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L’avocat de Dadis parle (2e partie)
Mamadou Dian Baldé et Moussa Traoré Samedi, 04 Octobre 2014 20:45
En prélude de la commémoration du 5e anniversaire des massacres du 28 septembre, l’avocat du capitaine Moussa Dadis Camara, Maître Jean Baptiste Jocamey Haba s’est confié à votre semainier dans un entretien exclusif. La convalescence du capitaine à Ouaga, ses rapports avec Alpha Condé, les événements du 28 septembre, sont entre autres les points abordés dans cet entretien à bâtons rompus, dont nous vous invitons à lire la deuxième partie (cliquer pour lire la 1ère partie).
L’indépendant : Il y a quelque semaines, le général Sékouba Konaté, qui fut ministre de la Défense au moment des faits, a jeté un pavé dans la marre, en disant détenir une liste des présumés auteurs et commanditaires des événements du 28 septembre 2009, et qu’il serait même allé déposer au niveau de la Cour pénale internationale (CPI), ainsi qu’au niveau de l’institution de la Commission de l’Union européenne. En tant qu’avocat du capitaine Moussa Dadis Camara, l’ancien président, que pensez-vous de cette démarche de celui qui était l’un des maillons forts du CNDD ?
Me Jean Baptise Jocamey Haba: Monsieur Baldé, c’est un non-événement. C’est un non événement. Je répète encore que c’est un non événement.
Pourtant ça fait grand bruit dans la presse…
Je vous le dit, c’est un non-événement. Je vais vous dire pourquoi. Moi même je l’ai lu sur la toile. Je vous rappelle que ça n’a aucun rapport avec l’audition du président Dadis.
La déclaration du président par intérim le général Sékouba Konaté a été faite à fin avril ou mi-mai. Je vais vous dire le contenu de cette déclaration. Le général Sékouba a été très clair, il dit que tous les membres du CNDD sont collectivement responsables. Tous les officiers supérieurs sont collectivement responsables. Tous les membres du gouvernement sont collectivement responsables, civils et militaires. Mais ce qui est paradoxal, il fait comprendre que lui, il n’a rien à voir dedans. Pourtant il est non seulement membre du CNDD, en tant que la troisième personnalité du CNDD, qui en réalité était la deuxième personnalité. Il était membre du gouvernement parce que ministre de la Défense nationale. Il était aussi officier supérieur de l’armée, général de division, à l’époque des faits. Cela sous-entend qu’il est lui-même responsable de ce qui s’est passé au stade du 28 septembre. Il a dit qu’il n’était pas ici mais qu’il était à N’Zérékoré et que cela lui a été dit par ses éléments. J’ai son discours avec moi. Ça veut dire que lui-même, ce qu’il dit, il le tient d’autres personnes, donc il n’a pas été témoin oculaire des événements. C’est donc une réelle contradiction. Pour que la justice soit bien rendue il faut que les événements soient encore chauds. Si le droit a prévu ce qu’on appelle la prescription en matière pénale, la justice se saisit de ses propres erreurs. Cela signifie qu’attendre plus de 10 ans, 20 ans, pour poursuivre une personne pour des faits commis il y a longtemps, cela peut nous conduire à une erreur judiciaire parce que les preuves auront disparu. Les témoins seront peut-être morts ou des témoins peuvent être corrompus. Le président Dadis soucieux de faire en sorte que la lumière soit faite sur cette affaire à chaud, a été victime d’une tentative d’assassinat le 03 décembre de la même année, donc après les événements. Il n’a été président que pendant dix mois. Au Burkina Faso on va vers lui, pour un soi-disant protocole d’accord qui conduirait le troisième responsable du CNDD à prendre officiellement la destinée du pays. Et cette troisième personne là c’est bien le général Sékouba Konaté qui a assuré l’intérim. En assurant l’intérim, il était le premier magistrat de la Guinée, même de façon intérimaire. A cette époque, le temps et les événements étaient encore chauds. Il est resté entre janvier et décembre 2010, soit un an environ, aux affaires. Qu’a-t-il fait pour faire bouger les choses durant cette période? Qu’a-t-il fait pour