ATT : « ...Un troisième mandat ne s’est jamais posé dans ma tête »

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TOURE_Amadou_Toumany_ATT_3_01En ce vendredi 29 juillet, le Palais de Koulouba se dresse majestueusement sur une des collines les plus élevées de Bamako. La nature verdoyante entretenue par la pluie qui s’est abattue la veille sur la capitale malienne fait ressortir davantage la blancheur des bâtiments. A l’intérieur, Amadou Toumani Touré, plus connu sous le sobriquet d’ATT, Président du Mali, s’apprête à recevoir ses audiences de l’après-midi.
Et c’est dans une ambiance décontractée qu’il a reçu votre serviteur au Salon Macina pour environ une heure d’entretien qui va montrer un ATT soucieux de bien gérer les dix derniers mois qui lui restent à la tête de son pays pour une sortie en apothéose.


Président, plus qu’une dizaine de mois à passer à la tête du Mali et lors de votre dernière conférence de presse marquant la date anniversaire de votre investiture, vous avez eu à déclarer : « Il est dans mon intérêt que le Mali ait un nouveau Président en 2012. » Qu’avez-vous voulu dire exactement ?

D’abord je suis malien et en tant que tel, je souhaite que le Mali ait un bon Président. Ensuite la meilleure manière pour moi de partir, c’est de réaliser deux conditions : il faut que je sois d’accord pour partir et ça c’est décidé et sera strictement respecté, ce débat est clos depuis un ou deux ans. Maintenant il y a un autre débat, c’est celui des élections prochaines qui doivent être libres, transparentes et acceptées de tous. Je pense que cela est extrêmement important. Le choix du candidat reviendra aux Maliens mais je souhaite qu’il soit un bon candidat ou bien un bon élu, bien élu.

Quelles ont été les grandes satisfactions durant vos deux mandats ?

La satisfaction principale est que nous avons prouvé à ceux qui nous considèrent comme des pays pauvres qu’on peut bâtir et changer physiquement le pays. Au plan des infrastructures et sur bien d’autres plans, nous avons obtenu des résultats extraordinaires. C’est durant mon mandat que nous avons eu deux routes qui nous relient au Sénégal. Ce qui veut dire qu’on peut quitter Bamako pour descendre à Sandaga en car. C’est pour vous dire tous les progrès qui ont été réalisés en décongestionnant des zones de forte concentration et en essayant de rapprocher les zones de production des zones de consommation. Il y a plusieurs autres exemples que je peux citer dans le domaine énergétique, des routes, du social… Sur neuf ans, rares sont les fonctionnaires maliens qui n’ont pas bénéficié de 30 à 40% d’augmentation de salaire. Pour ce qui est des anciens et essentiellement les retraités, depuis 5 à 6 ans, la pension de ces derniers est mensuelle. Nous avons tenu également à régénérer et à réorganiser notre armée et nos forces de sécurité. Nous avons tenu à renforcer notre décentralisation en donnant plus de responsabilités et les moyens de les assumer aux élus locaux et aux collectivités. Je pense que mes satisfactions sont vraiment nombreuses et vastes, mais mes regrets, pour ne pas dire ma tristesse, sont également importants.

Quels sont ces regrets ?

Je me suis rendu compte que si on s’y était pris autrement, on aurait peut-être pu faire deux fois plus que ce qu’on a fait. D’autre part également, c’est après avoir réussi tout cela qu’on se dit : mais on aurait pu faire plus. Mais c’est une ambition humaine et c’est tout à fait fondé.

Partant de cela, est-ce que l’idée de solliciter un autre mandat présidentiel ne vous a pas traversé l’esprit ?

Non ! Moi, je sais partir. Je suis déjà parti une fois, donc je ne fais que repartir. C’est pourquoi, ce problème ne s’est jamais posé dans ma tête. Je suis venu en 1991 par voie de coup d’Etat, j’ai été désigné par les Forces armées pour mener cette transition qui a duré quatorze mois. Après, on a mis tout le dispositif en place avant d’organiser toutes les élections à savoir le Référendum, les Municipales, les Législatives, la Présidentielle et investi le 8 juin un président de la République. Par la suite nous sommes retournés dans nos casernes, sans demander notre reste. On n’a même pas pris la précaution de penser à notre avenir. J’en veux pour preuve que deux jours après l’investiture, on n’avait rien à faire. Ce qui était tout à fait normal et nous le comprenions. Mais je n’ai jamais eu l’idée de ne pas quitter le pouvoir.

C’est assez étonnant surtout quand on se réfère à ce qui se passe du côté de vos pairs africains.

Je crois qu’il y a trois choses qui fondent la paix. Premièrement, je viens d’une région de culture pulaar où il y a ce que l’on appelle chez nous dans le Macina le Suudu Baaba ou la maison du père. Ce qui veut dire que l’individu n’est rien, tout est à la collectivité. Nous faisons tout en commun et nous avons grandi dans ces grandes associations qu’on appelle waldé en peulh. Déjà il y a une mentalité qui est là et je suis né dans cet environnement avec cette mentalité où ma personne n’est rien par rapport aux intérêts publics. Donc quand on me place dans une situation où je dois faire un choix, mon choix est clair. C’est dans cette logique que j’ai été éduqué. Le deuxième point est que je suis un officier, un soldat. Et l’un des points primordiaux pour un officier, c’est sa crédibilité. En tant que soldat, si je donne ma parole, je dois la tenir. Le troisième point c’est le Mali. Il y a une éthique au Mali dans laquelle nous sommes nés et avons grandi. Si je ne partais pas, je ne sais pas comment je regarderais mes compatriotes demain. En plus, ce n’est pas un boulot cette histoire de Président, c’est épuisant. Moi, je voudrais être libre pour aller dans les Caraïbes, me déplacer, aller à Saly Portudal me reposer, sans avoir de compte à rendre à personne. Les gens n’imaginent pas qu’être un président de la République n’est pas de tout repos dans des pays comme les nôtres. L’épreuve du pouvoir n’est pas chose aisée. Surtout, il faut une vie après le pouvoir et c’est cette vie que je voudrais avoir. Je voudrais demain passer avec mon petit fils et voir le pont de Bamako qui est l’un des plus grands d’Afrique et que je lui dise que j’étais là lorsqu’on construisait ce pont et que c’est moi qui étais parti le négocier chez nos amis chinois. Je voudrais redevenir simple citoyen malien et dire que cette aventure j’y étais et voilà ce que j’ai pu faire pour le pays.

