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Etats généraux de la société civile, Dadis, Sidya Touré : les vérités d’Abdourahamane Sano
Alsény Fadiga Vendredi, 22 Mai 2015 15:45
Dans l’entretien qu’il nous a accordé, le président de la Plateforme nationale des citoyens unis pour le développement (PCUD), Abdourahamane Sano parle des préparatifs des états généraux de la société civile guinéenne, de la candidature de Moussa Dadis Camara et répond à Sidya Touré...
L’Indépendant : Où en êtes-vous Monsieur le président avec les préparatifs des états généraux de la société civile guinéenne initiés par votre structure, la PCUD ?
Abdourahamane Sano : Les préparatifs évoluent très bien. Nous avons terminé avec toutes les phases préliminaires, à savoir l’information, la concertation, le partage avec les familles de la société civile, les échanges avec les acteurs de la société civile guinéenne à Conakry, comme dans les préfectures. Aujourd’hui, cela nous a permis de toucher plus de 700 organisations de la société civile. Et précisément 767 organisations de la société civile, voire 800, ont été touchées sur toute l’étendue du territoire national. Ça c’est un acquis important parce qu’à la date d’aujourd’hui, dans les préfectures et dans les régions, nous avons les points focaux qui sont pratiquement installés par le comité d’organisation des concertations et nous allons maintenant vers la mise en place du comité de pilotage et le lancement des concertations dans les préfectures au niveau de la diaspora avant les assises proprement dites.
Ces états généraux initiés par la PCUD ne sont pas vus d’un bon œil au sein de toute la société civile. Qu’en est-il réellement ?
Ecoutez, il est très difficile de faire l’unanimité. Au départ c’était très difficile. Même la presse en a fait écho, mais l’écrasante majorité était déjà tout de suite dans la dynamique parce que tout le monde voit la nécessité de la société civile pour reconstituer ou restaurer sa crédibilité, sa légitimité, tout le monde sait que la société civile a perdu en crédibilité, a perdu en légitimité et n’est plus représentative des aspirations des citoyens. Et c’est un défi pour nous, en tout cas, de faire de sorte que la société civile puisse être utile dans notre pays. Donc aujourd’hui nous tendons vers l’unanimité et je crois que cela devrait être possible avec l’évolution de la situation.
Le CNOSCG, l’une des principales organisations de la société civile guinéenne, s’opposerait carrément à la tenue de ces états généraux. Comment comptez-vous les faire adhérer à cette initiative ?
Ecoutez ! j’ai dit bien que nous tendons vers l’unanimité, et je crois tout le monde va se retrouver dans la dynamique des états généraux de la société civile et la lecture de la situation a évolué. Il y a eu beaucoup d’informations, je crois à l’unanimité des uns et des autres.
Sur le retour et la candidature de Moussa Dadis Camara à la présidentielle de 2015, avez-vous un commentaire, Monsieur Sano ?
Ecoutez ! Que le président Dadis vienne en Guinée c’est chez lui. C’est tout à fait logique qu’il vienne dans son pays. Il est vrai malheureusement qu’il y a des dossiers. Je crois que, pour avoir été le premier citoyen de ce pays à un moment donné, lui-même n’est pas opposé à ce qu’effectivement il puisse être interpellé par rapport à ce dossier. Donc, je ne vois pas de mal à ce qu’il vienne en Guinée.
Que répondez-vous aux propos de Sidya Touré, selon lesquels la société civile devrait s’impliquer dans le combat pour le changement plutôt que jouer à la médiation entre le pouvoir et l’opposition ?
Dans le contexte actuel, les acteurs de la société civile doivent être conscients de leurs limites. Et c’est pour ça que nous avons lancé les états généraux de la société civile, parce que, aussi longtemps que les acteurs de la société civile seront des affiliés politiques, et aussi longtemps que ces acteurs ne se seront pas remis en cause par rapport à certains comportements qu’on connaît encore aujourd’hui, d’ailleurs qu’on a connus très fortement dans le passé, les acteurs de la société civile ne pourront pas influencer le cours des choses. Ces propos de Sidya Touré permettront aux acteurs de la société civile d’être conscients des faits, pour tirer les leçons de ce qui a marché et de ce qui n’a pas marché, et pour qu’en dehors de toute démagogie et de toute hypocrisie, nous puissions en prendre conscience. Nous avons besoin de la confiance des citoyens et pour cela, il faut que nous soyons des acteurs indépendants, impartiaux et qui soient accrochés aux idéaux qui nous engagent. Cela passe par le respect strict de nos règles, principes et valeurs, la démagogie ne peut pas nous arranger. On ne peut pas continuer dans ce sens. Les acteurs de la société civile doivent prendre conscience de cette remarque de Sidya Touré, et moi je considère cela comme une interpellation qui devrait pouvoir attirer notre attention.
Alsény Fadiga
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
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