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Lutte contre la piraterie des œuvres d’art : les artistes guinéens poussent leur ministre à la fermeté
Heinan Goba Mardi, 11 Mars 2014 19:53
Le ministre de la Culture et du Patrimoine historique a reconnu ce mardi que « la piraterie des œuvres d’art est un crime qui fait perdre des milliards à l’Etat et aux artistes » et s’est engagé à combattre ce fléau. Ahmed Tidiane Cissé qui s’exprimait à l’occasion d’une conférence de presse axée sur la lutte contre la piraterie des œuvres littéraires et musicales avait à ses côtés le président du BGDA, Pépé Koïvogui, le président du l’Union nationale des artistes et musiciens guinéens (UNAMGUI), Ansoumane Condé alias Petit Condé, etc.
« Vu l’étendue du dégât causé par les pirates, on a envie d’aller avec des gourdins contre eux. Mais étant donné que nous sommes dans un Etat de droit, nous préférons nous confier à la justice », a fait savoir le ministre Ahmed Tidiane Cissé, pour revenir sur l’annonce par Ansoumane Condé du dépôt d’une plainte par le BGDA (Bureau guinéen des droits d’auteur) auprès de la gendarmerie. Plainte qui donnera lieu, très bientôt, à des descentes policières dans les lieux réputés être des nids de pirates. C’est en tout cas ce qu’a révélé le président du BGDA louant les efforts de la gendarmerie.
Le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication a contribué énormément à la piraterie des œuvres d’art. Mais à côté de la prolifération des percepteurs de son et d’image, les artistes dénoncent cependant la délivrance, à la place du BGDA, des licences aux pirates par la LONACIG, une structure du ministère de la Culture. Ce qui constitue en soi une sorte de protection à « ces hors-la-loi ». Face à cette plainte des artistes, le ministre Cissé a promis que des dispositions vont être immédiatement prises pour mettre fin à ce qu’il appelle un simple conflit de compétence.
Mais avant le ministre, Ansoumane Condé alias Petit Condé a dit toute son amertume de voir les pirates profiter des œuvres des artistes en toute impunité. Il a appelé le ministère de la Culture à redoubler d’effort. Après avoir mis en place un conseil d’administration au BGDA, bien entendu. En effet, se voulant franc, Ansoumane Condé dit que « le piratage des œuvres d’art a découragé les producteurs ». « Votre implication est la seule condition pour mettre fin à la piraterie », a-t-il confié au ministre de la Culture. Avant de demander l’implication des autres couches de la société.
Pépé Koïvogui a lui aussi fait savoir que la piraterie met en péril la vie des artistes et baisse le niveau de la création artistique. Pour expliquer ce qui motive cette rencontre de plaidoyer. Selon lui, les gens ont abandonné la culture parce qu’elle ne rapporte plus rien aux véritables acteurs. Mais poursuivant, il a à nouveau émis l’espoir que la désillusion consécutive de la mise en place d’une brigade de gendarmerie pour combattre la piraterie va se muer en un nouveau rêve d’une vie meilleure vie pour les artistes de Guinée. Car, comme l’a rappelé le ministre, la Guinée est avant tout un grand pays de culture.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu








