Selection de vidéos
Partenaires
Football ‒ A la découverte de talents guinéens en Europe : Mayélé Barry
Amadou Saikou Diallo Samedi, 06 Avril 2013 15:07
Les jeunes footballeurs guinéens qui évoluent dans les championnats européens sont très nombreux. Pas de réelles statistiques. A côté des Razzagui, Ibrahim, Sadio ou Pogba, il y a d’autres talents que les caméras n’ont pas pu faire découvrir soit faute de moyens, soit par malchance ou simplement par défaut de bons managers. Ils sont bons mais…
C’est ainsi que nous recevons aujourd’hui un footballeur guinéen peu ou pas connu du public, qui évolue en Europe et qui a accepté de se prêter à nos questions. Il s’appelle Mamadou Aliou Barry dit Mayélé.
Aminata.com: Bonsoir M. Barry et présentez-vous à nos lecteurs s’il vous plait.
Mamadou Aliou Barry dit Mayélé: Bonsoir, permettez-moi tout d’abord, M. Diallo, de vous remercier pour l’opportunité que vous m’offrez de m’adresser aux nombreux lecteurs de votre excellent site d’information. Comme vous le savez vous-mêmes, je suis Mamadou Aliou Barry dit Mayélé. Je suis né dans la préfecture de Dabola en Haute Guinée, où j’ai fait mes études primaires et secondaires. Je suis ancien footballeur du Scifo FC de Dabola au sein duquel j’ai fait mes débuts avant de partir pour la Tunisie et de venir ici en Belgique où je vis depuis quelques années. Parallèlement au foot, j’étais très impliqué dans les activités culturelles et communautaires au niveau de la Ville de Dabola où je dirigeais la cellule d’une ONG nationale de jeunesse dénommée: club jeunesse et culture Nelson Mandela, qui a eu un apport considérable pour une vision de développement au niveau de la jeunesse guinéenne.
Vous êtes(s) un footballeur qui a fait ses débuts en République de Guinée. Expliquez-nous les circonstances de cette évolution et les clubs pour lesquels vous aviez joué ?
En fait, comme je viens de vous le dire plus haut, j’ai effectivement fait mes débuts de carrière footballistique au sein du Scifo FC de Dabola avec lequel j’ai fait un très bon parcours national avec mes collègues pour hisser le club au sommet des compétitions nationales, c’est à dire la montée en première division. C’est vrai que ce parcours n’a pas du tout été facile, surtout les conditions précaires sous lesquelles l’équipe évoluait; mais Dieu merci l’objectif avait été atteint grâce au soutien des uns et des autres. Après des expériences acquises au sein de cette formation, j’ai aussitôt affiché mon ambition de faire une carrière internationale.
Après donc la Guinée, vous avez entamé la carrière de joueur professionnel. Comment cela s’est-il passé (le départ de la Guinée, le contrat, la vie,…) ?
M. Diallo, c’était le rêve qui devenait réalité mais les choses ne furent pas faciles. Comme vous le savez, pour une carrière professionnelle, il faut un très grand soutien. C’est l’occasion de remercier une fois encore mon frère M. Aboubacar Diawara, l’international guinéen qui a aussi fait une carrière brillante de son Dabola natal en passant par le Makona FC de Gueckedou, le Horoya AC de Conakry et en suite à l’Espérance de Tunis. Il fut ma référence. Il a été tout pour cette aventure. Donc, c’est grâce aux bons offices de M. Aboubacar Diawara qui a tout investi pour moi dans ce sens pour me faire venir à l’Espérance sportive de Tunis (EST) pour cinq (5) ans. A L’Espérance, j’ai commencé au centre de formation dès 16 ans, un centre qui était dirigé par un formateur français du nom de Bernard Défères. Avec ce formateur qui est très connu, j’ai pu avec le soutien de mes collègues, de mon manager Amor Ben Massaoud, des amis Basile, Emerson Bouba Neto, faire un très bon parcours de cinq (5) ans comme prévu. De là , j’ai voulu tenter ma chance vers le continent européen avec plus de compétitivité et de challenges.
