Aboubacar Sylla : « On ne peut pas faire porter à Cellou Dalein le maintien de Waymark »

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SYLLA_Aboubacar_9_01Report de la date des élections communales et communautaires, la rupture du dialogue politique entre mouvance et opposition, les graves accusations de Jean-Marie Doré contre le leader de l’UFDG, Cellou Dalein, à propos du maintien de Waymark, voici ce qu’en pense le président de l’Union des forces du changement (UFC) et porte-parole de l’opposition républicaine, Aboubacar Sylla.

L’indépendant : La CENI a annoncé le report sine die de la date des élections communales et communautaires. Comment ce report est-il perçu par l’opposition ?

Aboubacar Sylla : Nous sommes inquiets mais modérément surpris. Nous avions déjà exprimé notre crainte que le pouvoir ne fasse tout pour retarder la tenue de ces élections communales en s’organisant de manière à justifier ce report par des questions d’ordre financier. Malheureusement, nos craintes viennent d’être confirmées. Puisqu’il n’y a pas de chronogramme pour les élections communales et mieux que cela, il n’y a pas de discussions ni de dialogue autour des causes de ce retard et des perspectives d’élaboration d’un autre calendrier électoral conforme à l’esprit de l’accord du 3 juillet. Nous sommes donc dans une impasse totale. D’une part, vous avez une CENI qui attend un accord politique pour élaborer son agenda électoral et d’autre part, vous avez une mouvance présidentielle qui est allergique à tout contact avec l’opposition. Il y a une rupture totale et aucune perspective de dialogue ne pointe à l’horizon. On est donc dans un véritable cercle vicieux. Nous, nous avons interpellé le pouvoir à maintes reprises pour mettre en place ce cadre de concertation. Mais, il continue pour des raisons évidentes à faire la sourde oreille. Nous allons attendre la très prochaine rentrée parlementaire, la session des lois du 5 avril… Au cours de cette session, nous allons essayer de créer un cadre de concertation avec la mouvance présidentielle. Mais si on échouait dans cette tentative et si la mouvance présidentielle restait fermée à toute possibilité de dialogue et de discussion des conditions de délai et de transparence pour ces élections communales et pour l’application des autres dispositions de l’accord politique du 3 juillet 2013, nous n’aurions plus d’autre choix que de reprendre nos manifestations pacifiques sur les places et sur les voies publiques conformément aux dispositions de la loi.


Donc à votre avis, cet argument d’ordre financier et technique avancé par la CENI ne tient pas ?

Absolument pas. Parce qu’il y a des arrière-pensées politiques qui ont amené à cette impasse. La loi de finances 2014 qui devrait en principe être examinée par les députés fraîchement élus, a été déposée en catimini et par anticipation au niveau du CNT pendant que l’installation de la nouvelle Assemblée était volontairement retardée. Tout simplement parce que le pouvoir sachant qu’il n’y avait pas inclus le budget électoral pour les communales était persuadé qu’avec une Assemblée nationale dont fait partie l’opposition, cette question aurait été posée. On l’aurait donc amené à l’intégrer. Le gouvernement s’est ainsi précipité pour déposer son projet au CNT qui s’est révélé n’être qu’une simple chambre d’enregistrement, une caisse de résonnance du pouvoir… Comme on s’y attendait, le CNT, en dix jours, a adopté la loi de finances, alors que la constitution lui accorde un délai de 60 jours pour cet exercice. Finalement, on a aujourd’hui un gap d’environ 100 milliards de francs guinéens qui manquent au budget de la CENI. Pour recevoir une nouvelle allocation, il lui faut en principe nécessairement attendre une loi de finances rectificative. Car nous ne nous faisons pas d’illusions. Même les élections législatives qui sont un grand enjeu national, n’ont été financées qu’à hauteur de moins de 30% par la communauté internationale. C’est le gouvernement guinéen qui a financé plus des deux tiers du coût des élections. Pour les communales, aucun financement extérieur significatif n’est à espérer. Ce sont des élections locales qui ne sont pas censées constituer un enjeu politique majeur. Donc, c’est l’Etat seul qui va vraisemblablement supporter le poids de leur financement. Or, l’Etat n’a prévu à ce stade aucune dotation budgétaire à cet effet. Il faut attendre donc une loi de finances rectificative qui va intervenir quand ? Bref, il y a une volonté politique réelle de maintenir le statu quo qui arrange le pouvoir. Puisque les délégations spéciales installées en lieu et place des maires, les maires ruraux, les chefs de quartier, qui sont tous nommés sont à la dévotion du pouvoir, sont des militants du RPG ou en tout cas des sympathisants dévoués ou des fonctionnaires sous ordre. En tout état de cause, le pouvoir souhaiterait aller à l’élection présidentielle avec ces mêmes personnes qui vont jouer le même rôle que lors des dernières élections législatives. C’est-à-dire, contribuer aux bourrages des urnes, à la mobilisation et à la sensibilisation des électeurs en faveur de la mouvance présidentielle. Ce que l’opposition républicaine n’acceptera pas.


