Vendredi, 01 Juillet 2011 08:52
Chers compatriotes et chers ressortissants du Fouta Djallon,
Suite à notre communiqué du 18 mai 2011, nous avons reçu de nombreux courriers abondant tous dans le même sens: réjouissance, félicitations mais et surtout des questions relatives à l'organisation IMMITAL, ses responsables et ses objectifs.
Face au nombre élevé des personnes qui nous ont écrit et convaincus que beaucoup qui ont dû penser dans le même sens et qui n'ont pas écrit, aimeraient savoir autant sur cette organisation nouvellement apparue dans le paysage sociopolitique guinéen, nous, la Direction provisoire de ladite organisation, prions chacun(une) et tous(toutes) de nous accorder leur compréhension que nous répondions de façon globale à leurs courriers à travers ce communiqué.
Responsables:
Cette organisation n'est l'œuvre d'aucun individu, d'aucun groupe particulier quelconque mais d’enfants du Fouta Djallon de par le monde entier. La direction actuelle a la charge de piloter la mise sur pieds de sa structure, déclencher la poursuite judiciaire des criminels guinéens, la promotion de la paix et l'entente des communautés peules et leurs voisins (mission en cours avec succès), la réalisation des textes régissant le fonctionnement de la Coordination Internationale des Ressortissants de Fouta et veiller à l'élection de son bureau lors d'un congrès regroupant les enfants du Fouta venus du monde entier. Son action aura fini et le bureau élu prendra la relève des activités. C'est pourquoi ils restent anonymes au grand public. IMMITAL ne doit être associée à aucun nom particulier et a pour objectif, de regrouper sous un même parapluie, toutes les personnalités ressources et associations existantes de la communauté peuhle de Guinée. C'est pourquoi nous recommandons à tous les ressortissants du Fouta, où qu'ils se trouvent, d'adhérer aux associations locales existantes ou de se donner urgemment les mains pour s'organiser en une association qui devra alors participer au prochain grand congrès. Ceux qui n'ont pas la possibilité d'adhérer à une association locale ou d'en former une, peuvent adhérer directement à IMMITAL qui accueille des structures et des personnes ressources en son sein afin que tous les enfants du Fouta Djallon, qui qu'ils soient, où qu'ils soient et dans quelle condition qu´ils se trouvent, puissent participer aux œuvres et bénéficier des services et de la couverture d'IMMITAL.
Genèse:
Entre les deux tours de la présidentielle guinéenne 2010, nous avons assisté à une campagne de stigmatisation et de violences racistes dirigée contre la communauté peuhle dans son ensemble en Guinée, sans qu'aucune institution de la République ne lève le petit doigt. Les ressortissants du Fouta à majorité peuhle sont restés sans défense et livrés à des groupes armés qui les ont insultés, frappés, humiliés, violés, tués ou dépouillés de leurs biens. Ils ont vu leurs biens que les milices ne pouvaient pas emporter saccagés ou brûlés.
Même pour apporter de l'aide aux victimes qui avaient tout perdu, la communauté peuhle a eu du mal à se mobiliser et agir à temps. C'est alors que certains ressortissants du Fouta Djallon ont pris l'initiative d'appeler à une large concertation des enfants de leur communauté qui a été bafouée et trainée dans la boue pour étudier des voies et moyens d'aider les victimes et sécuriser notre avenir en Guinée, chez nous. C'est ainsi qu'il s’est tenu, le 26 décembre 2010 à Bruxelles, une assemblée générale, convoquées de fait par des associations des ressortissants de Fouta et des ressortissants individuelles de Fouta en tant que personnes ressources dont les proches ont subi de grandes pertes, en vue de se donner les mains pour une meilleure solidarité, une participation efficace aux projets de développement et à toute activité sociale et sécuritaire de la région et de ses ressortissants. Quinze (15) pays y étaient représentés et trois (3) autres (qui n’ont pu faire le déplacement) ont fait parvenir leur adhésion aux clauses de la rencontre. Ainsi, la participation et l’adhésion des ressortissants de Fouta résidents en Amérique, en Europe, en Asie et en Afrique ont pu être assurées.
Dénomination et objectif:
IMMITAL (terme qui signifie Se relever, Se remettre debout en Pular), c'est l'Initiative Moderne de Mobilisation pour l'Intégration, le respect de nos Traditions, de l'Amitié et de la Liberté.
