 2015 aux Editions du Seuil.

A travers la nouvelle plume de Monénembo, c’est Cuba qui est vu, peint et décrit par un Africain. Pas n’importe lequel. Par un écrivain qui essaima le Maghreb, l’Europe, fit promener sa bosse partout au gré de l’exil, des recherches, d’invitations, de conférences… et se fit mondialement connaître (qui dirait le contraire) sous le nom de Tierno Monénembo.

Les coqs cubains chantent à minuit est un récit aux personnages multiples, drôles et ingénieux. Il nous promène à travers un terroir riche de passé, dont le limon culturel est un mélange de legs africain, espagnol et latino.

Par conséquent, l’univers romanesque est construit par et dans une diversité de plusieurs ordres qui le fonde, l’irradie et l’enrichit. Richesse des personnages donc, par leur nombre mais aussi par leur expérience, leur amour de la vie comme Ignacio Rodriguez Aponte, le héros.

Le roman nous fait vivre, sentir et surtout aimer Cuba. Cela se comprend car Monénembo n’écrit pas par télépathie. Non ! Il vit ce qu’il écrit en se rendant, pas en touriste, mais en chercheur avisé, dans son espace romanesque. Pelourinho (1995) qui nous plonge dans la jungle urbaine de Brasilia et d’ailleurs, L’aîné des orphelins (2000), qui narre la tragédie rwandaise des années 90, et les autres sont tous issus des entrailles de l’espace ou des lieux que décrit Monénembo, après les avoir vécus.

Le lecteur avare de mots, affamé de culture, amateur de mélodie se reconnaitra dans ce roman qui parle mais chante aussi. Le rythme l’entraîne à travers la danse des jeunes filles qui se déhanchent au son de la salsa quelque part à Havana, Santiago, Matanza ou n’importe quelle ville de l’île.

Le lecteur se délectera aussi de boissons mais aussi d’anecdotes, l’une des originalités de Monénembo. Enfin, il ne s’ennuiera pas non plus car le récit le promènera dans un univers aussi bien romanesque que géographique sous la conduite d’ingénieux personnages.

Avec ce nouveau roman, Tierno Monénembo ne confirme pas qu’il est un grand écrivain. Cela est connu. Il montre tout simplement qu’il compte parmi les plus grands écrivains des trois dernières décennies du XXe siècle (Les Crapauds-Brousse date de 1979) et du XXIe siècle.

Enfin, je prédis que le prix Nobel de littérature tend les bras à Monénembo et qu’il les saisira !


Lamarana-Petty Diallo


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