La paix est fortement menacée dans la sous-région. Au Burkina, les militaires font des leurs, en Côte d’Ivoire on continue de panser les blessures des récents événements, en Guinée, il y a eu récemment l’attaque contre le Palais présidentiel, au Sénégal on vient d’assister à de chaudes journées, seul le Mali semble être épargné pour l’instant. Ne partagez-vous pas avec vos voisins la méthode ATT ?

Il faut dire que l’évolution d’un pays est comme l’évolution d’un homme. Parfois on est enrhumé, parfois on a le palu, à la seule différence qu’un homme meurt et qu’un Etat non. Personne n’est épargné par les épreuves, elles peuvent arriver à tout moment à partir d’une certaine appréciation ou d’éléments d’un certain contexte. Mais le plus important, et c’est ce qui est le plus difficile, c’est que nous arrivons à trouver des solutions à nos problèmes. Je pense que nous devons être capables de nous donner les moyens lorsque nous avons une situation politique aussi sérieuse…

C’est quoi exactement se donner les moyens ?

C’est de savoir appréhender la situation et d’avoir la sagesse de pouvoir la gérer. Par exemple, il y a un point extrêmement important, c’est lorsque nous sommes venus au pouvoir, j’ai commencé par appeler dans le gouvernement tous les partis politiques représentés à l’Assem­blée nationale. J’avais à peu près 144 partis qui m’ont accompagné et après les élections, j’ai appelé tout le monde et on a formé un gouvernement de large ouverture, sans qu’il y ait de menace ni de conflit post électoral. C’était une initiative personnelle, parce que j’étais convaincu par mon expérience dans le Suudu Baaba, dans l’armée, par le médiateur et représentant du secrétariat des Nations unies que j’ai été dans certains pays d’Afrique, qu’il fallait une ouverture. Notre démocratie à une certaine période, dans le cadre de son renforcement a besoin d’une synergie. On peut venir et rester soi-même, mais ce serait plus important lorsqu’on élargit la base de cette démocratie. C’est-à-dire qu’il faudrait que nous mettions une partie de nos valeurs dans les valeurs universelles de la démocratie. C’est la raison pour laquelle, lorsque je suis venu, j’ai appelé tout le monde en me disant que je suis élu, je n’ai pas de parti politique et je ne tiens pas à en former. D’autre part, j’ai su tôt que je ne pouvais pas gouverner seul. De là, nous avons dégagé un concept qu’on a appelé la gestion consensuelle du pouvoir. C’est avec cela que j’ai commencé mon premier mandat de 2002 à 2007, en travaillant sur cette base. Plus tard, après les élections de 2007, certains m’ont dit qu’ils allaient tenter autre chose. Je disais que la démocratie de type occidental est une démocratie agressive et d’affrontement. Donc nous préférons avoir une démocratie de type consensuel et qui reprend ces valeurs de regroupement autour de nous-mêmes. Comme lorsqu’il y a un événement, on oublie tous les problèmes politiques et on se retrouve entre nous au plan humain, ce qui est extrêmement important. De 2007 à 2010, certains ont pris le large pour rejoindre l’opposition. Et en formant mon dernier gouvernement en avril 2011, j’ai encore appelé tout le monde pour sortir comme je suis entré, terminer comme j’avais commencé. Rien ne m’y oblige, ni querelles politiques ni rien, mais j’ai souhaité, puisque nous avons commencé ensemble, qu’on termine ensemble. Il faut que nous soyons tous là pour ensemble, organiser les élections. C’est ainsi que nous avons encore ré-ouvert et avons été rejoints par tous les partis, sauf un seul qui nous a fait savoir que les dispositions ne lui permettaient pas de venir. Tout le reste, en demeurant des partis de l’opposition, est venu dans le gouvernement que j’ai appelé le gouvernement de mission, qui a pour mission fondamentale de conduire les réformes, les missions cardinales du gouvernement et d’organiser des élections transparentes.

Mais le Mali est aujourd’hui menacé dans sa partie nord par le terrorisme…

Ce n’est pas le terrorisme à lui seul qui constitue une menace. Nous avons une somme de menaces. Il y a quelques décennies, c’étaient plutôt les cigarettes. Il y avait une contrebande de cigarettes qui passait par cette même bande sahélo-sahélienne qui partait fournir l’Europe et même le Moyen-Orient. Après, je pense qu’il y a eu une autre menace qui a pris corps et qui s’est renforcée, ce sont les passeurs. C‘est-à-dire ceux qui envoient les gens vers l’Espagne ou vers l’Italie, en prenant les pays du Maghreb tels le Maroc, la Mauritanie, l’Algérie, comme des pays de transit. Nous avons aussi une autre menace qui est Aqmi. Pendant un moment, il y a des groupes du Gspc (Ndlr : Groupe salafiste pour la prédication et le combat créé officiellement le 16 septembre 1998 en Algérie) qui ont évolué certes et qui ont décidé de venir vers la bande sahélo-sahélienne pour créer un dispositif qui leur est propre et y opérer. Un autre aspect dans cette zone, ce sont les trafiquants de drogue. La drogue quitte l’Amérique latine et s’en va au Moyen et au Proche Orient ou en Europe. Donc la bande sahélo-sahélienne, tout comme l’Afrique de l’ouest, devient forcément une zone de tran­sit.

Le dernier point est que lorsqu’autant de menaces s’organisent, leurs auteurs ont besoin de se sécuriser. Ce qui fait que la vente d’armes et de munitions devient également une autre menace. C’est l’ensemble de ces menaces que nous avons vu venir. Mais cela a trouvé un terrain plus ou moins fertile, c’est-à-dire les différentes rebellions que certains pays ont connues ou bien les situations politiques difficiles. Depuis 2006, le Mali les a vues venir, mais nous avons été distraits pendant longtemps par ce que nous avons appelé l’insurrection touareg. Il faut reconnaître aussi, que les événements en Mauritanie, l’Algérie qui pendant près d’une décennie s’est battue avec beaucoup de courage contre le Gspc, nous ont vraiment perturbés en plus de l’étendue de la bande sahélo-sahélienne. Elle fait 8 millions de km2 soit un quart du continent africain. Elle va de la Mauritanie jusqu’au Darfour en impliquant des pays riverains tels que la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger le Tchad, l’Algérie, la Libye jusqu’au Soudan. Et lorsque vous voyez cette dernière décennie, toutes ces zones ont été perturbées.

