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Face aux fraudes électorales : l'opposition choisie l'option de la rue

Moussa Thiam  Lundi, 05 Mars 2018 21:18

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cellou ddRéunis autour du chef de file de l'opposition, Cellou Dalein Diallo, le vendredi 23 Février, les membres de l'opposition avaient annoncé l'organisation d'une journée ville morte à Conakry lundi 26 Février, qui sera suivie d'une série de manifestations sur l'ensemble du territoire national.


Ces manifestations sont consécutives aux résultats des élections locales publiées par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Une élection qui avait suscité un grand espoir non seulement, chez les partis politiques et des listes indépendantes, mais aussi chez les citoyens qui pensaient avoir tourné la page des manifestations politiques. Publiés au compte-gouttes, les résultats ont être contestés bien par les partis ayant pris part à ces élections tant attendues.


Fustigeant les institutions républicaines, le Dr Faya Lansana Milimouno a, au nom de ses pairs de l'opposition, exprimé son désarroi face aux comportements des magistrats censés dire la vérité pendant ces élections.

« Toutes les institutions de la République ont échoué, en commençant par le gouvernement, la CENI, au niveau central comme au niveau local. Mais là où la déception est encore plus grande, c'est lorsque ceux qui devaient dire le droit, ont échoué de dire le droit. Lorsqu'un magistrat refuse de dire la justice à un citoyen, à un justiciable, ça veut dire que ce magistrat est un criminel en puissance parce qu'il envoie ainsi les gens à l'affrontement ».


Poursuivant, le président du Bloc Libéral a annoncé l'organisation d'une journée « ville morte » le 26 Février 2018 à Conakry et ses périphéries, et qui sera suivie par une série de manifestations sur toute l'entendue du territoire national pour exiger la publication, selon lui, des résultats issus des urnes.

« Au vu de tout cela, les preuves sont là. Nous avons exigé que les vrais résultats soient publiés partout sur le territoire national. L'opposition, les listes indépendantes possèdent ce qui est sortie de la plupart des bureaux de vote. Le vote qui a été fait par les citoyens guinéens. Pour obtenir cela, l'opposition va entamer une série de manifestations commençant par une journée de ville morte à Conakry et dans les environs ce lundi 26 Février. Après cela, les manifestations toucheront toutes les régions sur toute l'étendue du territoire national. Parce que nous recevons des appels de nos militants, des sympathisants et des électeurs qui ont les résultats sous la main. Certains qui ont été bastionnés », explique le président du BL.


Pour joindre l'acte à la parole, l'opposition dit être en train d'élaborer une liste de tous les magistrats ayant contribué, à leur dire, aux fraudes électorales.

« Nous sommes en train d'élaborer une liste exhaustive de tous les magistrats qui ont fait échouer la République. Nous avons par exemple, le cas de Yomou avec un certain Souleymane Kourouma. Ceux qui sont des messieurs qui ne doivent pas porter la robe. Nous exigerons leur destitution parce qu'en fait, la conclusion à laquelle, on peut arriver aujourd'hui, est que, toutes les institutions de l'État qui ont été associées de près ou de loin à ce processus électoral, ont échoué d'être républicaines. C'est pour cette raison, nous entamerons dans une unité retrouvée, une série de manifestations pour que tout ce que nous exigerons puisse être obtenu », rapporte le Dr Faya Millimonou.

« Il y a déjà des choses qui avaient été obtenues autour de la table. Le cas de la CENI par exemple. Elle doit s'en aller, celle qui est là. Le cas du fichier électoral, nous savons qu'il est corrompu. Il est complètement tripatouillé. Ça fait deux ans qu'on exige, en 2015 peu avant les élections présidentielles, que l'audit du fichier avait été acté comme élément de l'accord. Nous n'avons pas encore obtenu un appel d'offre. Il paraît que l'appel d'offres qui avait été fait a été infructueux », renchérit-il.


Pour ce qui est des violences, le porte-parole de l'opposition ne tâtonne pas sur les présumés responsables : « les violences que nous avons connues, il y a des ministres comme Oyé Guilavogui, comme Cheick Sylla qui ne peuvent pas nous donner de l'électricité, mais ils peuvent donner la victoire au RPG. Nous allons mettre à nu tout cela et tous ceux qui se sont comportés de manière anti républicaine, nous allons les dénoncer et exiger qu'on se débarrasse d'eux, parce qu'ils mettent effectivement la paix en danger dans notre pays. Notre priorité aujourd'hui est que l'opinion nationale et internationale sache que ce qui vient de se passer est inacceptable et que le vrai résultat partout sur le terrain national doit être sorti. Ce qui s'est passé, ça a été un échec total de nos institutions, c'est le gouvernement, la CENI et la justice. Si nous voulons que tout cela soit réparé au nom de la République, il faudrait qu'on se mette ensemble ».

Au moment où nous allions sous presse, la journée ville morte décrétée par l'opposition avait commencé à produire ses effets, par la paralysie de certains quartiers de la banlieue de la capitale.


Moussa Thiam

L'Indépendant, partenaire de GuineeActu


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