Vous affirmez qu’il y a aujourd’hui de la part du pouvoir une volonté manifeste de retarder la tenue des élections communales. Et pendant ce temps, du côté de l’opposition, certains leaders comme Cellou Dalein ou Sidya Touré, ont déjà commencé à remobiliser leurs troupes à la base par des tournées qui ont des allures de précampagne. Comment comprenez-vous cette démarche surtout sachant qu’il n’existe encore aucun chronogramme pour la tenue de ces élections ?

Vous savez, un parti politique est perpétuellement en campagne électorale. Les leaders politiques ont intérêt à ne pas couper les contacts avec leurs structures à la base. C’est ainsi que systématiquement, tous les partis politiques dignes de ce nom, ont des programmes annuels de rencontre avec les différentes structures aussi bien au niveau national qu’au niveau de la base. C’est dans ce cadre donc que s’inscrivent les tournées de ces leaders qui, par ailleurs, pour certains en tout cas, ont décidé d’aller remercier leurs électeurs à la suite des élections législatives. Au jour d’aujourd’hui, nous n’avons absolument aucun chronogramme. Mais nous avons publiquement déclaré notre exigence à ce que ces élections aient lieu en 2014. Nous sommes dans cette logique. Mais, la situation est d’autant plus compliquée qu’il y a deux questions fondamentales qu’il faut résoudre avant d’envisager l’adoption de tout agenda pour les futures élections. Et cela n’est possible que dans le cadre d’un dialogue politique.

Premièrement, est-ce qu’on garde l’actuelle CENI avec tout ce qu’elle nous a montré comme défaillances et comme limites lors des élections législatives ? Faut-il la maintenir en l’état ou faut-il la réorganiser, la recomposer ou la restructurer partiellement ou totalement ? Et en cela, le rapport de la mission d’observation électorale de l’Union européenne, est particulièrement intéressant. Puisque l’Union européenne a proposé une étape intermédiaire entre une CENI politique comme cela est actuellement le cas et une CENI technique comme souhaité à terme par toute la classe politique. L’UE a en effet suggéré que l’on réduise l’effectif actuel de la CENI, tout en créant en dessous de celle-ci une administration technique électorale qui va exécuter les tâches techniques réelles d’organisation des scrutins. Les membres de la CENI reformée se contentant alors d’effectuer une mission d’orientation, de supervision et de contrôle. Il s’agit-là, de notre point de vue, d’une idée qui mérite d’être explorée et discutée. Il n’est un secret pour personne que les membres actuels de la CENI n’ont pas été choisis sur des bases de compétence technique mais sur des critères essentiellement politiques en raison de l’exigence de parité qui était à la base des mesures de restructuration entreprises en 2012.

