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Cellou Dalein Diallo se prononce sur la démission de Lousény Camara et rappelle le reste à satisfaire

Abdoulaye Diallo  Jeudi, 06 Septembre 2012 09:47

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DIALLO_Cellou_Dalein_18_01Quelques minutes après avoir appris la nouvelle de la démission de Lousény Camara de la tête de la CENI, Guinéenews a recueilli les réactions du président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée.

Le départ de Lousény Camara de la tête de la CENI est parmi les exigences de l’opposition pour aller aux législatives. Il vient d’annoncer sa démission. Votre réaction.

Cellou Dalein Diallo : Je crois que si Lousény Camara part définitivement de la Ceni, il faut considérer cela comme la satisfaction d’une de nos revendications. Mais il faut déplorer le fait qu’il ait attendu si longtemps, et que le président Alpha Condé l’ait soutenu dans cette position. La Guinée a perdu assez de temps et beaucoup d’opportunités. Cette décision aurait pu être prise plus tôt, et peut-être que cela aurait fait éviter beaucoup de choses. Notamment cela aurait évité les marches qui ont coûté la vie à de paisibles citoyens et causé des blessures et des emprisonnements pour d’autres. Mais il aurait fallu que le président Alpha Condé fasse preuve de flexibilité pour accepter les revendications légitimes des populations guinéennes.

Ceci dit, il reste d’autres revendications : il faut que le CNT s’empresse de reprendre les travaux sur la loi organique relative à l’organisation, la composition et le fonctionnement de la CENI conformément à l’article 133 de la Constitution. Et je pense que nous n’avons plus besoin des deux représentants de l’administration dans la nouvelle CENI que nous souhaitons tous paritaire. Donc on peut concevoir une CENI de 23 membres dont 10 de l’opposition, 10 du pouvoir et 3 de la société civile. Car la nouvelle CENI doit être la seule habilitée et chargée d’organiser les élections politiques et référendaires en Guinée. Contrairement à l’actuelle CENI, mise en place par la loi 013 qui devait conjointement organiser et gérer les élections avec le ministère de l’Administration du territoire.

Or dans le nouveau contexte constitutionnel, ledit ministère doit apporter une assistance technique à la CENI, mais il ne cogère pas l’organisation et la gestion des opérations électorales.

Donc, le CNT devrait maintenant élaborer cette nouvelle loi et aider à accélérer le processus pour faire avancer les choses et sortir le pays de la léthargie.

Mais Lousény Camara démission en y restant pour assurer l’intérim…

Vous savez bien qu’il y a une profonde crise de confiance en Guinée, notamment entre le pouvoir et l’opposition. Et si Lousény démissionne, il n’y a pas de raison qu’il reste pour assurer l’intérim. Il y a d’autres membres de l’institution qui peuvent en assumer la charge. Nous n’avons pas besoin ni de ses compétences ni de sa bonne foi car il n’en a pas. Son attitude semble suspecte.

A quoi s’attendre dans les heures qui suivent au sein du Collectif et de l’ADP ?

Je crois qu’une réunion est convoquée pour demain qui va regrouper les leaders de l’ADP et du Collectif. Et à l’issue de cette rencontre nous devons pouvoir faire une déclaration pour exprimer clairement notre position par rapport au dernier développement de la situation. C’est vrai, une revendication est satisfaite, une autre peut être rapidement satisfaite par le CNT avec l’élaboration et l’adoption de la loi sur la CENI.

Mais il y a le problème de Waymark dont les carences et les limites ont été mises en évidence par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Alors nous souhaitons avoir un opérateur privé choisi dans une parfaite transparence afin de garantir la confiance et le consensus de la classe politique pour accompagner l’opération de révision du fichier électoral.

Vous demandez au CNT d’élaborer la loi sur la CENI, alors que le Collectif et l’ADP viennent de retirer leurs représentants. Qu’en sera-t-il ?

Je crois que si nous sommes convaincus qu’il y a une volonté politique réelle d’aller à des solutions consensuelles aussi bien pour la composition et la présidence de la CENI que pour le choix de l’opérateur pour la révision de la liste électorale, nous n’excluons pas la possibilité de reprendre nos places dans les institutions.


Propos recueillis à Charlotte, Caroline du Nord par
Abdoulaye Diallo,
Chef de bureau de Guinéenews à New York, envoyé spécial à la Convention des Démocrates

 
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