Déclaration conjointe de l’opposition républicaine

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L’opposition républicaine est informée de la rencontre tenue entre le président de la République et les commissionnaires de la CENI émanant de la mouvance présidentielle, de l’administration publique et de la société civile, à l’exclusion de ceux désignés par l’opposition.

L’opposition condamne vigoureusement cette approche discriminatoire et cette immixtion flagrante de l’exécutif dans le fonctionnement d’une institution dont le crédit est fortement lié à son impartialité et sa neutralité vis-à-vis de toutes les sensibilités politiques.

L'opposition déplore que cette malheureuse initiative ait eu la double conséquence de saper la cohésion au sein de la CENI et de la discréditer davantage au regard des compétiteurs électoraux en renvoyant d'elle l'image d'une institution traversée par des clivages de tous ordres et majoritairement soumise au diktat de l'exécutif.

L'opposition prend acte des directives indues adressées, à l'occasion de cette rencontre, par le président de la République à la CENI à laquelle il a enjoint de rejeter toute assistance technique provenant de la communauté internationale dans le but évident de la soustraire du concours d’une expertise internationale qui, pourtant, lui a toujours apporté plus de professionnalisme et de crédit.

En tout état de cause, l’opposition républicaine confirme qu’elle ne se laissera pas distraire de ses objectifs essentiels et réaffirme sa détermination à exiger la mise en œuvre totale des dispositions convenues dans le cadre de l’accord politique inter-guinéen du 03 juillet 2013.

D’ores et déjà, elle attire l’attention de la communauté nationale et internationale sur les violations répétées de cet accord dont les dispositions importantes suivantes demeurent à ce jour inappliquées :

l’engagement diligent de poursuites judiciaires sur les violences liées aux manifestations politiques organisées par l’opposition dans le cadre des élections législatives ;

l’indemnisation des victimes et ayant-droits des violences subies par les citoyens à l’occasion desdites manifestations ;

le respect du principe constitutionnel de neutralité du service public et l’accès équitable de toutes les sensibilités politiques aux médias d’Etat ;

l’organisation des élections communales avant la fin du 1er trimestre 2014.

A ces nombreux manquements s’ajoute le silence total qui entoure cette autre disposition de l’accord politique relative au recrutement par appel d’offres international du nouvel opérateur technique pour la révision du fichier électoral, alors que cette opération déterminante pour la régularité et la crédibilité de l’élection présidentielle de 2015 doit, selon le code électoral, débuter dans moins de cinq (5) mois.

En dépit de ces manquements graves dans la mise en œuvre d’un accord dont la conclusion a requis des sacrifices élevés et la mobilisation de l’ensemble de la communauté internationale, le pouvoir s’oppose résolument à tout dialogue avec l’opposition, afin de lever les obstacles à l’application des accords convenus.

L’opposition républicaine rappelle que sa présence à l’assemblée nationale ne lui retire pas le droit de manifestation et de cortège reconnu par la constitution. Elle n’exclut pas de recourir, dans les prochains jours, à des manifestations pacifiques sur les voies et places publiques au cas où l’impasse politique actuelle, volontairement entretenue par le pouvoir, se poursuivrait.

Elle appelle tous les partis politiques membres de l’opposition républicaine, indifféremment de leur présence ou non à l’Assemblée nationale, à se regrouper autour de leur idéal de changement et de démocratie vraie, pour empêcher l’enracinement en Guinée, d’un régime autocratique confisquant les libertés individuelles et collectives et exerçant une malgouvernance à la base de l’aggravation de la pauvreté et de la déchirure du tissu social.

L’opposition républicaine invite le peuple de Guinée à rester mobilisé pour la sauvegarde de ses acquis démocratiques et pour l’instauration en Guinée d’un régime favorable au respect des droits humains et à l’amélioration de la gouvernance politique, économique et sociale.


Conakry, le 2 mai 2014

Les partis politiques membres de l'opposition républicaine parlementaire et extra-parlementaire


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Commentaires  

 
+3 #4 A.O.T. Diallo 06-05-2014 17:30

Wow, c'est sur que le pouvoir va trembler de peur après avoir lu cette lettre...
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+2 #3 A Aziz BAH 06-05-2014 16:46

Je viens de lire la lettre que cette bête vient d’adresser au premier ministre. Nous savons tous qu’au delà de son titre de premier ministre, ce dernier n’a aucun pouvoir et aucune considération devant AC et son clan. Je me demande a quoi cette lettre servirait sinon que de ridiculiser l’opposition. L’opposition avait eu l’ultime occasion lors de la concertation de Juillet de tracer un chronogramme bien établi avec des dates bien définies pour non seulement les élections législatives, mais aussi et surtout pour les communales de 2014 et le recrutement de l’operateur pour l’échéance de 2015. Mais, hélas, nos opposants se sont contentés d’une simple déclaration d’intention lors de cette concertation de Juillet 2013. Qui disait que nous avons l’opposition la plus bête du monde contemporain ?
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+4 #2 Ousmane Ottawa 06-05-2014 13:23

"Lorsque l'on vend son jus de fruit au marché, il ne faut pas le vanter, mais le faire gouter. Ainsi c'est la langue qui plaidra à votre place." Sagesse africaine.
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+5 #1 amadusdialamba 06-05-2014 00:59

Arrêtons de proférer des menaces improductives et mettons-nous en action. La guerre de communiqués ne fera jamais bouger ces tortues sur leur ligne. Prenons l’exemple sur les syndicalistes, croyez-moi ou pas, s’ils maintiennent leur mot d’ordre de grève, ils obtiendront la totalité de leur revendication. L’Etat a suffisamment des moyens pour accéder à leur revendication mais sans le feu derrière il ne fera rien.
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