Ainsi donc, toutes ces menaces sont frontalières et aucune d’entre elles n’est née dans la bande sahélo-sahélienne. En définitive, nous les riverains de cette bande, devenons en même temps otages et victimes pour des situations qui ne nous regardent pas. Les cigarettes ne sont pas vendues chez nous, la drogue encore moins, parce que nous n’avons pas les moyens de les payer. Les bandes de la rébellion oui, mais personne ne peut faire la différence entre ces menaces et la rébellion. C’est sûr que quelque part, ces gens ont eu un intérêt commun dans tout ceci, c’est que leur sécurité à eux tous soit assurée dans cette bande sahélo-sahélienne ; ce qui devient une insécurité pour nous. Malheu­reusement maintenant, je ne dirais pas que nous n’avons pas été écoutés, mais nous n’avons pas été entendus par tous. Nous n’avons pas réussi à organiser la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement. Au cours de mon discours à la Nation à l’anniversaire de l’Indépendance du Mali le 22 septembre 2006, j’ai fait un appel en demandant et en expliquant que nous voyions certaines menaces prendre corps et grandir. Toutes ces menaces partent d’une frontière à une autre très facilement. L’Aqmi vient du Maghreb comme d’ailleurs le nom l’indique et s’est infiltré dans la bande sahélo-sahélienne, dont nous sommes riverains. Donc directement ou indirectement, nous sommes atteints. D’autre part, des prises d’otages que nous commençons à constater ont créé une situation extrêmement difficile qui fait que cette bande et les pays riverains deviennent des zones d’insécurité, par la présence de ceux-ci et par les prises d’otages qui sont médiatiques. Après cela, nous avons réussi à organiser une réunion des experts, puis une réunion des ministres des Affaires étrangères. Maintenant, nous avons voulu organiser le Sommet des chefs d’Etat. Ce Sommet avait un objectif : celui de dégager une vision commune après analyse, de mettre un chapeau politique et d’unir nos moyens dans le cadre de la lutte. Etant donné que les menaces sont frontalières, les réponses ne peuvent être que frontalières, surtout que nous sommes convaincus qu’aucun pays à lui seul ne peut les contenir.

Mais il faut dire que les choses ont évolué depuis. Aujourd’hui, nous avons un dispositif tout à fait particulier. Depuis un an, nous avons un dispositif militaire qui a été placé à Tamanrasset, regroupant un état-major opérationnel du Mali, du Niger, de l’Algérie et de la Mauritanie. Il est chargé de veiller et de s’organiser maintenant, et demain de planifier et de conduire des actions pour protéger l’ensemble de la bande sahélo-sahélienne. Je pense que cela est un point important qui pourrait me faire dire que ce que j’ai voulu obtenir en passant par la Con­férence des chefs d’Etat, nous sommes en train de le mettre en place.

Oui mais dans tout cela, qu’est-ce que le Mali a fait concrètement au plan national ?

Le Mali a décidé, vu le déficit de la coopération sud-sud noté à un certain moment, ce qui n’est totalement plus le cas aujourd’hui, de dégager une politique nationale de lutte contre le terrorisme et le banditisme, en tenant compte des situations géostratégique, géopolitique, géographique et démographique sur le terrain et de l’histoire politique des uns et des autres. Dans cette politique, nous avons dégagé huit axes qui constituent la plateforme sur laquelle repose notre lutte. Elle constitue aussi les objectifs que nous voulons atteindre et également les voies et moyens par lesquels nous souhaitons y parvenir. Le Mali a rapidement fait une analyse claire en la matière. C’est que la lutte contre le terrorisme est un problème de société et la réponse à des problèmes de société ne peut pas être que militaire. Quoique la solution militaire peut être bonne jusqu’à une certaine limite. Partout où la solution militaire a été privilégiée, elle n’a pas été déterminante. A partir de là, nous avons pris dans cette politique un plan d’urgence que nous avons appelé Psdn (Ndlr : Programme spécial pour le développement du nord du Mali). Là également nous avons défini l’objectif principal et les objectifs secondaires. En disant que la solution militaire ne sera pas déterminante, nous sommes convaincus que parmi les causes qui peuvent permettre au terrorisme de gagner du terrain, figurent la pauvreté et la précarité des populations. C’est sur le terreau de la pauvreté que germent allégrement certains types de fondamentalisme. Les terroristes en général font leur entrée par l’humanitaire. Cela est une technique avérée et déjà connue. Il faut que nous leur opposions des réponses et celles-ci doivent être le développement. Raison pour laquelle, dans le programme spécial, nous avons pu combler deux facteurs essentiels. D’abord l’espace étant très grand, il faut l’occuper. C’est pourquoi dans le programme que nous avons défini, vous pouvez voir les camps militaires, le retour de l’Admi­nistration, les écoles, les forages, les centres de santé.

Est-ce que le départ de l’Administration à un mo­ment donné n’a pas été une erreur ?

Non ! Ce n’est pas le départ de l’Administration qui a été une erreur. C’est que dans tous les cas de figure, personne d’entre nous n’a les moyens d’occuper ce terrain. Mais tout compte fait, le Mali est dans une zone stratégique, dans la zone sahélo-sahélienne, bonne et mauvaise. Elle fait 650 000 km2 qu’il faut occuper et maîtriser. Nous avons 1 800 km de frontière avec l’Algérie, 600 avec le Niger, et 2 200 avec la Mauritanie. Donc ce serait extrêmement difficile de garder ce carré ou rectangle. Alors il faut remonter dans l’histoire. Après la révolution arabo-touareg de 1990-91-92, dans les accords de Paix qu’on a appelé les Accords de pacte national pour la réconciliation du Mali, il y avait eu un point extrêmement important qui était la démilitarisation de la région nord. Cette démilitarisation a été faite sans qu’elle soit comblée par une présence. Ce qui a créé un relatif no man’s land et, je pense, qui a été l’occasion pour certains de circuler aussi librement que possible. Donc en disant qu’il faut revoir l’implantation des régiments et les mettre dans de meilleures conditions en créant des camps, des postes de Gendarmerie, en construisant un centre administratif, c’est qu’aujourd’hui, sur 650 km2, lorsqu’on met un administrateur, il a besoin d’être sécurisé, d’avoir quelqu’un autour de lui. (…)

Donc le fait d’avoir retiré ces militaires et de n’avoir pas comblé ce vide a été peut-être une faute, qu’effectivement nous allons payer plus tard. Il faut quand même le reconnaître. Aujourd’hui, pour corriger cette erreur, cette faute grave, il va falloir reprendre pied dans cette zone. Seulement cette fois-ci, nous ne viendrons pas uniquement avec les unités militaires, il va falloir venir avec tout ce qui peut aider à répondre aux besoins essentiels, primaires et fondamentaux de nos populations. C’est là d’où est partie cette philosophie que la lutte doit avoir deux piliers : la sécurité et, le plus déterminant, le développement. C’est ce binôme sécurité-développement qui peut permettre de répondre à toutes les menaces qui se présentent aujourd’hui. Il faut d’abord une politique nationale consolidée et ensuite une politique régionale à l’étage supérieur.

