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Musique guinéenne : quel souvenir garder d’Aboubacar Demba Camara ?
Alpha Camara Lundi, 03 Décembre 2012 15:59
Il y a 38 ans, le 5 avril 1973 disparaissait des suites d’un accident à Dakar, le chanteur, animateur-compositeur et soliste guinéen Aboubacar Demba Camara, considéré comme un des piliers du Bembeya Jazz national, le groupe le plus célèbre de l’histoire de la musique guinéenne et de l’agora africaine des années 80. Il avait tout juste 29 ans.
Aboubacar Demba Camara est né en 1944 à Conakry. Il est issu d’une famille d’ouvriers de Saraya, petite gare de Kouroussa. Il a fréquenté l’école primaire de Coléah jusqu’en 1952 puis celle de Kankan jusqu’en 1957. Il revient ensuite à Conakry pour terminer ses études primaires avant de retourner à Kankan où il s’inscrit à la section manuelle. Il en sort avec le diplôme d’ébéniste.
C’est en 1963, à la section manuelle de Beyla (ville du sud-est de la Guinée forestière, à 1000 Km de Conakry) que se dessine sa vocation. Excellent chanteur, Demba a acquis une diction entraînante dans son propre village.
A partir de la même année (1963), dans chacune des 33 préfectures de Guinée, le gouvernement organise une biennale au cours de laquelle s’affrontent les orchestres locaux. Le but de cette initiative était de rassembler le patrimoine musical guinéen à partir de ses nombreuses traditions régionales. Les gagnants sont invités au Festival national de Conakry. Ainsi deux orchestres de province accèdent, en 1966, à la dignité d’orchestre national : le Horoya Band de Kankan et le Bembeya Jazz de Beyla.
L’orchestre de Beyla gagne la médaille d’or aux deux premières biennales (1964 et 1966). Il est envoyé en tournée à Cuba. Aboubacar Demba Camara dit « le Bègue » (il l’est en parlant, pas en chantant !) devient une superstar dans toute la sous-région, après le spectacle et le disque « Regards sur le Passé » (1967) qui raconte l’histoire de Samory Touré, épopée qui constituait un hommage à Ahmed Sékou Touré.
L’élévation du Bembeya Jazz au rang de formation nationale marque le début d’une « aventure » qui devait solliciter Demba et ses amis sur tous les fronts de bataille où l’émancipation culturelle de l’Afrique était en jeu. La musique du Bembeya est une synthèse des styles afro-cubain et mandingue, se voulant aussi un mélange de toutes les traditions musicales guinéennes. Il lui est assigné le rôle de jouer tous les rythmes du pays.
Avec son style et son ouverture internationale, le Bembeya Jazz inspire des groupes dans la sous-région : A Bamako, le Rail Band (dont les vedettes sont le Malien Salif Keita et le Guinéen, Mory Kanté) et les Ambassadeurs ; à Dakar, l’Orchestra Baobab, le Star Band, le Super Étoile et le Super Diamono.
La mort du chanteur Aboubacar Demba Camara, devenu au fil des années le leader incontesté, ouvre une longue période de deuil et de désarroi.
Le président Ahmed Sékou Touré lui-même impose quelques années plus tard le successeur de Camara, un jeune griot venu de Kintinya (à la frontière malienne), Sékouba « Bambino » Diabaté, qui mène depuis une vingtaine d’années une carrière solo.
Après une privatisation des orchestres nationaux, décidée en 1983 par Sékou Touré, le Bembeya Jazz devient propriétaire de son club et de ses instruments.
Mais après une tournée européenne en 1985, l’existence devient difficile. Ses activités s’arrêtent et ne reprennent qu’au début des années 2000. Mais le Bembeya Jazz ne sera plus le même sans Demba. Toute une génération se souvient.
Alpha Camara
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu
Commentaires
Quand on a entendu ce gars chanter (le bembeya pour être équitable)on a envie de demander aux autres de se taire, notamment la relève qui semble être loin derriere lui. Bon, après les goûts et les couleurs....
Je serais curieux de savoir si nos anciens sur le site «zookaient» autant avec le bembeya que nous avec alpha blondy ou olomidé lol
Repose en Paix Demba
Il tire ou ses renseignements ce Alpha Camara ?








