Front d’Union pour la Démocratie et le Progrès (FDP) : Déclaration N°8 – Sortir de l’impasse politique en Guinée

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BAH_Mamadou_Baadikko_4_01Plus que jamais, notre pays est plongé dans une grave crise politique et institutionnelle qui compromet sérieusement son devenir. Un an et demi après l’installation d’un président civil élu, le pouvoir en place se montre incapable d’organiser des élections législatives aux normes démocratiques, afin de clôturer la transition et de remettre le pays sur les rails du développement.

Après la lueur d’espoir que constituait l’élection présidentielle de juin 2010, la Guinée s’est réinstallée dans l’instabilité chronique qui a été son lot tout au long de son existence en tant qu’Etat indépendant.

Et pourtant, le dialogue inclusif tenu en janvier 2012 était une opportunité en or pour le pouvoir de rectifier le tir afin d’obtenir un consensus avec toute la classe politique pour aller à des élections apaisées dont les résultats seraient crédibles et reconnus de tous. Malheureusement, au cours de ces assises, le pouvoir du Professeur Alpha Condé est resté intransigeant sur la question fondamentale de la CENI, le nœud de la crise de confiance entre le pouvoir et l’opposition, tout en faisant en théorie, quelques concessions. Dans la pratique, nous avons rapidement constaté sur le terrain que les accords écrits touchant au processus électoral et à d’autres questions relevant des libertés n’étaient pas été respectés. Ce qui est d’une extrême gravité au regard de ce qu’on attendrait d’un pouvoir responsable, crédible, attaché à un minimum de moralité publique. En dépit des conclusions non équivoques du Dialogue inclusif, le pouvoir et la CENI qui lui est de fait inféodée, ont continué sur leur lancée d’organiser des élections non transparentes, pour une assemblée préfabriquée.

Ainsi, la CENI a bien demandé aux alliances politiques de présenter des listes pour regarnir les démembrements et dans les CARLE afin de revenir à la légalité qu’elle avait violée. Mais les nouveaux venus ont été de fait exclus, car ils ne seront pas pris en charge, contrairement aux représentants du RPG Arc en ciel. Sans même que nous ayons eu connaissance d’un rapport d’audit sur le fichier électoral comme le prescrivait le Dialogue inclusif, des kits informatiques d’enrôlement ont été dispatchés à travers le pays. Or, il a été partout constaté que ces kits ne contenaient aucun fichier à réviser! L’opération lancée par la CENI est un donc un recensement exhaustif qui ignore le fichier électoral ayant permis la tenue des élections en 2010, en violation des conclusions du Dialogue inclusif.

La CENI, a pris l’habitude, sans concertation sérieuse avec tous les acteurs politiques, de fixer des dates fantaisistes d’élections et un chronogramme. Nous avons d’abord eu la date du 29 décembre 2011. Elle n’a pas été tenue. Nous avons eu récemment celle du 8 juillet 2012 qui a été fixée de façon totalement arbitraire et irresponsable, comme si l’enjeu était autre chose que la tenue de l’élection. Cette deuxième tentative n’a pas été mieux réussie que la première.

On se retrouve donc avec un processus totalement bloqué, avec une population complètement exaspérée par la grave crise économique et sociale qui plombe le pays. Depuis que le présent débat a débuté, nous n’avons eu de cesse que de dénoncer la situation de la CENI qui est à la base de la crise actuelle et le nÅ“ud du problème. Toutes les solutions raisonnables que nous avons proposées pour y remédier ont été rejetées. Cette institution minée par la corruption, la gabegie et les batailles claniques, est incapable en l’état d’organiser une élection aux normes démocratiques. Elle l’a amplement prouvé avec deux reports successifs jamais sérieusement justifiés. Le bluff, les fuites en avant et les mensonges médiatiques éhontés, n’y changeront rien. La gangrène qui la ronge est sèche ; tant que la CENI actuelle, dans laquelle l’indispensable parité entre le pouvoir et l’opposition est rompue ne sera pas profondément reformée, elle sera incapable, de tenir des élections apaisées, aux normes démocratiques comme l’exige le peuple de Guinée.