Président, la Libye vit actuellement une situation difficile. Peut-on connaître vos sentiments sur la question, d’autant que le Mali entretient des relations particulières, privilégiées avec ce pays ; et au plan personnel vous avez des relations fraternelles avec Kadhafi ?

Vous avez tout à fait raison ! D’abord il faut que les choses soient dites. Les gens ont oublié quelque chose et c’est ce que j’essaie de leur rappeler souvent. Au temps du Roi Idriss, le Mali avait des relations particulières avec la Libye. On était tout jeunes, mais je me rappelle qu’il y a eu un tremblement de terre dans le Sinaï et notre maître d’école nous a dit qu’il y a un pays qui a un problème ; il y a eu un tremblement de terre et il y a des enfants de notre âge qui sont là-bas, c’est un pays qui est très pauvre, il va falloir que chacun de vous fasse quelque chose. Nous sommes venus avec des chaussures, de petites culottes, des chemises et même l’argent qu’on nous avait donné ce jour-là pour payer le goûter et nous avons contribué. Les Libyens n’ont jamais oublié ce geste. Lorsqu’ils ont eu les moyens, je suis sûr qu’ils se sont toujours rappelé qu’un pays comme le Mali qui, en cette période avait plus de moyens qu’eux, avait contribué à soulager leurs douleurs. Deuxièmement, le Mali est un très grand ami de la Libye. D’ailleurs la Télé­vision malienne lui a été remise en 1985 par la Libye. Il y avait un dignitaire libyen qui était venu au Mali et avait demandé à regarder la télé, il n’y en avait pas. C’est à partir de cet épisode-là qu’il a promis une télé au Mali. Par la suite, la Libye a fait beaucoup d’investissements au Mali dans le cadre de la Censad (Communauté des Etats sahélo-sahariens) et de la coopération bilatérale, dans plusieurs secteurs comme l’hôtellerie, le secteur bancaire en bénéficiant des financements du groupe Censad, et nos relations directes avec la Libye, le secteur agricole. Je ne renierai jamais une chose, même si l’on doit mourir de faim, il y a des repas qu’il ne faut jamais manger. Je ne dirai jamais que je n’ai pas été un ami de Kadhafi. Je ne renierai jamais cette amitié avec Kadhafi qui, également, m’autorise à lui dire ce que je pense et ma lecture de la situation. Ce que j’ai fait quand je me suis rendu à Tripoli. Etant membre du comité du panel de l’Union africaine dont le Mali est représentant, je me suis rendu en Libye et avec Kadhafi, nous avons discuté largement.

Et que lui avez-vous dit ?

Que le monde a changé et il le sait, et que la Libye doit aller vers un processus de démocratisation. Nous lui avons dit qu’il faut qu’il y ait un cessez-le-feu, qu’il va falloir créer une négociation, qu’il faut qu’il y ait une Charte fondamentale pour pouvoir gérer cette transition, qu’il va falloir une période de transition qui doit aboutir à la mise en œuvre et à l’élaboration d’une Constitution. Et nous lui avons aussi dit que tout cela doit finir par une élection libre et transparente. Kadhafi nous a dit qu’il était d’accord et nous pensons que c’est la feuille de route qui a déjà été analysée au niveau de l’Union africaine.

Nous n’avons pas mandat d’aller demander à Kadhafi de partir, non ! Mais nous pouvons quand même lui suggérer que ce processus, dont on a parlé et sur lequel il était d’accord, aurait pu se faire en marge de lui ; et nous pensons que cela aurait été beaucoup plus important. Cela aurait été beaucoup plus acceptable et moins humiliant que la forme classique de mettre la pression. C’est pour cette raison que nous sommes allés le voir pour le lui demander. Je pense que le problème libyen aujourd’hui ne peut pas se régler au plan militaire, j’en suis convaincu. Je pense également que la Libye ne peut pas rester sans démocratisation. Mais nous pensons qu’aujourd’hui, la négociation entre les deux parties, avec l’accompagnement de l’Union africaine et d’autres partenaires choisis et acceptés, pourrait permettre de mettre fin à cette situation extrêmement difficile dans laquelle nous sommes. Donc nous pensons que notre feuille de route n’a jamais été aussi valable que maintenant, parce qu’après quatre à cinq mois, on s’est rendu compte de la limite de certains types de moyens militaires. Il n’est pas encore tard pour voir comment faire en sorte que la feuille de route de l’Union africaine qui a été acceptée par Kadhafi et sur laquelle la partie de Benghazi a des réserves, fasse l’objet d’un consensus.


Le Quotidien
Sénégal



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Commentaires  

 
0 #46 Fela Barry 17-08-2011 10:19

MR Kaba, C’est bien de nous rappeler toute cette littérature panafricaniste avec ses racines afro-caribéennes. Mais faut-il encore ? Par delà l’activisme lyrique de certains Chefs d’états que la volonté politique qui préside à sa concrétisation, existe dans la réalité « lire Wade/ un destin pour l’Afrique 199… » . Voila des présidents qui sont incapables de se plier à la plus petite discipline démocratique de reddition de leurs comptes de mal gouvernance, dans des micro-Etats d’à peine 10 MILLIONS d’habitants. Ce n’est pas, sans risque de me tromper, dans un continent de 1 milliard d’habitants qu’ils feront œuvre utile de leurs talents et compétences pour bâtir des nations modernes et prospères. Au-delà de l’inertie autocratique qui leur garantie une pérennité présidentielle, Ils sont incapables de se projeter audacieusement vers l’avenir. Notre avenir se résumant désormais au monde défunt précolonial faussement sur-idéalisé.
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0 #45 Gandhi 17-08-2011 08:12

Mr Kaba, je partage vos commentaires à 99%, et lorsque vous constaterez (comme dans votre partie 3, commentaire n°39) qu'AC fait partie de ces petits chefs d'États africains, plus préoccupés par "leurs intérêts partisans et nombrilistes" (en l'occurrence les législatives), que par le développement du pays, alors ce sera à 100%.
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0 #44 diallo boubacar doum 17-08-2011 07:54

