L’association des victimes du Camp Boiro commémore les exécutions sommaires du 18 octobre 1971

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Chers compatriotes,

En ce jour du 18 octobre, nous commémorons le triste souvenir des pelotons d’exécution d’un temps que nous espérons à jamais révolu. Ce jour-là, une fois encore, des patriotes, des fils innocents de ce pays, furent passés par les armes à Kindia, victimes d’une tyrannie portée par un homme dont le pays porte encore les stigmates.

Plusieurs décennies plus tard, l’AVCB demande à tous nos compatriotes de se recueillir et d’avoir une pensée pieuse pour la litanie de victimes accumulées tout au long de notre Histoire contemporaine.

Aujourd’hui, nous avons la décence de penser que, au-delà du fait des hommes, il y a une justice immanente, celle de Dieu.

Lorsqu’au regard du Tout puissant, la repentance des hommes n’est pas suffisante pour compenser les péchés collectifs, il arrive aux peuples de subir des fléaux dont seule la colère divine peut être la cause.

Sous cet angle, la survenue d’Ebola dans des pays où la guerre a induit de graves infractions aux principes même de l’humanité pourrait tomber sous le sens.

Il en irait ainsi de la Sierra Leone et du Libéria, sortis de guerres marquées de crimes indicibles contre l’humanité.

Là-bas, au-delà de toute raison, les lieux de cultes furent pourfendus, des mains et bras tranchés, des femmes violées, des enfants-soldats enrôlés.

Mais en Guinée, que s’est-il passé, qu’avons-nous fait de comparable à ce qui s’est passé dans ces pays voisins ?

Dans notre pays, il y a eu, et il continue, le règne de l’impénitence. On continue encore à attenter à la mémoire de ceux qui sacrifièrent tout pour que la Guinée soit.

Chez nous, au-delà de l’impénitence, il y a le rengorgement sur la liquidation systématique de patriotes sincères, de personnes innocentes liquidées par soif du pouvoir.

L’ingratitude qui fut la rançon des patriotes liquidés au camp Boiro a tué nos modèles et fait le lit des tares dont pâti notre patrie aujourd’hui.

Chers compatriotes, n’oubliez jamais que la tragédie continue.

En effet, c’est en 1976 que Sékou Touré au paroxysme de la complotite, porta sa hargne sur le terrain communautaire, mettant notre unité nationale dans le péril dont nous subissons les effets aujourd’hui.

Ainsi, cette complotite a déconstruit l’unité qui nous avait permis d’arracher notre Indépendance dont les auspices sont désormais ternis par la communautarisation outrancière du débat politique. L’AVCB en appelle aux protagonistes politiques de tous bords pour que la restauration de l’Unité Nationale soit à la meilleure place dans leur agenda.

Autant l’AVCB se recueille sur la mémoire de toutes les victimes d’Ebola en ce jour, autant nous suggérons à tous nos compatriotes d’organiser partout en Guinée des prières de repentance pour toutes les victimes innocentes de la dictature de Sékou Touré.

La célébration en pompe du 30e anniversaire de sa mort, mystérieusement coïncide avec l’explosion d’Ebola à partir de notre pays. Pour nous, c’est un signe de Dieu, c’est un message aux Guinéens.


L’Association des victimes du Camp Boiro (AVCB)


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Commentaires  

 
0 #4 A.O.T. Diallo 19-10-2015 21:14

Citation en provenance du commentaire précédent de Ansoumane Doré:
Dignes Membres de l'AVCB, quelle noble tâche que la vôtre au sein de cette association ! Le refus qu'on mette sous une chape de plomb la mémoire de nos parents tragiquepment disparus dans une barbarie qui n'a engendré que misère et sous-humanisation dans notre pays jusqu'ici, vous honore . Il faut que sous l'égide des responsables politiques de la Guinée,on en reparle publiquement, dans le cadre d'une conférence nationale, par exemple pour exorciser le Mal du Silence tragique qui rôde sur notre pays. Même sans avoir été directement dans les arcanes du Pouvoir qui a dévoré tant de filles et de fils de la Guinée, les Pouvoirs publics d'aujourd'hui doivent se saisir,pour en débattre, de la question des Victimes du Camp Boiro et de toutes les autres victimes politiques de la Guinée indépendante.

Merci Doyen, je sais que vous êtes sincère en le disant...
La première étape et la plus simple pour y arriver est la dénonciation et la condamnation sans aucune indulgence ni petit calcul électoraliste du petit dadais Dadis et de sa bande de criminels.
C'est seulement après cela qu'un véritable processus de Vérité-Justice-Pardon-Reconstruction de la Nation sera sur de bons rails et sur un train qu'il sera très difficile d’arrêter, même pour la mafia politico-militaire professionnelle du pays...
J'aimerais beaucoup travailler sur cela avec certains forumistes et en particulier vous, Dr Diakite et Gandhi, sans minimiser tous ceux qui par leur pensées et écrits sont dans la même ligne d'analyse sociale de nos malheurs guineo-guineens.
Plusieurs remarquent a juste titre que nous nous plaignons tous trop sans rien proposer comme solutions. A mon avis il n'y a pas d'autre solution possible pour arrêter la malédiction néanmoins je reste ouverte a toute autre proposition SMART sur le sujet...
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+6 #3 Ansoumane Doré 19-10-2015 17:33

Dignes Membres de l'AVCB, quelle noble tâche que la vôtre au sein de cette association ! Le refus qu'on mette sous une chape de plomb la mémoire de nos parents tragiquepment disparus dans une barbarie qui n'a engendré que misère et sous-humanisation dans notre pays jusqu'ici, vous honore . Il faut que sous l'égide des responsables politiques de la Guinée,on en reparle publiquement, dans le cadre d'une conférence nationale, par exemple pour exorciser le Mal du Silence tragique qui rôde sur notre pays. Même sans avoir été directement dans les arcanes du Pouvoir qui a dévoré tant de filles et de fils de la Guinée, les Pouvoirs publics d'aujourd'hui doivent se saisir,pour en débattre, de la question des Victimes du Camp Boiro et de toutes les autres victimes politiques de la Guinée indépendante.
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+3 #2 Amara Lamine Bangoura 19-10-2015 17:18

Une epouvantable nuit de terreur qui marque la seconde phase des executions consecutives a l'agression du 22 Novembre 1970.Faut il rappeller que la premiere phase se deroula en Janvier 1971?Cet interval de temps sepàrant les deux phase de liquidation denote de l'echelle de la duree, aussi bien que de l'ampleur de la repression perpetree par Nduru Pakun.Une veritable"nuit des longs couteaux" version tropical.ALB-AL-USA.
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+4 #1 kourouma karamoko 19-10-2015 11:46

Cette boucherie a été perpétrée par un fils de boucher!!!!
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