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Ousmane Gaoual Diallo, député : « Je souhaite que cette Assemblée nationale soit dissoute »

Alsény Fadiga   Jeudi, 20 Août 2015 20:28

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DIALLO_Ousmane_UFDG_3_01Dans un entretien qu’il nous a accordé, Ousmane Gaoual Diallo, député uninominal de la préfecture de Gaoual, donne sa version des faits suite à son altercation avec Mamadou Diouldé Diallo, le PDG de TANE Corporation, après sa condamnation pour 18 mois assortis d’un sursis, par le tribunal de première instance de Mafanco. Le député jette un pavé dans la marre de l’exécutif et du législatif, en demandant la dissolution de l’Assemblée nationale, qui ne serait à ses yeux qu’une simple chambre d’enregistrement.


L’indépendant : L’incident qui s’est passé entre Mamadou Diouldé Diallo, le PDG de TANE Corporation, et vous continue d’alimenter les débats dans la cité. Dites-nous réellement ce qui s’est passé, M. le député.

Ousmane Gaoual Diallo : Disons qu’il y a eu un léger différend avec M. Diouldé. Un différend qui n’a entrainé ni coup ni blessure. Malheureusement une certaine presse a attiré l’attention de l’opinion publique, en diffusant et communicant de fausses informations. Cela a contribué à alimenter la chienlit verbale autour de ce sujet ordinaire et puis l’acharnement des autorités publiques. Qui se sont saisies de cette affaire, et définitivement pousser l’opinion de s’intéresser de la question. Celle-ci a essayé de comprendre ce qui s’est réellement passé autour de cette affaire. Mais, ce qu’il faut noter, c’est que pendant longtemps ni M. Diouldé ni moi ne nous sommes exprimés dans les medias. Or nous n’étions que deux. Il n’y avait aucun témoin. A défaut d’explication, je crois que les uns et les autres sont allés très vite en besogne. Une bonne partie de la presse s’est emparée du sujet. Beaucoup d’hommes politiques se sont mis à condamner l’acte de tel ou tel, sans avoir pris le temps de digérer, comprendre l’événement. Chacun à sa manière s’est érigé en juge et se permet de donner des leçons de morale à tel ou tel. Je pensais que c’étaient des réactions rapides que ne justifiait pas le sujet. La réserve a disparu. Les uns et les autres se sont mis à donner des jugements de valeur.


Que pensez-vous de l’attitude de Claude Kory Koundiano, le président de l’Assemblée nationale, qui a feint d’ignorer l’affaire ?

C’est une attitude regrettable, même honteuse, inexplicable, parce que lorsque les lois sont violées, lorsque la République ne marche pas suivant les prescriptions de notre constitution, il est du devoir du législateur de réagir. L’institution qu’il préside, qui est l’Assemblée nationale, est un contre-pouvoir. C’est une institution qui doit permettre la bonne marche de la démocratie. Ce n’est pas une chambre d’enregistrement. Le président de l’Assemblée nationale doit prendre de la hauteur, qu’il puisse s’exprimer sur un sujet lorsque les droits d’un député comme lui sont violés. Malheureusement, M. Koundiano s’est comporté en militant zélé d’une République en décadence. C’est déplorable, c’est pour cela que je souhaite que cette Assemblée nationale soit dissoute pour permettre au peuple de se retourner dans les urnes et de se donner d’une Assemblée nationale avec un président à la hauteur des évènements. Le président de l’Assemblée nationale s’est montré incapable d’assurer sa fonction. L’Assemblée nationale n’est plus crédible et n’a aucun intérêt.


Est-ce que cela sous-entend que votre démission de cette Assemblée nationale est imminente ?

Non, je ne démissionne pas. Je souhaite simplement que cette Assemblée soit dissoute, et c’est tout.


Quelle est votre lecture du processus électoral en cours ?

Disons, c’est une catastrophe. Un président de la République incapable de faire respecter les lois, incapable de respecter la constitution. Il nous conduit dans un processus électoral de tous les risques. Les Guinéens peuvent avoir peur du lendemain de l’élection présidentielle du 11 octobre 2015, parce qu’aujourd’hui, rien ne garantit que les Guinéens se dotent des moyens pour éviter un conflit. Tout est en train d’être mis au point par l’Etat. Les achats massifs d’armes de guerre, d’armes militaires pour préparer les événements postélectoraux. Aujourd’hui, le gouvernement investit à tour de bras pour l’achat des matériels de répression au lieu d’investir dans la sensibilisation, dans le respect et dans l’organisation d’un processus électoral crédible. Donc on a tout à craindre après cette élection.


L’UFDG va-t-elle participer à une élection dont elle doute des préparatifs ?

Je pense que la décision sera prise par le conseil politique avec le retour d’Elhadj Cellou Dalein Diallo. Mais comme il l’a toujours dit, c’est la position du parti, lorsque les conditions de transparence ne sont pas réunies pour aller à des élections crédibles et apaisées, nous n’irons pas. Notre refus d’aller aux élections ne va pas seulement se limiter à un boycott, il consistera absolument à empêcher le déroulement des élections. Et nous prendrons nos dispositions pour que l’ensemble du pays ne puisse pas voter, si on ne prend pas part à ces élections.


Où en êtes-vous dans l’alliance UFDG-FPDD?

C’est une alliance qui est en train d’évoluer. Les états-majors collaborent étroitement. Nous préparons ensemble le retour de Dadis. Du point de vue protocolaire, nous n’avons pas encore signé. Nous voudrions attendre que le président Dadis soit en Guinée pour donner un certain poids à la signature de cette alliance. 


Le président Sidya doit rencontrer Alpha Condé ce lundi (NDLR, 17 août). Que cela vous inspire-t-il ?

C’est une bonne chose. Sidya Touré est un leader qui compte dans le paysage politique guinéen, donc tant mieux si cette rencontre permet de déboucher sur une solution. C’est extraordinaire, les Guinéens veulent des solutions. Le président de la République est aussi libre de rencontrer le citoyen qu’il veut rencontrer, et à tout moment.


Avez-vous un dernier message à lancer ?

Le peuple de Guinée doit redoubler de vigilance parce qu’on voit le retour des complots. Nous sommes dans la dictature version Alpha Condé - RPG Arc-en-ciel.


Alsény Fadiga
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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