@kaba1! merci Kawou! Il faut lire DOUMBA et je te renvoie à la note explicative du commentaire N°36.Je te prie de lire cette note.Fraternellement.Diallo Boubacar Doumba.Auparavant tu liras avec profit mon commentaire N°8
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+1 #43 diallo boubacar doum 17-08-2011 07:46

L'idée de l'indépendance n'est pas de 1946, mais de bien beaucoup plus tard .C'était au congrès du RDA tenu à Bamako en septembre 1957 où Sékou Touré essaya de faire prévaloir l'idée de fédéralisme et d'indépendance groupée, contrairement à HB.
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+1 #42 kaba1 17-08-2011 07:45

Monsieur Diallo Boubacar Doum, sans vous connaître profondément je dois vous avouer que je suis un de vos admirateurs sur ce forum.Votre sagesse indiscutable sous-tendue par votre sens du dialogue et du rassemblement forcent logiquement et illico le respect.Je me devais de vous
dire cela en toute franchise.Ramadan Moubarak à vous ainsi qu'à toute votre famille que je présume nombreuse.SALAM.
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0 #41 kaba1 17-08-2011 07:24

(4) L'unité fait la force dit le proverbe,ceci semble être plus qu'une évidence pour l'Afrique d'aujourd'hui.Les jeunes que nous sommes avons la lourde mais oh combien stimulante responsabilité de donner corps à ce projet rêvé depuis Marcus Garvey à Kwame Nkruma sans oublier Sankara.Déjà en 1946,à la désormais historique conférence de Bamako sanctifiant la naissance du RDA,la délégation guinéenne conduite par Ahmed Sékou Touré et autres Madeira Keïta avait sagement proposé l'idée d'une indépendance groupée.
Mais ce projet comme d'habitude a butté sur le chiendent des intérêts mesquins des Houphouet et consorts,plus soucieux il est vrai de ménager leurs piteuses vaches à lait aux mamelles pourries par ailleurs.L'Afrique est le seul continent avec autant de micro Etats (54 au total) complètement déconnectés.L'histoire suffit po! ur ceux qui espèrent bâtir l'avenir disait l'autre et DIEU sait combien la France et L'Allemagne se sont abhorrées et pourtant elles entraînent l'UE depuis
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0 #40 diallo boubacar doum 17-08-2011 07:08

Dites moi! Mais au fait que deviens notre frère Mory Diakité ? ces commentaires lucides de Kaba1 me font penser spontanément à lui.Il fait partie intégrante des meubles de guineeactu."Un seul être vous manque et tout est dépeuplé ".
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0 #39 kaba1 17-08-2011 06:41

(3)Les intérêts partisans et nombrilistes de quelques "petits" chefs d'Etats africains doivent céder le pas au plus vite à la realpolitik dans un monde ou la justice et l'équité sont toujours restées à leur stade onirique et ou la faiblesse a éternellement constitué un mortel handicap.Concrètement, la constitution d'Etats fédéraux régionaux à l'image de l'Inde,du Brésil ou des USA dans une certaine mesure doit être examinée avec la plus grande diligence car ceci est une question de survie si dire se peut.C'est ainsi que la CEDEAO actuelle devra rapidement muter d'abord en une vaste zone de libre-échange pour ensuite consolider petit à petit les bases pour l'érection d'un Etat viable et opérationnel.Rien ne s'oppose à un tel projet sauf peut-être la mesquinerie et le puritanisme paroxysmique de quelques africains d'une part et la séculaire et méphistophélique sournoiserie occidentale d'autre part.Mais à force de détermination toutes les embûches peuvent être transcendées
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0 #38 kaba1 17-08-2011 06:22

(2)Toutes les études économétriques sérieuses prouvent à suffisance que d'ici à 2050,aucun Etat d'Afrique noire
exception faite dans une moindre mesure de l'Afrique du Sud et de Maurice n'aura réussi à ériger un secteur industriel compétitif et innovant,par conséquent aucun ou presque ne saurait atteindre les objectifs dits du Millénaire dont la première échéance aura lieu en 2015.Alors que des pays comme la Malaisie,le Mexique,l'Egypte,l'Indonésie,la Turquie et autres pays émergents feront leur entrée fracassante dans le très sélectif club des 20 pays les plus riches de la planète aux côtés d'anciens ténors dont la toute puissante
arrogante certitude s'en trouvera ainsi vertement ébranlée.
Ce constat alarmiste pose avec une effarante acuité la question sans cesse monotone il est vrai de l'unité africaine,
condition sine qua non d'un développement effectif et intégral de l'Afrique.L'unité n'est plus une éventualité elle est dorénavant une impérieuse nécessité.
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0 #37 kaba1 17-08-2011 06:02

(1) Il est d'une indiscutable évidence de dire qu'ATT représente aujourd'hui au Mali le meilleur politique de la période post-Modibo Keïta.Les très respectés Soumaïla Cissé,Cheick Modibo Diarra et autres IBK ne sauraient nullement réitérer un tant soit peu les exploits à son actif au cours des deux dernières décennies.Avec un PIB estimé à près de 9077 Milliards de $ en taux de change courant et un PIB par habitant de 1200 $ en 2010, il est clair que le Mali s'en sort doublement mieux que la Guinée.Toutefois, malgré ses exploits et toute la somme des efforts consentis par le Mali dans tous les secteurs stratégiques,la pauvreté, l'illétrisme et leurs corollaires continuent encore de tutoyer ce pays.Il reste largement tributaire des nombreuses fluctuations des cours de l'or et du coton qui représentent ses plus importants produits d'exportation.Cela renvoie illico à une question nodale,celle de la vulnérabilité chronique et maladive des micro Etats africains.
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0 #36 diallo boubacar doum 17-08-2011 02:29

@Abdoul H.Bonsoir ! Connais tu l'origine du mot Doumbélane ? J' ai remarqué que tu l'employais assez souvent avec ses autres déclinaisons.Personnellement c'est à Pita en vacances scolaires, en 1958 ou 1959 ,j'étais alors lycéen que mon cousin germain Mamadou Aliou Diallo, futur et ex Commandant de la Marine Nationale l'a lancé pour la première fois à mes oreilles, en présence de notre ami Bougha de la famille Daff.Que je vienne de Doumba ou d'ailleurs, dès que j'apparaissais , en choeur mes amis à ma vue m'accueillaient en disant , voici Doumbélane !(Car je suis citoyen du village de Doumba).Plus tard , lorsqu'il nous apparut clairement que notre pays voguait vers une république bannière,dans notre langage codé, apparut l'expression : la république de Doumbélane. Voillà Doumba-Doumbélane.Le siège social est à Pita et les droits vont à Mamadou Aliou Diallo et à Bougha Daff..Merci !
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0 #35 Pokpa Holomo Lamah 16-08-2011 20:54