Le débat politique actuel ne peut être celui entre des forces qui se disent du « changement Â» et d’autres qui seraient contre le «changement». La seule question qui est posée est celle de savoir : après des décennies de dictatures, de crimes, de divisions et de régression économique sociale et culturelle, allons nous enfin avoir une assemblée du peuple élue à l’issue d’élections libres, équitables et transparentes ? Cette revendication légitime ne peut être celle de ceux qui étaient avec le pouvoir du Général Lansana Conté ou qui étaient contre lui. Comme le RPG, nous avons lutté contre ce pouvoir et n’avons jamais eu à travailler avec lui. Mais l’enjeu est ailleurs car il est bien connu qu’aujourd’hui, aussi bien dans l’opposition que dans le pouvoir, il y a des personnalités marquantes issues de ce défunt pouvoir. Les tenants du pouvoir actuel doivent admettre l’impossibilité pour eux d’installer un nouveau Parti-Etat totalitaire à forte coloration communautaire, face à un peuple déterminé à conserver les acquis de la longue lutte pour la liberté et attaché à l’unité du pays. S’entêter à continuer dans cette voie est suicidaire.

Dans ce contexte, pour débloquer la situation et prévenir les dérapages incontrôlables qu’elle engendre, le FDP, partie intégrante de l’opposition, propose:

1. La suspension de toutes les opérations électorales en cours et le retrait des kits déjà envoyés sur le terrain. En tout état de cause, nous demandons à nos militants et sympathisants ainsi qu’à toute la population en âge de voter, de ne participer qu’à la simple révision des listes Ã©lectorales, à l’exclusion de tout nouveau recensement;

2. Que le Président de la République, garant du bon fonctionnement de toutes les institutions, constate que le mandat de cinq ans de l’actuelle CENI installée en 2007 est arrivé à expiration et qu’elle doit céder la place ;

3. Que des concertations s’engagent entre tous les acteurs politiques en vue de mettre en place une nouvelle CENI. Toutes les dispositions législatives à prendre se feraient en concertation avec le Conseil National de Transition.

 
Fait à Conakry, le 15 mai 2012

Le Comité de Coordination du FDP
Mamadou Bah Baadiko


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Commentaires  

 
0 #7 Comolam 22-05-2012 08:09

Citation en provenance du commentaire précédent de Gandhi:
Traoré, vous pensez ce que vous voulez. Moi je ne vois pas aujourd'hui ce qui obligera AC à appliquer les textes, en dehors des rapports de force. Ceux qui ne sont pas concernés n'ont qu'à rester tranquilles. Ce sont les commerçants qui ont le plus à perdre, puisqu'ils ne font pas de chiffre d'affaires. Pour les autres cela ne change pas grand chose. Et puisque tout va bien à Kaloum, je ne vois pas qui va se plaindre.
Le centre n'existe pas, donc n'a aucune représentation. Seuls les partis représentés aux présidentielles ont une représentativité susceptible de leur octroyer des représentants à la CENI.
J'ai fait une proposition de règlement de la CENI. Si quelqu'un voit mieux, qu'il le dise.

Gandhi,je ne crois pas qu'il faille attacher plus d'importance au chiffre d'affaire des commerçant qu'au citoyen lamda, il faudrait plus tôt répondre à la question de Mr Traoré;Comment restructurer l'actuelle CENI sans violer la loi? Voulons nous d'un fichier électoral qui appartient à la Guinée ou d'un fichier fait et contrôlé par les partenaires?
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+2 #6 Gandhi 18-05-2012 23:31

Traoré, vous pensez ce que vous voulez. Moi je ne vois pas aujourd'hui ce qui obligera AC à appliquer les textes, en dehors des rapports de force. Ceux qui ne sont pas concernés n'ont qu'à rester tranquilles. Ce sont les commerçants qui ont le plus à perdre, puisqu'ils ne font pas de chiffre d'affaires. Pour les autres cela ne change pas grand chose. Et puisque tout va bien à Kaloum, je ne vois pas qui va se plaindre.
Le centre n'existe pas, donc n'a aucune représentation. Seuls les partis représentés aux présidentielles ont une représentativité susceptible de leur octroyer des représentants à la CENI.
J'ai fait une proposition de règlement de la CENI. Si quelqu'un voit mieux, qu'il le dise.
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+10 #5 boubacar d doumba 17-05-2012 15:37

Le RPG et son chef ne se sont pas battus en réalité en vue d'instaurer des institutions démocratiques pour notre pays, mais juste pour s'accaparer de l'appareil d'Etat au profit exclusif d'un clan tribal et de quelques complices issus des autres régions naturelles.Cela doit être bien compris des vrais démocrates guinéens qui ont commis des erreurs dans le passé en faisant front commun avec le RPG qui les a bien manipulé et en dernier ressort a su tirer les marrons du feu et essaie à présent d'installer une dictature à l'image de celle du PDG
Was salam!
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+3 #4 Féla Barry 17-05-2012 15:21