faire bouger le dossier ? Alors que pendant ce temps, en tant que président par intérim de la Guinée, il avait tous les pouvoirs, pour agir pour la manifestation de la vérité. C’est important ce qu’il dit, qu’il connaissait des gens qui seraient impliqués dans cette affaire. Pourquoi n’a-t-il pas demandé à son ministre de la Justice, s’il ne veut pas intervenir dans les dossiers judiciaires, pour que celui-là s’en occupe quand même. Pourquoi attendre quatre ans après, pour dire qu’il a une soi-disant liste qu’il a déposée à la CPI ou au niveau de l’Union européenne. Voilà pourquoi, je dis c’est un non-événement. C’est encore un non-événement pourquoi ? Le général Sékouba n’a tout simplement pas de conseiller, car pour moi le général Sékouba ne sait pas ce qu’il est en train de faire parce que dans un pays normal, je sais que les juges en tiendront compte, je sais que la Guinée en tiendra compte, on peut se voir inquiéter pour avoir fait obstruction à la manifestation de la vérité. Pendant quatre ans il dit détenir des preuves, mais il y a autre chose plus grave pour celui qui a occupé la plus haute fonction de la Guinée. Pourquoi n’a-t-il pas confiance en la justice de la Guinée ? Il sait que cette justice est saisie. Il sait que cette justice n’a pas les moyens, mais les seuls moyens de cette justice constituent ces éléments là pourquoi attendre que ces juges qui sont des humains comme nous, qui se battent pour remuer ciel et terre pour trouver des éléments de preuve, pour que lui, première personnalité de la Guinée les garde par devers lui. Sans qu’à l’époque, il ne puisse les mettre à leur disposition étant donné que le pool de juges a été mis en place sous le gouvernement de transition que dirigeait Konaté.
Pourquoi il essaye de bluffer la justice de son pays ? La justice qui est un pouvoir régalien. Pourquoi aller à la CPI ? Je dis, c’est par ignorance parce qu’il ne sait pas que la CPI n’est qu’une juridiction de substitution, parce qu’il ne sait pas que la CPI n’est qu’une juridiction de complémentarité, parce il ne sait pas que la CPI ne peut être saisie que lorsque les juridictions nationales ne sont pas en ordre de juger ou non pas cette volonté de juger. Mais la volonté est là. C’est une ignorance parce qu’il ne sait pas qu’il y a des modes de saisine de la Cour pénale internationale par le Bureau du procureur, par le Conseil de sécurité, ou bien par les Etats, ou par les ONG internationales. Pour moi la méthode voudrait qu’il vienne aider la Guinée en donnant ces éléments là aux juges en charge d’instruire dans cette affaire. Il est en train de tout faire pour que la justice de son pays ne fonctionne pas. Je crois que cela ne devait pas venir de lui. Je crois que les juges connaissant la procédure poseront des questions autour de cela. En République de Guinée, au titre de témoignage, si vous avez des éléments pouvant éclairer le juge dans cette affaire, vous pouvez aller déposer librement, vous pouvez même vous déplacer, marcher, aller là-bas dire au juge que vous avez des éléments à lui donner. Je veux témoigner, la comparution volontaire du témoin est admise. Peut-être il a surement envie de régler des comptes à des gens. Je n’en dirai pas plus. J’attends le moment venu pour en dire davantage.
Que pensez-vous de la déclaration du général Sékouba Konaté, ancien président par intérim de la République de Guinée, qui a tenu des propos sur la toile qui ont fait des vagues dans la cité en disant ceci : « Je ne suis pas préoccupé par ce sujet pour l’instant. Je m’occupe d’abord de ma santé. Mais retenez quand même que je ne suis pas prêt à parler à un juge guinéen. Je ne me prononcerai sur ce sujet qu’avec la justice internationale. » ?
Cette déclaration me surprend pour plusieurs raisons.
D’abord, la personnalité de son auteur qui a occupé la plus haute fonction du pays à un moment donné de son histoire. Ceci dit, il doit être le premier, avec mon client bien sûr, à donner l’exemple en se soumettant aux lois de la République et en se mettant à la disposition de la justice de son pays.