Il se fixe pour objectifs:
- réunir, à l'image de l'Union Mandingue, de la Basse Côte ou de la Forêt, tous les enfants du Fouta Djallon, sans exception aucune, sous un même toit. Cette organisation est purement communautaire et sera indépendante de tout parti politique; car un parti politique digne de ce nom, comme par exemple l'UFDG ou l'UFR, doit couvrir toute l'étendue du territoire national et se consacrer à la Guinée dans son ensemble. Il faut donc, au Fouta aussi, une structure qui puisse s'occuper exclusivement de nos problèmes et de nos projets communautaires. Elle nous protégera de toute menace externe et œuvrera pour nous rapprocher des autres en tant que communauté.
- agir concrètement pour construire le Fouta, y réaliser des projets de développement pour mettre fin à l'exode rurale et à l'aventure de nos jeunes et défendre ses enfants où qu'ils se trouvent dans le monde, conformément aux Lois en vigueur. En Guinée, on ne doit plus se laisser taper dessus, que cela soit verbal ou physique, sans conséquences pour les auteurs et leurs commanditaires ou pour les instigateurs à la haine qui aurait conduit à cette violence à caractère ethnique, comme ce fut le cas entre les deux tours de la présidentielle 2010.
Conclusion:
Le Fouta se vide et se meurt petit à petit. A cela s'ajoute des menaces externes qui pèsent sur lui et ses enfants sur toute l'étendue du territoire national en cas de troubles sociopolitiques. Les attaques racistes et la destruction de biens qui ont visé les Peuhls en Haute Guinée au mois d'octobre 2010 nous ont montré à quel point on est fragile et exposé de nos jours dans notre propre patrie, et cela quelle que soit notre appartenance politique. Il y a même des personnalités publiques proches de l'actuel Président de la République qui menacent les Peuls de guerre s'ils ne renoncent pas à leurs droits politiques en Guinée. Si on est donc absolument sûr de ne jamais provoquer, tout indique cependant qu'on pourrait subir pire qu'on a déjà connu dans ce pays.
Ces événements de la Haute Guinée ont montré que tout ce qu'on a réalisé ailleurs, avec l'esprit que nous sommes chez nous partout en Guinée, on peut le perdre en une seule nuit et être réduit à l'état de refugié vivant d'aide humanitaire.
Le Fouta doit prendre conscience, se relever, unir tous ses enfants dans la fraternité, l'égalité et la solidarité pour relever le défi qui se présente à lui aujourd'hui tant sur le plan social, économique que sécuritaire. Si le Fouta brûle, c'est tous ses habitants qui en seront victimes, si le Fouta prospère, c'est tous ses habitants qui vont en jouir. Si nous nous levons pour construire et protéger notre Maison, on sortira le Fouta du sous-développement en moins de 5 ans, pour le bénéfice de tous. Si nous nous organisons et nous donnons les mains maintenant, nous pourrons démarrer les projets de construction d'un hôpital moderne, d'une université bien équipée et d'une usine de transformation de fruits et de pommes de terres dès l'année prochaine. Si on s’organise, on aura des amis avec lesquels travailler et sortir nos régions respectives et toute la Guinée de la misère. Mais si nous ne prenons pas des initiatives concrètes maintenant, la majorité de nos parents – en premier lieu les jeunes valides sur lesquels repose l'espoir pour le développement – finira par fuir la Guinée à très court terme. Les vieilles personnes et les filles qui y resteront seront exposées aux dangers que nous connaissons déjà.
Pour les crimes déjà commis en Guinée, qualifiés de crimes contre l’humanité par des organisations habilitées, vu la lenteur de la Cour Pénale Internationale (CPI) qui n'a pas tardé à inculper Kadhafi et lancer un mandat d'arrêt contre ce dernier, nous avons déjà déclenché une procédure devant une justice européenne dans le cadre de la compétence universelle pour poursuivre et punir les auteurs de ces crimes partout dans le monde. Le 24 mai dernier, un pas décisif a été franchi dans ce sens avec l'obtention de témoignages venus de la Guinée avec les documentations complètes sur tous les crimes de sang et violations graves de droits de l'homme commis dans notre pays. Après avoir enregistré ces témoignages, l'avocat européen responsable principal du cabinet en charge du dossier qui est lui-même magistrat à la CPI a décidé de solliciter d'abord le dossier guinéen à la Cour Pénale Internationale pour savoir le degré d'évolution du dossier à ce niveau avant d'officialiser la plainte devant la justice européenne, pour éviter un croisement de procédures. Alors soit la CPI doit agir dans les semaines qui suivent soit la justice entre en action du côté européen pour traquer les criminels où qu'ils se trouvent dans le monde.
Fraternellement,
La Direction provisoire d’IMMITAL