La seconde question, c’est celle de l’opérateur technique qui devrait être chargé de la résolution des défaillances et autres insuffisances qui ont été constatées pendant les élections législatives. Nous avons tous suivi les critiques fondées qui ont été formulées sur la cartographie électorale avec la localisation inappropriée de bureaux de vote, leur éloignement de plusieurs dizaines de kilomètres de certains électeurs, le cas de personnes enrôlées notamment lors du recensement additionnel qui a suivi la signature de l’accord politique après le dialogue mais qui ont été omises sur les listes. Il y a même certaines personnes qui figuraient sur le fichier 2010, qui ne se sont pas retrouvées sur le fichier 2013, les sureffectifs de certains bureaux de vote, les opérations de monitoring et d’arbitrage qui n’ont pas été appliquées sur la totalité des données enregistrées, la vérification de l’effectivité de l’écrasement et du retrait du fichier de plus de 400.000 électeurs indument enrôlés en mai 2012 principalement dans les fiefs de la mouvance présidentielle, etc... Le comité de suivi avait accordé un délai de 4 jours à la CENI, entre le 24 et le 28 septembre 2013 pour procéder à la correction de ces anomalies. Ce délai était manifestement insuffisant et la CENI n’a d’ailleurs manifesté aucun empressement ni la moindre volonté pour le faire.

La question se pose donc de savoir qui va procéder à ces réaménagements et corrections sur le fichier électoral avant les élections communales. Parce que la CENI qui n’est plus censée être en contrat avec Waymark-Sabari ne dispose pas des compétences internes nécessaires pour exécuter ces tâches. Est-ce qu’il faut attendre le recrutement de l’opérateur technique prévu au titre de l’accord du 3 juillet avec le risque de reporter la tenue des élections communales de plus de 6 mois ? Ou alors, faut-il recruter des experts indépendants en accord avec toutes les parties pour faire effectuer ces corrections et résorber les insuffisances constatées avant d’aller aux élections communales. Tout cela nécessite un débat qui n’a pas nécessairement vocation à se tenir au sein du parlement. Ce n’est en effet pas l’Assemblée Nationale qui décide du recrutement d’un opérateur technique ou de la fixation de la date des élections. C’est dans un cadre de dialogue politique qu’on aurait pu le faire avec comme toile de fond, les dispositions non encore appliquées de l’accord politique inter guinéen du 3 juillet. Il y a une série d’interrogations qui ne sont pas encore répondues et qui ne peuvent l’être que dans le cadre d’un dialogue. Mais, puisque la volonté politique est totalement absente du côté du pouvoir, nous envisageons une ultime tentative lors de la session des lois de l’Assemblée nationale qui s’ouvre en principe le 5 avril mais qui le sera précisément le 7 avril, le premier jour ouvrable suivant. Si nous n’avons pas de solution à ce niveau, ce qui semble probable, nous n’aurions plus d’autre choix, comme on l’a fait en 2012 et 2013, que de mettre la pression sur ce pouvoir pour l’obliger à respecter les engagements auxquels il a librement souscrit le 3 juillet dernier. En d’autres termes, nous initierons des manifestations publiques et continues dans le but d’amener les autorités de ce pays à appliquer les accords convenus, à savoir, entre autres, l’organisation des élections municipales, le recrutement du nouvel opérateur de fichier de façon transparente, l’identification et la poursuite judiciaire des auteurs et commanditaires de violences exercées sur nos militants à l’occasion de nos manifestations publiques, l’indemnisation des victimes des forces de l’ordre et de leurs ayants droit, le respect de la neutralité effective de l’administration publique.


Au regard de toutes ces impasses, est-ce que l’opposition peut être aujourd’hui réceptive à cette proposition qui voudrait qu’on couple les élections présidentielles de 2015 avec les élections communales ?