Ensuite, le caractère sensible des évènements du 28 septembre 2009 qui, au-delà d’être une affaire interne, sont aujourd’hui suivis par la communauté internationale qui « bouscule » la justice de notre pays pour que celle-ci fasse avancer les enquêtes et aille jusqu’au bout. Nous n’oublions d’ailleurs pas, que le Conseil de sécurité de l’ONU avait saisi de ce dossier le Bureau du procureur de la Cour pénale internationale qui, le 14 octobre 2009, a ouvert un examen préliminaire lui permettant de suivre l’avancement du dossier au niveau de nos juridictions nationales. Je rappelle que pendant cette période d’observation, si le Bureau du procureur de la CPI estime que la justice guinéenne n’avance pas ou qu’il n’y a aucune volonté pour faire juger cette affaire, il peut saisir la Cour pour être autorisé à enquêter sur cette affaire : c’est l’enquête préliminaire. Ceci en vertu du principe de la complémentarité ou de la subsidiarité entre la CPI et les juridictions nationales des Etats ayant ratifié la Convention de Rome qui a institué la Cour pénale internationale. La Guinée est membre à part entière de cette Convention.
Enfin, cette déclaration m’amène à m’interroger sur plusieurs questions relatives aux obligations du témoin, des pouvoirs du juge d’instruction et des sanctions consécutives au refus de témoigner.
Les réponses à ces questions se trouvent dans les articles 112 et 115 du code de procédure pénale qui disposent respectivement que :
Article 112 : « Toute personne citée ou convoquée pour être entendue est tenue de comparaître, de prêter serment, s’il y a lieu, et de déposer sous réserves des dispositions réprimant la violation du secret professionnel.
Si le témoin, bien que cité, conformément à l’article 105 alinéa 1, ne comparaît, le juge d’instruction peut, sur les réquisitions du procureur de la République, l’y contraindre par la force publique et le condamner sans autre formalité ni délai, et sans appel, à une amende qui n’excèdera pas 50.000 francs guinéens. S’il comparaît ultérieurement, il peut toutefois, sur production de ses excuses et justifications, être déchargé de cette peine par le juge d’instruction après réquisition du procureur de la République.
La même peine peut, sur les réquisitions de ce magistrat, être prononcée contre le témoin qui, bien que comparaissant refuse de prêter serment ou déposer clairement ».
Article 115 : « Toute personne qui dénonce publiquement un crime ou un délit, ou déclare publiquement en connaître les auteurs, et qui refuse de répondre aux questions qui lui sont posées à cet égard par le juge d’instruction, sera punie d’un emprisonnement de 1 mois à 1 an et d’une amende de 50.000 à 500.000 francs guinéens ou de l’une de ces deux peines seulement ».
De ce qui précède, il est évident que le témoin a trois (3) obligations principales qui sont celle de comparaître, celle de déposer et celle d’être sincère et que le témoin qui refuse de comparaître, sans excuses valables ni justifications, peut être contraint à comparaître par la force publique et condamner à une amende qui n’excède pas 50.000 francs guinéens. La sanction est de 1 mois à un an d’emprisonnement et d’une amende de 50.000 à 500.000 francs guinéens ou de l’une de ces deux peines seulement pour le témoin qui dénonce publiquement un crime ou un délit, ou déclare publiquement en connaître les auteurs, et qui refuse de répondre aux questions qui lui sont posées à cet égard par le juge d’instruction.
Il me semble que ce dernier cas est bien son cas car tous les Guinéens et le monde entier ont appris qu’il a dit publiquement avoir déposé à la CPI une liste de présumés commanditaires de ces malheureux et regrettables évènements.
Si cela est vrai, il devient un témoin important et il serait donc incompréhensible pour lui de ne pas aider la justice de son pays et concourir ainsi à la manifestation de la vérité. Les juges en charge de cette affaire ont droit à tous les éléments leur permettant de ne pas se tromper.
En tout état de cause, les juges en charge de cette affaire, expérimentés et habitués des dossiers complexes, sont des observateurs absolus capables de se faire des opinions. Ils sauront tirés toutes les conséquences liées à un éventuel refus de toute personne, qui qu’elle soit, dont ils estiment l’audition nécessaire à la manifestation de la vérité.
Maître Jean-Baptiste, à l’allure où vont les choses, pensez vous que l’opinion sera un jour située sur ce qui s’est réellement passé le 28 septembre ? Pour que les vrais coupables soient traduits devant la justice dans cette affaire qui a coûté la vie à plus de 150 personnes selon le rapport des Nations Unies.
M. Baldé j’appartiens au personnel judiciaire. En tant qu’avocat nous sommes un acteur essentiel. Je dis que dans cette affaire, j’ai confiance en la justice de mon pays. Cette affaire n’ira nulle part. Que ce soit les juges en charge du dossier, que ce soit avec ce gouvernement, que ce soit avec ce président, que ce soit avec ce que nous vivons.