New Look, tout ce que vous dites à mon sujet est discutable bien que là encore vous me manquez du respect en disant ferme-la malgré les sages conseils de Mr Gandhi. Seulement je tiens à vous dire une chose importante.
En fait, je ne suis pas le porte parole de mes parents et on n'intervient pas ici, à ce que je sache, en terme de parenté. On intervient en tant qu'individu. D'orénavant, je vous interdis de parler de mes parents quand vous voulez parler de moi. Vous ne m'entendrez jamais parler ou attaquer les parents de qui que ce soit quand je veux m'adresser à quelqu'un. Mes parents sont sacrés comme les vôtres. Respectons-les.
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0 #34 kady diallo 16-08-2011 20:22

Tout mon respect pour cet Grand HOMME que je ne peux comparer a aucun de ses pairs Africains parceque tout simplement incomparables. Tu es et restes mon idole ATT. Bravo pour ta desicion et que Dieu t'aide a la respecter.
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0 #33 Abdoul.H 16-08-2011 16:41

Merci Mickmack Camara pour les comments 26 et 27. Là on est d'accord!!
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+2 #32 Boubacar Diallo, Wha 16-08-2011 15:23

Remarque: La fierté, c’est le respect de ce que l’on est, et c’est une qualité. Tandis que se sous estimer est un «complexe» hypocrite, et c’est un défaut. Mais, autant la grandeur autoproclamée n’en fait pas une, autant reconnaitre ses faiblesses et les qualités des autres sont attendus de l’esprit noble. Ce sont là encore des contraintes et des obligations propres aux propriétés fondamentales de la culture de la « Suudu Baaba-[Maison du Père]» Tous mes compliments à Gandhi et encore davantage à Fela Barry. Boubacar Diallo (Washington)
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+2 #31 New Look 16-08-2011 13:29

@ Lamah et Gandhi; respectez les avis des autres veut aussi dire ne pas les infantiliser.
Lamah prend les gens pour des nigauds, ne propose rien et se contente de sa position de neutralité certainement due à la neutralité forcée de ses parents dans le jeu politique pour jouer à l'intello.
Ca ne sert à rien de relire les posts des gens pour ensuite sortir une phrase comme pour dire, voici la meilleure attitude. ce qu'il oublie, ne pas prendre position, c'est aussi une position. Donc, mouillez vous ou alors fermez la, nous sommes des adultes et nous n'avons pas besoin de votre modération, allez sur des sites comme guinee24 si vous voulez éteindre le feu de la haine et du mépris, ici, tout est sous contrôle
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+2 #30 Pokpa Holomo Lamah 16-08-2011 13:25

Merci Mr Gandhi pour vos sages conseils.
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+3 #29 Fela Barry 16-08-2011 12:31

je presente mes excuses a la communauté des internautes pour cette passe d'armes avec Mr HOLOMO. le debat d'idées étant la marque de fabrique de la maison Guinéeactu. Mr Gandhi, merci encore fois pour votre diligence citoyenne incontestée et invulnérable aux incivilités. Merci de veiller au dialogue démocratique en nous éloignant de toutes formes d’intolérances qui nuiraient a l'unité de ce pays qui nous est tant cher au propre comme au figuré.
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+3 #28 mickmack camara 16-08-2011 12:25

Bien dit GANDHI
Bravo!
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+4 #27 mickmack camara 16-08-2011 10:29

Monsieur lamah, autant certains chefs d'état doivent prendre l'exemple sur certains comme ATT, autant le citoyen guinéen devrait prendre exemple sur le citoyen malien. Notre dévise c'est TARAVAIL-JUSTICE-SOLIDARITE. Aujourd'hui, c'est le contraire qui se passe en GUINEE. Les gens ne travaillent pas, l'injustice bat son plein, l'égoisme règne en maitre. Qu'on ne me dise surtout pas que celà date d'il y a 6 mois. Non!
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+4 #26 mickmack camara 16-08-2011 10:23

On a toujours eu les présidents que l'on mérite.
C'est bien beau de parler en bien de ATT mais je vous signale que le citoyen Malien, est meilleur que le citoyen Guinéen. Y a qu'à observer la vie quotidienne en guinée et notamment à conakry, pour se rendre compte du désordre. Dans la circulation, emprunter un sens interdit est devenu la chose la plus normale, les délits de fuites idem, ne pas respecter la file d'attente dans les services, officines et banques, ne pa payer ces impots, ne pas payer ses factures à l'état, trafic d'influence,intolérence vis à vis de son prochain,impunité, mensonges et rumeurs, promotion canapé ou promotion par copinage ou familiale etc...
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+7 #25 Gandhi 16-08-2011 08:35

Mr Barry, il faut éviter de tomber dans la vulgarité, sinon votre discours perd de sa pertinence. Mr Lamah défend ses idées qui sont honorables, et s'il fait de la provoc, rien n'empêche d'en faire autant, mais généralement il respecte les points de vue des uns et des autres, ainsi que les personnes, et cela devrait être la règle pour tous. Je suis étonné que des insultes personnelles ne soient pas filtrées sur ce site. La démocratie est un long chemin et si des personnes qui ne partagent pas les mêmes opinions, communiquent au moins, c'est déjà énorme, car cela signifie qu'ils sont prêts à échanger. Le jour où le dialogue est rompu, on s'exprime sauvagement et de manière primaire, et ce n'est pas ce qu'il faut pour notre pays. Je suis sûr, quelles que soient les montées de chaleur, que chacun saura s'en rappeler et va reprendre ses esprits.
En outre, ce site permet la diversité des opinions, même si certains pensent qu'elle est relative, et cela doit continuer.
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+1 #24 Fela Barry 16-08-2011 06:25

Me Holomo Lamas le boulet de service, je suis certes pas une lumière mais à moi tout seul je pourrai illuminé ton village en entier. je parle et écrit l'anglais mieux que toi en tous les cas. Et s'il y a bien une éducation a refaire c'est bien la tienne, car tu es un cas désespéré et exaspérant d’imbécillités . heureusement que tu comprends pas ce que j’écris, tu te serai pendu illico !!! c'est ça peut être l'avantage d’être un con à perpétuité !!!
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+1 #23 Oury Pnthioun Diallo 16-08-2011 03:54

ATT est une fierte pour l'Afrique et la race noire. Il doit servir de mirroir aux autres dirigeants marionnettes du continent Africain. La doctrine "Suudu Baaba" est ideale et souhaitable aux regimes voisins de Guinee, Cote d'ivoire et BurkinaFaso. Je souhaite a mon "cousin" une belle retraite, bonne sante et longue vie. Nous prions pour lui et sa famille.
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+1 #22 alhousseny 16-08-2011 03:17

