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Affaire Zogota : Alhassane Condé s’en prend à Jean-Marie Doré
Moro Amara Camara Samedi, 25 Août 2012 11:39
Au cours d’un entretien qu’il a nous accordé, le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, répond à l’ancien premier ministre et secrétaire général de l’UPG, Jean-Marie Doré, qui accuse cinq ministres du gouvernement d’être les ordonnateurs et planificateurs des récents massacres perpétrés par les forces de sécurité et de défense contre les villageois de Zogota. En outre, Alhassane Condé aborde dans cette présente entrevue la marche de l’opposition fixée au 27 août prochain sans oublier le blocage du président du PEDN qui apportait des vivres aux travailleurs de Fria. Lisez !
L’Indépendant : Comment réagissez-vous à l’accusation de Jean-Marie Doré qui tient votre délégation qui a récemment séjourné à N’Zérékoré pour responsables ou commanditaires des tueries de Zogota ?
Alhassane Condé : Ce n’est nullement du mépris pour vous ni pour la presse. Laissez-moi vous dire que je n’ai aucunement envie de répondre aux propos de monsieur Jean-Marie Doré. Il est entièrement responsable de ses propos. Car, il est un ancien premier ministre de son Etat, censé, à mon humble avis, connaître le principe de fonctionnement d’un Etat. Donc, je lui laisse l’entière responsabilité de ce qu’il avance. Vraiment.
Le 27 août prochain, l’opposition projette d’organiser une marche à Conakry. Est-ce que votre département a été saisi de cette requête à partir bien sûr ses services déconcentrés?
Bon pour le moment, je n’ai pas reçu d’information sur cette prétendue marche. Les maires ne m’ont pas encore fait parvenir de messages concernant cette marche annoncée de l’opposition. Je ne sais pas maintenant s’ils veulent faire une marche sans demander l’autorisation. Je n’en sais absolument rien.
La semaine dernière, le leader du PEDN, Lansana Kouyaté a été bloqué à Tormelin avec un convoi de vivres qu’il partait apporter aux travailleurs de Fria. Et ce sont les autorités locales de Fria qu’il accuse d’être les responsables de sa mésaventure. Qu’est-ce que vous en savez ?
J’ai été aussi informé de cela par un proche de monsieur Kouyaté lorsqu’ils partaient pour Fria. Pour moi, il n’y a pas de blocage possible. Si monsieur Kouyaté va pour un meeting, il demande l’autorisation. On disait qu’il allait pour la prière…, moi je ne vois aucun inconvénient à cela. Mais, je ne sais pas ce qui s’est passé entre temps. Lorsque j’en ai été informé par quelqu’un de son entourage, j’ai tenté aussitôt de rentrer en contact avec le préfet de Fria. Très malheureusement, je n’y suis pas parvenu. C’est à ce moment que j’ai demandé à ce monsieur qui m’a informé de me passer le téléphone à une des autorités ou simplement de leur dire de m’appeler. Mon interlocuteur me répond de façon irrévérencieuse qu’ils ne sont pas des coursiers de l’Etat. C’est ainsi que j’ai raccroché. Il faut que les gens sachent comment parler avec un peu de courtoisie à leurs semblables. Surtout lorsqu’on s’adresse à un ministre de la République. Si vous demandez à quelqu’un intervenir et puis vous lui répondez que vous n’êtes pas un commis de l’Etat… Moi, je lui ai répondu que je suis un commis de l’Etat et d’ailleurs j’en suis très fier. A mon avis, je pensais qu’ils ont été victimes d’une mauvaise application de la loi. C’est pourquoi, je lui avais dit de me passer une quelconque autorité qui pouvait se trouver auprès d’eux. Parce que tout le monde connaît la qualité des services de nos opérateurs de téléphonie dans notre pays, surtout à l’intérieur, qui laisse à désirer. Vous appelez quelqu’un, vous trouvez soit que son téléphone est fermé ou soit qu’il se trouve dans un endroit où on ne peut pas le joindre. Souvent, il y a des gens, quels qu’ils soient, qui sont autour si c’est une autorité. Je suis même allé jusqu’à lui suggéré de se rendre à Fria pour que je puisse parler au préfet. Malheureusement, ils ont pris cela autrement. Vous savez, nous vivons dans un pays où tout le monde ne comprend pas très bien la langue française. Voilà ! Peut-être que mon interlocuteur s’est senti rabaissé lorsque je lui ai dit de me passer quelqu’un d’à côté… Même si c’est un gendarme, s’il a le grade de capitaine, je suppose qu’il a une autorité, de nous mettre en contact. Il a refusé. Mais quand-même ce sont eux qui ont besoin de moi avant tout.
Selon certaines informations, Lansana Kouyaté s’apprêterait à repartir à nouveau, cette fois accompagné de ses pairs leaders de l’opposition avec ou sans l’autorisation des autorités.
J’espère bien qu’on n’en arrivera pas au forcing. J’estime que ce qui s’est passé a juste été un malentendu. Je pense que s’ils veulent aller à Fria ou partout en Guinée pour leurs activités, ils demandent simplement l’autorisation en bonne et due forme comme il est prévu dans la loi. Mais s’ils veulent agir par la force ou la violence, sans doute ils rencontreront la puissance de l’Etat qui s’exprimera dans toute sa plénitude. Et je sais que la force n’est faite pour arranger personne. Sinon dans aucun pays du monde, même en Europe ou aux Etats-Unis, cela n’est possible, vouloir faire reculer l’Etat par l’intimidation ou les menaces de violence. Je pense que la violence et la force constituent le recours des gens qui n’ont plus d’arguments à faire valoir. C’est vraiment dommage ! Sinon, il y a la loi qui leur donne le droit d’aller partout où ils veulent. Pourquoi ne pas exercer cela en formulant dans les règles de l’art leur demande d’y aller. Ils n’ont pas besoin de s’agiter pour cela. Mais s’ils sont tentés de faire coûte que coûte la violence ou la force pour je ne sais quoi, c’est leur affaire !
Propos recueillis par Camara Moro Amara
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu.com
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