Non. Cela ne résout pas notre problème. Notre problème, c’est qu’avant des élections majeures comme l’élection présidentielle de 2015, on dispose de collectivités locales représentées par des personnes issues des suffrages librement exprimés par les citoyens. On ne veut pas que l’élection présidentielle survienne alors que des fonctionnaires, des militants zélés et autres activistes du RPG continuent, en toute illégalité et sans aucune légitimité, à occuper ces postes pour lesquels ils n’ont reçu aucun mandat des populations. Donc si l’on couple ces deux élections, ce résultat ne sera pas atteint.

Deuxièmement, au premier tour de l’élection présidentielle de 2010, plus de 20% des votes ont été annulés parce que des centaines de milliers de citoyens ne savaient pas comment cocher leur bulletin de vote et le glisser correctement dans l’urne. Et plus récemment, lors des dernières législatives de 2013, on a dénombré près de 15% de bulletins nuls toujours à cause du manque de maîtrise des conditions de vote par de nombreux électeurs. Alors imaginez qu’on aille coupler deux élections, une élection présidentielle qui est nationale et une élection communale qui est locale. Ce serait une situation complexe aussi bien pour les votants que pour la CENI qui a déjà tant de mal à organiser des élections simples. Qu’en serait-il alors des élections couplées ? Nous risquerions fort de nous retrouver dans un schéma véritablement kafkaïen et dans un scénario de chaos qui va générer des contestations de résultats avec tout le potentiel de violences que recèlent de telles situations.


A propos du maintien ou de l’acceptation de l’opérateur technique sud-africain, Waymark, l’ancien Premier ministre et président de l’UPG, Jean-Marie Doré, a récemment accusé le président de l’UFDG d’avoir trahi l’opposition. Qu’en pensez-vous ?

Je vous assure qu’il s’agit d’affabulations pures et simples. Jean-Marie Doré n’a dit que des contre-vérités. Je l’ai écouté moi-même dans son intervention sur cette question. C’était plus un règlement de compte que la relation de faits effectivement vécus. C’est parce qu’il rend le leader de l’UFDG responsable du manque de soutien de l’opposition pour son élection à la présidence d’abord, puis à la 3e vice-présidence de l’Assemblée nationale qu’il s’est livré à cette attaque en règle contre Cellou Dalein. Il estime également que Cellou est le commanditaire des attaques publiques qu’il a subies de la part de députés de l’UFDG qui n’ont pas pu retenir leur indignation devant ses voltefaces répétées. Doré a donc voulu régler ses comptes et l’a fait dans des conditions où ni l’éthique ni la morale ne trouve son compte. Il a dit des contre-vérités qui ne sont pas dignes d’un homme de son âge, de son passé et de sa trempe. Quelqu’un qui a été Premier ministre, chef d’un gouvernement de transition, se doit de mettre la barre des débats à un niveau assez élevé. Mais faire le tour des médias en y tenant des propos qui jurent avec la vérité dans l’unique dessein de nuire à un rival politique n’est pas une démarche républicaine. Quand il dit que c’est Cellou Dalein qui aurait levé la main le 3 juillet pour demander la parole et exprimer son accord pour le maintien de Waymark en raison des assurances de Saïd Djinnit, c’est extrêmement grave.