Pokpa, vous aviez presque marqué un point, mais il a fallu que vous surjouiez la partie. Si vous relisiez votre commentaire No 21 concernant Fela Barry, le constat que vous faites à son sujet vaut aussi pour vous. Vous persiflez trop.
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0 #21 Pokpa Holomo Lamah 16-08-2011 00:55

Heureusement il y a quelqu'un qui au moins a été à l'école. Merci Mr Boubacar Diallo (Washington) pour votre cours de français.
Mme Maimouna Barry, je respecte tout le monde en particulier les femmes. Vous ne pouvez qu'être une soeur à moi. Partant, soyez mesurée en vous adressant à moi. Je vous invite à lire la précision de Mr Boubacar Diallo (Washington).
Quant à vous Mr Fela Barry, puisque vous avez manqué votre éducation, allez au moins prendre des cours gratuits de français chez votre parent, mon frère Boubacar Daillo (Washington). En anglais on dit : Do not wash your dirty linen in public.
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+1 #20 Boubacar Diallo, Wha 15-08-2011 22:39

Petite Note: Sans défendre ou contredire les opinions émises par Pokpa Holomo Lamah et ceux qui s’en référent négativement, il suffit de se relire, les points de vue convergent. En un mot, quand bien même les dirigeants voient l’exemple de ce qu’il faudrait faire dans l’intérêt de leur pays, ils ne s’en inspirent pas et « Hélas, la plupart n'en font qu'à leurs têtes.» Boubacar Diallo (Washington)
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+1 #19 Taniko 15-08-2011 21:25

Cet Homme aime son pays et ses compatriotes.C'est un seigneur qui n'a rien à voir avec ces farfelus complexés et médiocres qui tronent dans certains pays
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+4 #18 Maïmouna Barry 15-08-2011 20:46

Monsieur Pokpa Holomo Lamah,
Arrêtez de faire le naïf car vous en êtes pas un. Le 28 septembre, les viols des femmes, les 156 personnes tuées au stade, c’était sur ordre d’ Alpha Condé avec la complicité de Konaté, la preuve ils étaient tous les deux absent.
Tout ça pour préparer la liquidation du capitaine Dadis.
Au mois de novembre les viols des jeunes filles à Labé par les militaires et les DONZO du Burkina, c’est sur ordre d’alpha condé.
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0 #17 Fela Barry 15-08-2011 20:18

Mr Pokpa holomo lama et vos mick-macqueries sans doute un clone de la meme trempe, heureusement que certains ont encore la tete et la capacité civique de discernement pour penser, analyser et au mieux trouver des approches de solutions aux dysfonctionnements de l’état guinéen. Par contre vous, boulet à l’état pur et bête, pour des raisons de salubrité publique. c'est pas une tête mais carrément un cerveau qu'il va valoir vous greffer, pour que vous arrêtiez de prendre les nôtres, pour des caniveaux devant abriter vos débilites monumentales. y a vraiment des coups de pieds au ....qui se perdent !!! excusez chers internautes, les freins ont ...
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0 #16 Mdou Condé 15-08-2011 18:46

Mamadou Alpha DIALLO,Continu à chanter ton professeur, c'est ton droit, tout comme il est de notre droit de dénoncer la dictature et la sape de plomb qui s'abat sur la communauté peule.Nous sommes libre de penser, de douter comme toi.Nous refusons la pensée unique.Les discours et les actes de Alpha Condé sufisent pour nous indiquer ce qu'il faut faire.Nous avons des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et de l'esprit pour analyser et prendre nos propres décisions.
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0 #15 Pokpa Holomo Lamah 15-08-2011 18:30

Mr Tidiane, point n'est besoin de faire lire cet interview par nos chefs d'État africains, eux ils ont eu le privilège de rencontrer ce grand homme à maintes reprises et c'est sûr qu'ils en aient parlé. Hélas, la plupart n'en font qu'à leurs têtes.
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+2 #14 Boubacar Diallo, Wha 15-08-2011 17:21

Question: C’est quoi exactement, se donner les moyens— de la gestion pacifique et productive d’un pays pour le bonheur de tous? L’expérience d’ATT démontre que la réponse est logée dans le consensus. Pour lui, l’initiation dans la «Suudu Baaba [Maison du Père]» qui exige la culture du partage dans l’équité, elle-même nourrie et développée par sa formation digne d’officier militaire, l’a mené à bâtir ce consensus. Si la Guinée avait le courage de retirer les lunettes ethniques, elle saurait surement s’en inspirer, afin de pouvoir briser les tares qui la bloquent dans un passé plutôt sombre. Boubacar Diallo (Washington)
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+2 #13 Tidiane 15-08-2011 16:44

Cette interview devrait etre lu par tous les presidents Africains et surtout par mon seigneur Alpha Conde. Je suis pullo Toorodo et je suis plus fiere . Pour ceux qui traitent mon ethnie de voleur ou de destructeur de l economie de la Guinee, ATT leur donne un eclaircissement .
Promenons nous dans les quatres regions naturelles de la Guinee , ( sans offusquer personne) a travers les realisatiions,nous verrons qui aime son pays qui ne l aime pas
Les guineens devraient privilegier la capacite au lieu de l ethnie. Celui qui n a pas relise dans son village ne pourra rien faire pour son Pays. < a dyogoto kudhun si wubbana lekkun>. Je suis loin d attaquer personnellement les autres , mais la verite est nous avons de personnes qui ont une embition pour leur village d abord , et ensuite leur pays. On a a marre de cette mamaya .... Wasslam
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+1 #12 Fela Barry 15-08-2011 16:41

Suite 3) Foin des vessies du despotisme éclairé de vos pairs africains. Si les systèmes politiques africains fondés sur un unanisme grégaire totalitaire-ment destructeur et un messianisme politique obscurantiste, brillaient à tout point de vue par leurs performances, le monde entier le saurait et ne tarderait pas à s’en inspirer comme modèle de développement socio-économique. Merci Mr Toumani Touré, pour l’espérance et l’esprit critique citoyen qui vous gouvernent, fasse qu’ils soient imités « ad vitam » et inspirent des milliers de jeunes africains. Adiarama Touré.
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+1 #11 Fela Barry 15-08-2011 16:40

