Foire d'empoigne autour des résultats du vote

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CONDE_Alpha_30_01Au fur et à mesure que la CENI égrène les résultats du vote, on assiste à de chaudes empoignades entre la majorité présidentielle et l'opposition. La témérité du leader syndical, Aboubacar Soumah, qui est en train de faire plier le gouvernement, est aussi l'autre aspect de la vie nationale qui a retenu notre attention, durant la semaine écoulée.


On est en plein imbroglio post-électoral, avec la contestation des résultats sortis des urnes, par l'opposition guinéenne. Même l'UFDG, qui a tenu la dragée haute au parti au pouvoir, se dit victime de fraude électorale. Le RPG non plus n'approuve pas la manière dont le vote s'est déroulé dans certaines circonscriptions électorales du pays. Comme à Mamou où sa fédération, a d'ailleurs saisi la justice d'une plainte contre l'UFDG. Parce que non satisfaite des résultats proclamés par la CACV.


Par la suite, le parti au pouvoir sera débouté par la justice de sa plainte. Celle-ci va ainsi confirmer la victoire de l'UFDG, dans ce fief que le pouvoir voulait lui ravir coûte que coûte. Cette foire d'empoigne autour des résultats que la CENI publie au compte-goutte, risque d'en rajouter à la grisaille politique. Si ce n'est déjà le cas. Les incidents enregistrés dans la capitale et dans certaines localités intérieures, au lendemain du vote, illustrent cette atmosphère de surchauffe politique.


Le pouvoir d'Alpha Condé est dans un trou d'air

Dans le camp de la majorité présidentielle, on essaie certes de faire bonne mine à mauvais jeu, après leur déconvenue à ces élections municipales. Vu que le RPG n'a pas pu passer ses adversaires au fil de l'épée. Alors qu'il s'était juré de ne laisser aucune commune ni à l'opposition, encore moins aux candidats indépendants. Pourtant au vu des résultats, cela donne l'impression que le président Alpha Condé et son parti se sont laissés bercer par l'illusion que le cœur des Guinéens est largement conquis. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Et nous avons vu que toute la mobilisation de l'administration publique, avec les moyens de l'État, aux côtés du RPG, ne s'est soldée que par un flop total.


Je dirai qu'à défaut de disposer d'instituts de sondages en Guinée, les résultats de ces élections locales constituent un indicateur « fiable », pour mesurer la popularité du chef de l'État. Ainsi quand on se réfère au score obtenu, par son parti, qui, avec l'UFDG, se tiennent dans un mouchoir de poche, selon les résultats provisoires, contestés d'ailleurs, par le parti de Cellou, on est en droit de dire que le président est dans un trou d'air.


L'opposition et le syndrome de la citadelle assiégée

Il faut souligner que le président de l'UFDG, Cellou Dalein Diallo ne démord pas et demande des comptes à la CENI, autour des résultats de plusieurs circonscriptions électorales, où le principal parti d'opposition continue de clamer sa victoire. Il s'agit notamment des 4 communes de la capitale, hormis Kaloum, où c'est la liste indépendante de Mme Camara Aminata Touré, qui arrive en tête. Les autres communes de la Basse Guinée, excepté bien évidemment Boffa et Coyah, figurent dans les griefs portés par l'UFDG. Boffa et Coyah elles, sont tombées, on le sait, dans le giron des candidats indépendants. Ce qui revient à dire, en passant que les listes indépendantes ne s'en sont pas sorties, comme de simples ramasseurs de casquettes.


Pour revenir aux recours portés devant les organes compétents en la manière, il faut préciser que l'UFDG, n'est pas le seul parti de l'opposition à avoir intenté des actions dans ce sens. L'UFR, le BL et bien d'autres formations politiques, qui se sont cassé le nez, dans cette élection, ont aussi porté des recours auprès des juridictions compétentes, que sont les tribunaux de première instance.


La démarche a porté ses fruits pour le parti de Dalein qui, à Fria par exemple, a obtenu un siège de conseiller, suite à la délibération du tribunal. Reste à savoir s'il en sera ainsi dans les autres localités, où des récriminations ont été formulées contre le pouvoir et la CENI, qui sont accusés d'être de connivence, et d'avoir manipulé les résultats du scrutin, en faveur du RPG.


À force de faire appel au registre de la victimisation, certains observateurs se demandent si l'opposition n'est pas au final, atteinte du syndrome de la citadelle assiégée. Quand on sait qu'elle a pris part à la création de cette CENI, qu'elle flétrit aujourd'hui. Pour ces observateurs, l'opposition ne doit s'en prendre qu'à elle-même. Car ayant suffisamment appris de l'expérience vécue, depuis 2010, pour ce qui est de la pratique électorale en Guinée. Se faisant, elle aurait dû plutôt en prendre de la graine pour se prémunir contre toutes les dérives en matière électorale. Mais au lieu de ça, elle tente de faire pleurer dans les chaumières.


L'Indépendant, partenaire de GuineeActu


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