L’acceptation de Waymark a été un processus qui ne s’est pas passé en une journée. Nous avons organisé des marches, il y a eu des morts, des blessés, des interpellations, des dégâts matériels considérables pour le départ de Waymark, entre autres revendications. Parce qu’on avait trois revendications essentielles: le départ de Waymark, le vote des Guinéens de l’étranger et la restructuration de la CENI. Donc, la question de Waymark était fondamentale, on l’a donc discutée longtemps. Le dialogue a duré plus de trois mois et il portait essentiellement sur la question de l’opérateur technique puisque la restructuration de la CENI avait déjà été obtenue. L’accord a été signé le 3 juillet, ce n’est pas le 3 juillet qu’il a été rédigé. Il a été rédigé bien avant, discuté et amendé par l’opposition républicaine. Nous nous sommes retrouvés en plénière et nous avons lu, mot à mot tout cet accord. Finalement un consensus s’est dégagé autour d’un projet d’accord consensuel de l’opposition que nous sommes partis soumettre en plénière au Palais du peuple à la mouvance présidentielle et aux autres parties prenantes au dialogue, à savoir le gouvernement, la CENI et les représentants de la communauté internationale. C’est lorsqu’il nous a semblé que les facteurs d’une mise effective sous contrôle de Waymark était réunis que l’opposition a accepté le maintien conditionné de cet opérateur. Il fut déployé près d’une vingtaine d’experts dont certains de l’opposition et d’autres de la communauté internationale pour contrôler l’exécution technique de la mise à jour du fichier électoral et de la production des documents électoraux. Une procédure de recensement additionnel a été mise en marche, des opérations de monitoring, d’arbitrage et de dédoublonnage interne et externe introduites dans le planning des opérations électorales, des structures de veille et de suivi mises en place, le mandat de Waymark limité simplement à la révision du fichier et à la distribution des documents électoraux. En aucun cas donc, Waymark ne devait être impliqué dans le vote proprement dit et dans la totalisation des résultats qui a été rendue manuelle pour éviter toute sorte de fraude. On a limité dans le temps la mission de Waymark en faisant en sorte qu’il soit congédié dès après les législatives pour qu’un nouvel opérateur soit recruté sur la base de critères de transparence et d’impartialité. C’est avec toutes ces conditionnalités que nous avons accepté Waymark. Il s’agit d’un «package», il ne faut pas sortir l’acceptation de Waymark des conditions qu’on a posées et qui ont été acceptées pour son maintien. Donc, ce n’est pas Cellou Dalein qui a décidé tout seul de l’acceptation de Waymark. Au contraire, il a été toujours quelqu’un qui a joué le consensus, qui n’a jamais voulu montrer qu’il est leader d’un parti dominant à tendance hégémonique. C’est d’ailleurs grâce à cet esprit de tolérance et de partage que l’unité de l’opposition a pu être préservée si longtemps. D’ailleurs si Cellou seul avait décidé du maintien de l’opérateur technique, est-ce que les autres leaders allaient se taire pendant tout ce temps et accepter d’aller aux élections sans l’avoir jamais dénoncé ? Les accusations de Doré ne sont donc pas crédibles d’autant que même la presse sait que Waymark a été maintenu dans l’accord, il ne l’a pas été verbalement. C’est l’accord qui maintient Waymark avec toutes les conditionnalités que j’ai énumérées tantôt. Or, cet accord a fait l’objet d’une négociation pendant des mois, il a été discuté par toutes les parties et tout le monde était présent au Palais du peuple pour participer activement au dialogue. J’y étais présent avec Cellou, Kouyaté, Sidya, Baadiko, Baïdy Aribot, Mouctar Diallo, Telliano, Doré, Sékou Konaté, Pascal Tolno, bref, tous les leaders présents à Conakry. On ne peut donc pas faire porter le chapeau à Cellou Dalein bien au contraire, il s’est aligné sur un consensus qui était dégagé après de longues concertations. A propos de l’opérateur, je pourrai aussi ajouter que c’est une autre source d’inquiétudes pour ces élections communales. Normalement, l’opérateur technique doit être recruté et rendu opérationnel au plus tard en septembre de cette année. Parce que la période de révision du fichier comme le prévoit le code électoral est le dernier trimestre, du 1er octobre au 31 décembre. Ce qui veut dire que d’ici le mois de septembre, il faut qu’on ait rédigé les cahiers des charges, lancé l’appel d’offres international, attendu 3 mois, parce que c’est le délai légal d’après le code des marchés publics pour un appel d’offres international, qu’on ait dépouillé les propositions, négocié et conclu le contrat, qu’on ait payé les premiers acomptes, que l’opérateur ait eu le temps de commander et d’acquérir le matériel, de le configurer, de l’acheminer en Guinée, de venir recruter au moins 4 mille opérateurs techniques locaux, de les former, de les déployer avec leurs kits informatiques partout en Guinée et dans les hameaux les plus reculés, au plus tard avant le mois d’octobre. Et au stade où on est aujourd’hui, il n’y a même pas de cahier des charges rédigé. La CENI a évidemment besoin d’une assistance technique pour élaborer ce cahier des charges pour la sélection de l’opérateur. Parce que la mission de cet opérateur va être un peu complexe puisqu’il va hériter d’un lot hétéroclite de kits de la Sagem et de Waymark avec des systèmes et des bases de données différentes… Qu’est-ce qu’il doit faire ? Est-ce qu’il doit mettre tout cela au rebut, est-ce qu’il doit intégrer ces kits dans le lot d’équipements qui doit être déployé sur le terrain ? Quel est le système et les logiciels qu’il doit adopter ? C’est assez compliqué et rien n’est fait encore. Alors qu’on est à 6 mois du mois de septembre et qu’aucune décision n’est prise. On dirait qu’il y a une volonté manifeste d’utiliser cet autre argument, en plus des prétextes financiers, pour retarder les échéances communales.