Suite 2). Et vous êtes bien placé, honoré d’avoir compris sans l’apprendre à la Sorbonne les retombées des valeurs ajoutées de la démocratie, l’inculquant à vos concitoyens dans un civisme exemplaire, décomplexé des considérations ethnophobes. Nous avons tous intérêt que les dirigeants africains deviennent des vrais démocrates-humanistes pour relever la dignité de la race noire et de leur continent en perdition depuis des lustres. Car la démocratie apparait tout au plus comme le système politique le moins prédateur des libertés publiques et de la dignité des hommes tout en leur assurant les meilleurs clés de répartitions des fruits de la croissance économiques.
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+1 #10 Fela Barry 15-08-2011 16:39

Suite 1)Mr Toumani Touré, la démocratie, tant bien même, qu’elle soit d’inspiration et vulgarisée par les occidentaux, y a nullement lieu de faire des complexes inopportuns la dessus comme les fossoyeurs des indépendances africaines. La démocratie est devenue malgré ses vices et vicissitudes, un bien politique, inscrit et enraciné dans le patrimoine commun de l’humanité, quitte à s’en inspirer, jusqu'à preuve du contraire. Elle est l’ADN des sociétés modernes- le printemps arabe faisant foi de l’urgence de s’en approcher et la parfaire. Faut-il encore en avoir la maturité politique ? Ce qui sans doute vous incline à croire qu’elle est frontale et brutale. Même si le cas Guinéen plaide en votre faveur, au regard des crapuleries et dérives monarchiques de notre Coq-Président, en six mois à ravi la palme de la médiocrité à Yaya Dhiamé
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+5 #9 Diallos 15-08-2011 12:41

En lisant une partie de cette interview, y'a de quoi être fier quand on est peul. Merci ATT pour ton exemple ( nous en Guinée nous sommes passé à côté tout recensement avec un soi-disant général d'armé)
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+8 #8 diallo boubacar doum 15-08-2011 11:35

@ Abdoul H. C'est encore moi.J'ai oublié de te dire que cen'est pas Doum mais DOUMBA.C'est le nom de mon village dans le Timbi Madina.J'ai du l'ajouter à cause des multiples homonymes intervenant sur Guineeactu.Mais je n'arrive pas à écrire Douba en entier car l'espace semble limité, ou bien je ne sais m'y faire.Je suis un vieux gaga de 70 ans.L'internet est pour vous.J'étais encore un analphabète dans ce domaine il y a encore 7 ans Mes enfants faisaient tout pour moi jusqu'à écrire et lire mon courrier jusqu'au jour où.....Merci!
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+6 #7 diallo boubacar doum 15-08-2011 11:20

@Abdoul H.Bonjour cher frère.Toi aussi , tu as remarqué le passage de l'interview , où ATT révèle le rôle de l'éducation peule qu'il a reçue au Maasina dans les grands choix qu'il a eus à faire en tant que Président.Le pulaaku, comme tu l'as bien dit avec un certain brio à travers l'anecdote de la Radio rurale de Labé est une valeur morale qui s'acquiert à travers l'éducation et surtout l'initiation à des degrés plus élevés.Ce n'est pas une donnée biologique comme on voit car ATT est d'origine Sonrhai.Bravo mon cher Abdoul.
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+6 #6 Abdoul.H 15-08-2011 06:20

Oui, Diallo Boubacar Doum, parlant du «Pulaaku». Un notable du fouta toro invité de la radio rurale de Labé avait dit que c’est en guinée que eux ils entendent tous ces noms d’oiseaux qu’on donne aux peuls, sinon, depuis le temps des pharaons d’Égypte, où l’histoire parlent d’eux déjà, ils sont connus pour leur pulaaku (djikku moyho); par exemple, s’ils te promettent pour le lendemain, tu peux même t’endetter aujourd’hui. Car, aucun doute que l’engagement sera honoré. Il faut noter que ce pulaaku est vraisemblablement DIFFICILE à appréhender si on n’y a pas été éduqué.
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+7 #5 mohamed sampil 15-08-2011 05:54

J'ai eu la chance de rencontrer ce Monsieur à l'Hôtel PLM Saint Jacques à Paris avec Baby Soumah dans les années 1990.Il nous a fait bonne impression.Un grand Homme que j'aurais aimé voir à la tête de mon pays.Hélas...
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+7 #4 Abdoul.H 15-08-2011 05:40

(suite) Hé, Doumbelanaises et Doumbelanais, trouvez la source de votre péché originel. «La paix n'est pas un mot, mais un comportement», disait l'autre sage. Alors, dans la poubelle le slogant «la Guinee est une famille».
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+5 #3 Abdoul.H 15-08-2011 05:40

ATT, tu forces nécessairement l’admiration! Lorsque les touaregs ont repris les armes, après une logue accalmie, après que sous ton prédécesseur la flamme de la paix fut allumé avec ces mêmes touaregs, à l’étranger et en promettant d’interrompre ton séjour pour rentrer, tu avais mis tes compatriotes en garde en ces mots: «Chers maliennes et maliens, je rentre au mali pour m’occuper de ce problème avec mesure et pondération, mais en attendant, je vous invite à ne pas confondre tous nos compatriotes touaregs avec ceux qui ont pris les armes…». Conséquence de ce discours, ce groupe de belliqueux s’est retrouvé seul, sans ennemi en face et, la guerre fut étouffée dans l’œuf. A Doumbelane, depuis l’indépendance, on ne nous sert que du «Je déclare la guerre aux peuls», du «Wo fataara», de massacre de manifestants pacifistes, du «Les peuls ont empoisonné nos militants».
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+9 #2 diallo boubacar doum 15-08-2011 00:00

Et voila ATT nous dévoile au détour d'une interview le secret de son ancrage moral.Bien que d'origine sonrhai,il a passé son enfance et a grandi au Maasina, précisément à Mopti, la Venise du Sahel au bord du fleuve Niger.C'est là où il a reçu une éducation peule qui l'a marqué pour la vie.Je parle souvent du pulaaku sur ce site et j'ai publié plusieurs articles sur ce thème.J'insiste encore que le pulaaku est avant tout une éthique, une manière de vivre acquise et assumée.Ce n'est pas une donnée génétique.Revoyez mes articles relatifs au pulaaku sur ce même site, notamment celui intitulé :"Que reste-t-il du pulaaku ? " Merci !
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+4 #1 Abdoul.H 14-08-2011 22:33

Le Mali est un pays qui a beaucoup de chance. Il n'a eu que des HANKILIMA, contrairement à Doumbelane. La même question avait été posé à AOK. Sa réponse était sans ambiguité: «l'époque des présidences à vie est dépassée en Afrique».
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