L’administration étant une continuité, la justice elle-même un élément fondamental de cette administration, elle est aussi une continuité.
Quelle message avez-vous à l’endroit des parents des victimes et de certaines victimes elles-mêmes, qui portent aujourd’hui des séquelles de ces violences, qui ne croient pas en la justice de leur pays, qui préféreraient que la CPI s’autosaisisse directement de ce dossier ?
Un message de compassion, avec l’aval de mon client. Pour avoir été président à l’époque des faits. Je leur dit ceci, il faut qu’ils aient en tout temps, tout lieu, la nuit comme le jour, un sentiment de justice parce que nous voulons que ceux qui ont perdu leur vie aient des mémoires qui soient honorées. Et la seule façon d’honorer la mémoire de ces victimes, c’est de ne pas condamner des innocents à la place des vrais coupables.
Je leur demande d’être patients. Quand on connaît le passé de notre justice, quand on sait ce qui se passe parfois, on se dit que nos morts seront morts pour rien. Moi je leur dit que ces morts ne mourront pas pour rien. Ils sont morts parce que tout simplement ils voudraient défendre une cause.
Pouvez-vous nous dire quel est l’état d’esprit de votre client concernant ce dossier?
Le président Dadis est serein. Le président Dadis est à la disposition de la justice de son pays. Le président Dadis, dans toutes les interviews, dit toujours qu’il a confiance en la justice de son pays. Le président Dadis dit qu’il a confiance en les lois de son pays. Il est disposé à répondre à toutes les réquisitions de la justice de son pays. Il est disposé à répondre à tous les appels, à tout moment, quand on a besoin de lui. Il a toujours dit qu’il n’était pas le plus haut gradé de l’armée guinéenne ou le plus intelligent de la Guinée. Ni le plus fort. Son avènement aux affaires a été du coup du destin.
Pour conclure, quelle lecture avez-vous du fonctionnement de la justice en Guinée, une justice qui a besoin vraiment de réformes, quand on sait dans quelles conditions travaillent les juges ?
La réforme est toujours la bienvenue en justice. La justice c’est le monde qui évolue plus que tout autre monde, parce que la justice applique le droit, parce le droit ce sont nos règlements. C’est une autre constitution et justement ce droit évolue tellement vite qu’il faut des réformes allant dans ce sens là. Je pense à mon avis que la clé pour que la justice puisse marcher c’est d’abord la formation de ces acteurs. Nous avocats, nous devrons bien nous former dans notre métier.
Les magistrats doivent être formés pour mieux exercer leur métier, c’est le plus grand mal l’incompétence. Je suis peiné de vous le dire mais nous sommes incompétents, y compris moi même qui vous parle. Si on peut faire des réformes dans ce sens c’est beau, parce que dans les autres pays nous verrons que chaque acteur de la justice se doit d’éprouver un volume d’heures de formation effectuée chaque année. Nous avocats, nous devons faire tel ou tel nombre d’heures chaque année. Qui sont validés, sinon ailleurs on peut vous interdire de plaider pendant des moments, parce que vous n’avez pas validé cela.
Si nous savons ce que nous faisons très bien, ce que nous faisons même si nous voulons tricher, nous saurons que nous trichons. Mais nous saurons également couvrir cela. Si le magistrat est corrompu, si l’avocat est corrompu, finalement c’est d’abord par incompétence. Le premier mal de notre justice est l’incompétence. Donc il faut des réformes à cela au niveau de chaque compartiment de la justice. Si nous avons une bonne politique de gouvernement qui nous conduit à cette formation, beaucoup de maux passeront. Il faut que nos magistrats se disent que l’indépendance c’est d’abord dans leur tête et que ce n’est pas les textes sinon les textes consacrent l’indépendance du magistrat en Guinée. Si je dis l’indépendance n’est pas seulement face à l’argent mais face à la pression extérieure qui ne vient pas des membres de l’administration seulement. Cette pression vient également des avocats. Le juge doit se dire que je ne peux rendre compte qu’à ma seule conscience. Voilà la seule distinction entre le juge et l’avocat. Mais s’il pense faire plaisir en rendant un dossier néant, il passe à côté de son métier. Si un avocat réfléchit comme son client, il passe à côté de son dossier. Il faut qu’il y ait des réformes dans ce secteur. Il faut que nous ayons des édifices dignes de ce nom. Les cours et tribunaux, il faut que le justiciable lui-même fasse confiance à ces structures-là, avant même de rencontrer les hommes qui y travaillent. Imaginez que des tribunaux sont logés dans des maisons en location. Où allons-nous avec ça ? Imaginez que dans une salle d’audience tout le monde est confondu. Je pense qu’il faut construire des palais de justice digne de nom, qui séparent avocats, justiciables, magistrats, où chacun sait où se trouve sa place. Cela déjà donne à l’extérieur une image avant même d’aller à l’intérieur. Il faut aussi donner des moyens de fonctionnement à cette justice-là. Ces moyens sont aussi financiers, mais il faut que chacun prenne conscience que cette justice est faite pour eux mêmes. La justice n’est pas contre les justifiables dès lors que nous mettrons cela en idée, nous acteurs de la justice, que nous nous comporterons dans ce sens là, le citoyen lambda fera confiance à la justice. Mais tant que ce n’est pas fait, personne ne fera confiance à la justice de notre pays.