ERRATUM !!!
Mr Traoré, je suis tout simplement admiratif de votre engagement républicain en plus de votre esprit critique citoyen, d'une rare constance. La religion de l’intérêt général commande un dénominateur commun auquel personne ne peut déroger, à plus forte raison, au seul nom de son destin, de président à vie: le despotisme et le messianisme politique ont vécu, révolus ! Que les acteurs politiques ne se dérobent point de leurs responsabilités historiques à garantir un minimum de transparence et de crédibilité à tout scrutin. Car il y va de l’enracinement de la de la démocratie, de la relance notre développement. Gage de toute paix sociale, ferment de l'attractivité économique de ce pays. Nous s'y avons tous intérêt comme viatique de la postérité. Car la Guinée nous survivra !!! Personne ne devra craindre pour sa vie et ses biens, du seul fait , qu'il ne soit pas de la même ethnie que celui qui préside aux destinées du pays. Un jour, y aura bel et bien, un président Nalou, Kissien, Koniagui, Baga ou Bassari. D’où la nécessité impérative que notre devise nationale soit vécue en âme et conscient dans tous nos actes au quotidien. Dans l'espoir que les clivages ethno soient résorbés au plus vite, par un sursaut civique national et pérenne. Toutes mes amitiés !!!
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+2 #3 Féla Barry 17-05-2012 14:46

Mr Traoré, je suis tout simplement admiratif de votre engagement en plus de votre esprit critique citoyen d'une rare constance. La religion de l’intérêt général commande un dénominateur auquel personne ne peut déroger, à plus forte raison au seul nom de son destin de président à vie: le despotisme et le messianisme politique ont vécu,révolus. Que les acteurs politiques ne se dérobent point de leurs responsabilités à garantir un minimum de transparence et de crédibilité à tout scrutin. Car il y va de la paix sociale et de l'attractivité économique de ce pays. Nous s'y avons tous intérêt, cela demeure un viatique pour la postérité, car la Guinée nous survivre. Personne ne devra craindre pour sa vie et ses biens du seul fait qu'il ne soit pas de la même origine ethnique de celui qui président aux destinées du pays. Un y aura bien président Nalou, Kissien, Koniagui, Baga ou Bassari. Dans l'espoir que les clivages ethno soient résorbés par un sursaut civique national et pérenne. Toutes mes amitiés !!!
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+1 #2 M.Traoré 16-05-2012 20:34

La rue comme plateforme pour les débats politiques ou un endroit approprié de la république et prévu par nos loi? Comment restructurer l'actuelle CENI sans violer la loi? Voulons nous d'un fichier électoral qui appartient à la Guinée ou d'un fichier fait et contrôlé par les partenaires?
A mon avis tous les leaders ont à gagner en tenant compte de l'agacement de la populations sur les tiraillements interminables entre pouvoirs et opposition.
(Suite)
Pour Alpha condé et son gouvernement sachez qu'on ne gouverne par en improvisant et en excluant les forces politiques d'un pays.
a l'opposition croyez moi que si la rue donne le pouvoir, il le reprendra un jour et d'une façon plus humiliante; les exemples n'en finissent pas dans ce cas.
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+4 #1 M.Traoré 16-05-2012 20:33

Une alliance responsable qui fait une lecture claire et non partisane de la situation de blocage politique qui prévaut en Guinée. Constatez la différence avec les discours bellicistes et violents des autres alliances( RPG arc en ciel et ADP + collectif). Nos leaders politiques manquent de responsabilité dans les discours qu'ils tiennent en ne tenant compte que de ce qui peut faire leurs intérêts. Cette irresponsabilité est caractérisée d'une part par l'attitude du gouvernement de soutenir les actes de la CENI sans un minimum de consensus pour rassurer l'opposition en payant à même le budget les frais d'entretien des opérateurs de saisie sans effectivité de travail accompli sur le terrain. Ensuite les discours musclés de Bantama et Saloum sont évocateur d'un mal être profond entre deux visions de l'exercice du pouvoir.
D'autre part, l'opposition fait des manifestations de rue un mode de blocage au détriment de la majorité de la populations de conakry qui peine à trouver la popote par jours. Il est temps de changer de stratégies pour ne pas faire le contraire des efforts déployés puisque concrètement, à part les partisans et sympathisants de l'opposition, les autres conakrykas qui ne se sentent d'ailleurs pas concerner par les revendications commencent à être agacé. l'exercice d'un droit ne doit pas empêcher autrui de jouir de sa liberté d'action et de circulation.
Maintenant que le mandat de la CENI expire il est important que les positions ne restent pas figer des deux côtés surtout si l'opposition veut rester républicaine, elle doit accepter la représentation du centre et des autres alliances notamment le FDP à la Ceni. Les Questions importantes qu'il faut précédemment régler est de savoir si nous voulons d'une CENI politiques ou apolitique et donc administratif?
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