Pour cela, j’ai d’abord fait un retour au pays et j’ai signé avec l’ASFAG (l’Association sportive des forces armées de Guinée). Là aussi j’ai passé un excellent parcours au niveau du championnat national et aussi aux Jeux Olympiques du Kenya ( ? Ndlr) où j’ai été sacré meilleur joueur du tournoi et deuxième (2e) meilleur buteur avec 3 réalisations. Je ne cesserai de le répéter, ce fut grâce au soutien de mes collègues d’équipe et de mon encadrement. Au retour de ces Jeux Olympiques, comme vous pouvez le deviner, l’objectif majeur était de concrétiser mon rêve pour une expérience européenne.
Cette deuxième aventure, je la dois aux bons offices de mon grand frère M. Barry Kap qui vit ici en Europe et aussi au soutien de ma famille, des amis et connaissances de toute part. Arrivé en Belgique, les choses n’ont pas été faciles à vrai dire. Beaucoup de challenges et de compétitions. Par la grâce des amis Aziz Bombom, Lobilo, etc…, j’ai pu trouver mon premier club du Eizer, KFC Kathelijne, Gashoren, Zwijndrecht, Brucht Hemmishem, Zandvond FC, ...
Parlons de votre blessure. A quelle occasion avez-vous eu ce mal et comment vous portez-vous aujourd’hui ?
C’est vrai qu’actuellement je souffre d’une blessure qui a mis un temps mort à ma participation à la compétition. C’est une fracture à ma cheville, un incident lors du tournoi des Africains à Rotterdam (Pays Bas), au cours du match Guinée-RDC. Mais Dieu merci M. Diallo, il y a plus de peur que de mal, les choses vont bien avec ma blessure et je compte sur le bon Dieu, j’ai encore une année de contrat qui me reste avec le club belge, InchAllah, je tiendrai jusqu’au bout.
Parlez-nous de vos perspectives d’avenir !
Pour mes perspectives d’avenir, le point culminant pour moi c’est de m’occuper de l’avenir de mes deux filles jumelles: les sœurs Baryes qui sont en train de prendre des cours intensifs de tennis et dont j’espère que dans quelques années elles vont commencer à jouer pour la République de Guinée. Aussi et surtout, je compte poursuivre ma carrière de foot pour mieux rapporter à mon pays et participer surtout à l’émergence d’autres jeunes plus dynamiques pour leur apporter mon soutien fort.
Votre mot de la fin ?
Mon dernier mot, c’est d’abord de vous remercier M. Diallo avec vos collègues à travers votre site web pour l’opportunité et pour tout ce que vous faites pour notre pays sur le plan de l’information. Je saisi cette occasion pour remercier mon frère Aboubacar Diawara (footballeur), mes parents, toute ma grande famille, mes amis et autres personnes de bonne volonté qui ont contribué de près ou de loin au soutien à ma carrière. A ceux dont je n’ai pas pu citer les noms ici, qu’ils trouvent à travers cette interview, toute ma gratitude. Je lance un appel aux personnes de bonne volonté, de mieux s’impliquer dans la formation des jeunes footballeurs en investissant dans la réalisation des centres de formation.
Mon dernier mot, je l’adresse aussi à la jeunesse guinéenne qui doit avoir absolument confiance en elle ; cette sensation intérieure de pouvoir réaliser ses désirs. Cette confiance en elle lui permettra de continuer à agir. Elle lui permettra de réaliser qu’elle possède des ressources nécessaires pour faire face à son devenir avec détermination, discipline et esprit de responsabilité. Une fois cette confiance en soi retrouvée, elle parviendra petit à petit à s’imposer dans des situations qui, auparavant, l’effrayaient. Elle doit se mettre en position de combat avec confiance et enthousiasme à l’image des jeunes Américains qu’on a vu danser et chanter durant les présidentielles de 2008 avec détermination sous le titre magique « Yes, we can ! » du désormais célèbre rock star et actuel président américain et premier président noir des Etats-Unis, M. Barak Obama; comme quoi nous aussi nous pouvons avoir la Coupe d’Afrique des nations et pourquoi pas un jour, la Coupe du monde. Je vous remercie très infiniment, M. Diallo.
Propos recueillis par A. Saikou Diallo
pour Aminata.com
![]()








