Communiqué de l’Observatoire Kisal sur la crise en République Centrafricaine

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logo_Tabital_Pulaaku_International_01La menace de disparition de la communauté peule de la République Centrafricaine interpelle personnellement Kisal, observatoire des droits humains pour les pasteurs nomades, en tant qu’organisation de la nation peule. Par ce communiqué, nous exprimons notre deuil pour les victimes, et notre consternation face aux exactions en République Centrafricaine. Nous appelons tous les amis des Peuls à se lever pour venir en aide aux victimes des violences et des massacres à caractères religieux et ethniques, dans ce pays.

Les Peuls de la République Centrafricaine sont depuis longtemps isolés, démunis, non-représentés politiquement et socialement. Les Peuls de ce pays n'appartiennent à aucun bord politique, leurs préoccupations quotidiennes se limitent à leurs bêtes et à leur survie.

Aujourd’hui ces Peuls sont des victimes de choix dans les violences déchirant le pays entier, et tout son peuple. En plus de leur statut précaire et isolé, ces nomades musulmans ont subi en toute impunité la cruauté des anti-Balaka, ces milices traquant ceux qu’elles appellent musulmans, dans un contexte de faillite de l’État, et de crises multidimensionnelle.

La passivité des troupes armées internationales, la masse réduite des cellules groupales des Peuls, ont aussi collaboré aux horreurs qui nous ont été rapportées par les Peuls survivants. Certains ont pu échapper à l’horreur en se réfugiant dans les pays limitrophes, notamment le Tchad et le Cameroun. Déjà, en 2013, plus de 15.000 réfugiés centrafricains sont arrivés au Tchad, parmi lesquels une majorité de Peuls victimes d’exactions diverses lors des mouvements des groupes armés de la Séléka. Depuis le début des conflits, ce sont près de 30.000 Peuls qui sont arrivés au Cameroun, depuis la République Centrafricaine. Aujourd’hui encore, en plus des nombreux déplacés et des atrocités commises par les anti-Balaka, plusieurs milliers de personnes restent entenaillées à l’intérieur de la République Centrafricaine, traquées par les bandes armées. Il nous est signalé chaque jour la disparition de nombreuses personnes amenées par les anti-Balaka. Leur sort reste très préoccupant.

Kisal, condamne et dénonce avec la vigueur la plus émue, les exactions, l’impunité, et la passivité qui détruisent la République Centrafricaine et son peuple.

Nous prions tous les amis des Peuls de se mobiliser pour aider à la fin des tueries en République Centrafricaine. Le conflit actuel installé, le pays entier court à sa fin, notamment ses composantes les plus fragiles, dont les Peuls.

Au sujet des Peuls, nos parents survivants nous ont rapporté des prémices de génocide les concernant : meurtres systématisés quelque soit l’âge et le genre, volonté exprimée des assaillants de les voir disparaître entièrement du pays, destruction de tous leurs biens, profanation de leur culture. Cela se spécifie cruellement par des infanticides, des actes de cannibalisme, des viols, des vols de bétail, tel qu’en attestent nos parents témoins.

Pour toutes les victimes, toutes les personnes en danger, il est temps que le monde ouvre les yeux sur l’effroyable horreur qui continue.

Nous demandons à tous de propager ce message, d’apporter une aide immédiate aux réfugiés, d’appuyer la conception et l’action des missions internationales, de commencer un travail visant à la Justice pour toutes les victimes centrafricaines, avec l’aide de nos communautés.

Kisal, se fera pivot de notre aide, pour cette situation, et pourra communiquer tout renseignement et contact nécessaires en notre possession, pour appuyer les communautés et organisations qui en appellent à nous, ou se réclament de nous.


Le 11 mars 2014


Cliquer pour lire le Mémorandum à l’endroit du gouvernement camerounais, du gouvernement tchadien, des agences humanitaires et de la communauté internationale


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