Interview réalisée par Mamadou Dian Baldé et Moussa Traoré
L’indépendant, partenaire de GuineeActu.com
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Commentaires
On va juger autrement!
Puisqu'il etait chef de la "junte" au moment des faits et non President de la Republique,Pere de la Nation encore moins Chef de l'Etat.
Attention Me Haba!
Papapapawww ! Il a raison de dire qu’ils ont besoin de formation (pour ne pas dire de reprise totale- recyclage). Il (s) en a vraiment besoin. Il y a tellement de bourdes dans cette longue interview que le grand maître me fait douter sur sa capacité de défendre un client. Surtout lorsqu’il s’agit d’un comme Camara Dadis. Ce qui a de plus retenu mon attention dans cette interview, c’est le passage qui dit « qu’attendre plus de 10 ans, 20 ans, pour poursuivre une personne pour des faits commis il y a longtemps, cela peut nous conduire à une erreur judiciaire parce que les preuves auront disparu”. Maîtres Haba, sachez que dans cette affaire les victimes sont tellement nombreuses qu’il faudra au moins plus de 150 ans pour que disparaissent toutes les preuves. N’oubliez pas que votre client et tous ses complices sont supconnés d’avoir perpertrer ce que l’on peut qualifier, sans aucun risque de se faire reprocher, de ‘’mini-génocide’’, c’est-à dire tueries en masse, aggravées par des viols et de disparitions de personnes.
il faut simplement dire qu'au states on évite souvent d’exécuter des peines de morts pour justement ne pas commettre les erreurs judiciaires,bref le défenseur semble ne pas être a la hauteur ,le prévenu DADIS est donc averti de trouver un autre conseil au risque de ne pas avoir de circonstance atténuante au cas ou.
Et après cette analyse correcte de la situation il demande de juger Dadis a Conakry ?
Quel pauvre avocat pourri...
Par ailleurs, dire qu'il a confiance en la justice guinéenne après toutes les dérives constatées depuis longtemps (des délinquants devenus magistrats, un pseudo procès avec l'affaire du 19 Juillet, des gens emprisonnés au-delà des délais légaux, des morts d'hommes en prison non élucidées, des affaires enterrées, du zèle éhonté pour certaines décisions,etc...) revient à dire qu'il est complice de cette faillite. Heureusement il est lucide sur l'incompétence en général des gens chargés d'appliquer ou de défendre le droit, dont l'amélioration passe par la formation. Malheureusement je ne vois aucun séminaire en la matière.
- « C’est une ignorance parce qu’il ne sait pas qu’il y a des modes de saisine de la Cour pénale internationale par le Bureau du procureur, par le Conseil de sécurité, ou bien par les États, ou par les ONG internationales ».
Me Haba, dans le cas du 28 Septembre, la CPI c’est autosaisi du dossier… Auriez-vous oublié cet autre mode de saisine ? C’est d’autant plus curieux que vous dites plus loin « que le Conseil de sécurité de l’ONU avait saisi de ce dossier le Bureau du procureur de la Cour pénale internationale qui, le 14 octobre 2009 ». Ceci après nous avoir servi le sermon erroné de la complémentarité de la CPI.
