Nzérékoré : un an après les violences intercommunautaires, la justice traine toujours les pas

Facebook Imprimer    

 

La Ligue guinéenne des droits de l’homme (LIGUIDHO) a publié, le 20 juin dernier, grâce au soutien financier d’OSIWA, un rapport d’enquêtes intitulé « Guinée : les victimes de Koulé, N’Zérékoré et Beyla demandent que justice soit faite, après les violences intercommunautaires de juillet 2013 Â».

Pour rappel, vers 3 heures du matin le 15 juillet 2013, le sieur Jean Soumaoro est soupçonné de la mort par coups de machette d’Ibrahima Kalil Kéita, dans une station-service à Koulé dont Jean Soumaoro assurait le gardiennage, au motif que la victime mortelle et ses deux compagnons venaient y commettre un acte de vol.

Le sieur Daouda Condé a démenti cette version de Jean Soumaoro en déclarant que ces trois messieurs étaient ses apprentis qui étaient de passage sur la route au bord de laquelle la station services est située quand Jean Soumaoro les a agressés tout en réussissant à donner la mort à Ibrahima Kalil Kéita qu’il accusait de tentative de cambriolage de la station-service.

Jean Soumaoro et feu Ibrahima Kalil Kéita appartiennent respectivement à l’ethnie guerzé et à l’ethnie konianké. Ces deux ethnies font partie des plus fortes communautés de la Guinée Forestière, au sud-est de la Guinée.

La mort d’Ibrahima Kalil Kéita a dégénéré en affrontements sanglants entre ces deux communautés à Koulé, N’Zérékoré et Beyla et a fait un bilan de :

  • 217 morts dont 73 femmes et 48 enfants,
  • 473 blessés dont 142 femmes et 104 enfants,
  • 12 personnes handicapées dont les membres ont été coupés à l’aide de machette,
  • 267 personnes portées disparues.
  • 13 églises et 11 mosquées détruites ou incendiées ainsi que des dégâts matériels très importants.

La LIGUIDHO a fait regrouper les victimes en organisation non gouvernementale (ONG), appelée l’Association des victimes de Koulé, N’Zérékoré et Beyla de juillet 2013 dont le sigle est AVIKNB et leur apporte un appui juridique pour la garantie de leur droit à un procès juste et équitable.

Mais, en ce jour, 15 juillet 2014, marquant le premier anniversaire de ces tristes événements, les enquêtes ouvertes en août 2013 piétinent toujours et la LIGUIDHO exprime ses vives préoccupations quant à la manière dont l’instruction se déroule dans ce dossier.

Cette instruction porte quasiment sur l’audition des victimes que de rechercher et de traduire en justice, les commanditaires et auteurs présumés des actes barbares et criminels commis lors de ces violences.

« Il n’y a pas de développement durable sans la justice, et l’impunité est le terreau de la criminalité », a déclaré Madame D, l’une des victimes basées à N’Nzérékoré.

C’est pourquoi, la LIGUIDHO demande :

  • au gouvernement guinéen de veiller à ce que les enquêtes judiciaires soient diligentées et que les auteurs ainsi que les commanditaires présumés des crimes commis répondent de leurs actes devant la justice en vue de rompre avec la culture de l’impunité,
  • à la communauté internationale et aux organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme de faire du lobbying sur les autorités guinéennes jusqu'à ce que justice soit rendue aux victimes.

La ligue guinéenne des droits de l’homme (LIGUIDHO) est une organisation non gouvernementale qui Å“uvre pour la promotion, la protection et la défense de l’ensemble des droits établis par les instruments juridiques de protection des droits humains. Son slogan est « agir ensemble pour les droits humains Â».


Ligue guinéenne des droits de l’homme


AAA_logo_guineeactu_article

 

Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
0 #6 Joseph Koly 26-07-2014 17:51

Je vous signale un fait qui vient illustrer l'etnocentrisme avere du pouvoir en place.
Je voulais dire dans les enquettes menees par nos autorites,il n'y a que le chef de quartier de Mohomou qui croupit en prison et rien d'autre.Pourtant ceux qui ont moleste le patriarche Molou Holomo Hazali courent librement dans la cite.Pourquoi?
Si ce mec alpha dans leur "deux poids deux mesure" ne fait pas attention,il risque d'etre vire un jour!
Citer
 
 
+5 #5 Joseph Koly 18-07-2014 17:56

AC a du pain sur la table avec ces tueries de 28 Septembre 2009,les violences entre peuls et malinke a siguiri,les cas de Zogota,Lola,Nzerekore,Beyla...Quelqu'un comme AC qui doit des comptes a rendre aux guineens de sa gestion pourra rendre justice,ou laissera la Justice faire librement son travail?Rien n'est sur!
Car on n'a pas UN HOMME GUINEEN EN LA CARRURE DE MADIBA.
Citer
 
 
+5 #4 Mahmoud 18-07-2014 11:01

500 morts dont le grimpeur se contrefout.
Autant de blessés dont il se contrefout également.
Tout ce qui l'intéresse, c'est d'essayer de dribbler ses opposants pour faire oublier ses lacunes et ses milliards de dollars (1 à 2) à l'ombre.
Citer
 
 
+4 #3 Féla Barry 17-07-2014 01:22

Croire en quelque chose « Dieu ou les principes immortels de 89», et ne pas le vivre dans sa chaire et son âme est malhonnête comme le disait Nelson Mandela, icône universelle du bon sens et de la lucidité en politique, il était la preuve vivante par l’exemple de la perfectibilité de l’homme par la raison. C’est en cela que les hommes égoïstes manquent de générosité et les méchants et autres cyniques d’humanité et de courage. Celui qui croit trop facilement, ce n’est pas qu’il soit plus doué qu’un autre pour la croyance ; c’est qu’il l’est moins pour le doute !!!
Citer
 
 
+6 #2 amadusdialamba 17-07-2014 01:06

Dure, dure pour toutes les familles victimes de cet incident qui a tourné en drame nationale. Je renouvelle toute ma compassion aux familles endeuillées ainsi que celles qui ont perdu des biens. Les enquêtes dans cette douloureuse violence communautaire qui a fait tant de victimes dans cette autre parie de la Guinée est comme lorsque tout le monde est en train de rechercher une aiguille qui se trouve cachée sous mes pieds. Quand est-ce qu’elle sera retrouvée ? Le jour de ma volonté ou jamais.
Citer
 
 
+1 #1 celloumbah 16-07-2014 23:54

Les guinéens vont attendre encore pour que justice leurs soit faite dans les différentes tueries qui s'est passées en guinée,
Citer