Interview réalisée par Camara Moro Amara
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+15 #3 A.O.T. Diallo 31-03-2014 21:17

Citation en provenance du commentaire précédent de JEAN-PIERRE GUILAVOGUI:
Mes amis ..q's center questions center mentor vet nous app render a u jour d'art sur une situation Claire comments L'AmourdDe rocher.
Si I'll fit last verity aloes poisons last question suitable pourquoi nous a ions marche?
Pourquoi..les..morts.alors???? Et enfin ou sont passes nos revendicationss?
Au lieu.de.nous.rencontrer.sa.vie.de.leader.selfish.d'opportuniste.et.d'arriviste..ce.mentor.a.boite.d'enregistrement..d'unleadeur.irresponsable.ce.Sylla.il.faut.reflechir.avant.de.parler.
Alors.avez.vous.attendu.tout.ce.temps.la.avant.de.cette.declaration.

Cher Mr, la seule chose que j'ai compris dans votre commentaire c'est votre nom. Prière vous relire avant de poster la prochaine fois sinon vous perdez votre temps car vous serez zappée a tous les coups immédiatement...
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-4 #2 JEAN-PIERRE GUILAVOGUI 31-03-2014 10:09

Mes amis ..q's center questions center mentor vet nous app render a u jour d'art sur une situation Claire comments L'AmourdDe rocher.
Si I'll fit last verity aloes poisons last question suitable pourquoi nous a ions marche?
Pourquoi..les..morts.alors???? Et enfin ou sont passes nos revendicationss?
Au lieu.de.nous.rencontrer.sa.vie.de.leader.selfish.d'opportuniste.et.d'arriviste..ce.mentor.a.boite.d'enregistrement..d'unleadeur.irresponsable.ce.Sylla.il.faut.reflechir.avant.de.parler.
Alors.avez.vous.attendu.tout.ce.temps.la.avant.de.cette.declaration.
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-5 #1 mohamed diaby 30-03-2014 14:08

Prions Dieu que EBOLA finisse vite sinon on pourra pas et on ne devrait pas enfreindre aux principes dhygiene collective en organisant des manifestations de masse tout le temps violentes.
Il faut murir cela dans tous les etats majors des partis politiquesDeja vous le dites que nous avons une mouvance présidentielle qui est allergique à tout contact avec l’opposition,est ce que ce nest pas pour eviter une contamination de masse.Avec EBOLA faisons moins de politique.Cette fois ci au moins nous avons quelque chose autour de laquelle lunite nationale peut prevaloir:la lutte conte EBOLA.
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