Me c’est votre justice qui, pour ce qui relèves des compétence de la CPI, ne peut pas se substituer à cette dernière. Et non l’inverse. Il ne faut confondre le souci de collaboration avec les États en vue de leur donner une chance de sauver la face à une soumission aux désirs et caprices des non-états. C’est parce que ces derniers existent que l’institution existe pour leur dire : « soit vous vous en occuper ou c’est moi qui le fait ». Voilà comment lire le langage non diplomatique de cette « complémentarité », qui vous semble si cruciale.
- « ….qui refuse de répondre aux questions qui lui sont posées à cet égard par le juge d’instruction…Il me semble que ce dernier cas est bien son cas car tous les Guinéens et le monde entier ont appris qu’il a dit publiquement avoir déposé à la CPI une liste de présumés commanditaires de ces malheureux et regrettables évènements ».
Avez-vous connaissance d’une quelconque convocation du « témoin – ignorant » Sékouba Konaté à laquelle il aurait refusé de répondre ? Ce serait une nouvelle à annoncer au monde entier, parce que pour l’instant on a plutôt l’impression que ce sont les victimes qui sont convoquées et interrogées. Votre « administration » aurait-elle la trouille du Général tout puissant qu’il était ? Vous aimez citer les articles, comme bon nombre de vos confrères, mais on se demande, souvent, si vous les lisez aussi.
- « Je leur demande d’être patients. Quand on connait le passé de notre justice, quand on sait ce qui se passe parfois, on se dit que nos morts seront morts pour rien. Moi je leur dit que ces morts ne mourront pas pour rien. Ils sont morts parce que tout simplement ils voudraient défendre une cause ».
C’est vrai ils sont morts pour une cause : dire « NIET » aux ambitions démesurées et armées de votre client. Qu’en pense t-il ? Est –il aussi pressé qu’eux ?
- « Le président Dadis dit qu’il a confiance en les lois de son pays ». Pourquoi donc avait – il suspendu la constitution pour s’imposer par les armes ? (1ere contradiction)
- « Son avènement aux affaires a été du coup du destin » : Un destin aidé de quelques milliers de PMAK tout de même !
- « Si nous savons ce que nous faisons très bien, ce que nous faisons même si nous voulons tricher, nous saurons que nous trichons. Mais nous saurons également couvrir cela »
Rassurez vous Me, c’est ce qui se fait déjà (couvrir). Même que la triche est violemment couverte par l’arbitraire et la démesure dans le mensonge publiquement flagrant.
- « Mais tant que ce n’est pas fait, personne ne fera confiance à la justice de notre pays ».
Vous vous contredisez un peu (beaucoup), non ? Comment votre client fait-il alors pour faire confiance en cette justice (2eme contradiction qui remet tout en question) : « l’ignorant » Sékouba n’a t-il pas finalement raison de viser la qualité (de la CPI) que la justice guinéenne n’est pas à mesure de s’offrir ?
- Enfin, je vous crois lorsque vous dites que «Les magistrats doivent être formés pour mieux exercer leur métier, c’est le plus grand mal l’incompétence. Je suis peiné de vous le dire mais nous sommes incompétents, y compris moi même qui vous parle».
Je vous crois sincèrement, mais me demande en même temps pourquoi alors vous traitiez l’autre d’ignorant mal conseillé qui ne fait pas confiance en votre justice ? D’autant plus que vous semblez douter de l’indépendance (aussi) de votre Justice.
Bref restons en là pour ne pas faire « ligne par ligne » au risque (pour moi) de passer pour un « PRO »- Sekouba Konaté aussi.
Je souhaite a tous les musulmans une bonne fête de l'Eid. Mes pensées vont a nos morts d'Ebola, aux Guinéens de l’intérieur qui font face a ce fléau, et a tous ceux qui ont péri pour une Guinée Libre.
Ce commentaire spécifiquement pour demander que l'article 115 s'applique a Mr. Jean-Marie Dore en ce qui concerne "l'empoisonnement".
Bien a vous
I.B.
DONC UNE SAISINE DE LA CPI RESTE LA SEULE ISSUE POSSIBLE S’IL NE VEUT PAS QUE LE DENI DE JUSTICE CONTINUE. À NOUS DE CONTINUER LA PRESSION POUR QUE CELA SE FASSE.
Faut-il dire merci à Me Haba d'avoir osé cette autocritique très rare chez les guinéens ?
Ourouro Bah








