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Fonctionnement des Syndicats de travailleurs : la part de vérité de Oumar Kanté

Moussa Thiam  Samedi, 20 Janvier 2018 11:07

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altConseiller juridique de la confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG), Oumar Kanté nous parle de l'objectif principal d'un syndicat. Il s'agit selon lui de protéger les intérêts des travailleurs. Dans cet entretien, le camarade Oumar Kanté abordé aussi les questions liées aux différentes négociations que les syndicats et gouvernement ont eu à faire ces derniers temps.


Dites-nous qu'est-ce qui passe actuellement dans votre organisation CNTG ?

Vous savez, notre organisation est une organisation syndicale, qui ne défend que les intérêts moraux et matériels des travailleurs. Tout se passe bien. Chaque année, il est prévu que le mouvement syndical guinéen présente son cahier de doléances au gouvernement en vue des négociations de chaque année. Et les négociations se font au mois de septembre de chaque année. C'est une plate-forme revendicative qu'on présente. Maintenant, dans le dialogue social, le dialogue social est tripartite. Il y a le gouvernement, le patronat et le mouvement syndical. C'est à l'issue de ce dialogue que les différents points de revendications ont été soumis à nos partenaires sociaux. Au mois de Septembre 2017, puisqu'on avait déjà présenté la plate-forme revendicative au niveau du gouvernement. Si vous vous souvenez, en février 2017, il y avait eu une grève qui avait été lancée qui s'est soldée même par la mort d'hommes. La grève a été suspendue avec un protocole d'accord qui avait été signé. Les points de revendication qui n'avaient pas trouver solution, ont été mis dans la plateforme revendicative qui devait faire l'objet d'une négociation en septembre 2017. En Septembre 2017, on nous a effectivement adressé des courriers pour nous dire que les négociations vont être relancer en Septembre 2017 et ça été fait.

Au cours des négociations, il y a eu des difficultés. D'abord, pour la valeur d'indice monétaire des enseignants. Ça c'est quelque chose qui avait été obtenu. Mais avec la nouvelle grille salariale, ils ont remis ça en cause. Maintenant il fallait discuter de ça comme premier point au mois de Septembre 2017.

Au cours de négociations, il y avait un autre problème. Il y avait 5 600 et quelques travailleurs jeunes fonctionnaires qui avaient été recrutés mais qui n'ont pas été pris en charge. Nous avons cherché un spécialiste de questions salariales qui est venu, un expert international qui a fait une évaluation. Cette évaluation a fait ressortir que si, on revient à l'ancienne valeur monétaire, ça fait une augmentation de 40% de la masse salariale. Et si on le fait en un trait, en ce moment, le gouvernement ne pourrait pas employés les nouveaux jeunes recrutés. Donc, il fallait négocier. Le syndicat défend les intérêts moraux et matériels des travailleurs. Les jeunes qui sont là ont été recrutés mais ils n'ont pas été engagés et pris en charge. Nous, nous voulons que les jeunes-là soient engagés pour rajeunir la fonction publique.

Donc, on était entre deux problèmes. Est-ce qu'il faut remettre la valeur monétaire d'indice et abandonner les jeunes là ou-bien, il faut prendre les jeunes et négocier, ré échelonner l'application de l'ancienne valeur d'indice monétaire. N'oubliez pas, la somme qui peut être dégagée mensuellement pour payer plus de cinq travailleurs. Donc, on a dit d'engager les jeunes, vous les payer et ils travaillent. En ce qui concerne la valeur monétaire d'indice, maintenant on va vous accorder un échéancier pour en mettre. C'est ce qui a été fait et c'est ce qui a été signé. Ça, c'était en Septembre.

En Novembre, effectivement le gouvernement a pris en charge les cinq mille et quelque travailleurs comme nouveaux fonctionnaires. Maintenant, tout le problème est venu de là. Ils ont dit, qu'ils ne sont pas d'accord avec l'échéancier (SLECG). Ils ont dit que si ce n'est pas appliqué intégralement, eux, ils ne sont pas pour et qu'ils vont déclencher le mot d'ordre de grève mais sans associer les centrales à laquelle ils sont affiliés (USTG et CNTG ).

Voilà fondamentalement le problème. Ça ne signifie pas que tous les points mis à la plate-forme revendicative, ont été examinés. On a suspendu. Ça devrait rependre en fin Septembre. C'est un accord à mi-parcours qui a été obtenu. Maintenant qu'il s'est trouvé qu'il y a le mouvement là, personne ne peut plus parler. Au lieu de chercher à régler le problème, on a déplacé le problème pour en faire un problème politique. Le gouvernement a failli dans ça. Sinon le problème est posé. On appelle les différentes parties, on examine le problème. Mais chacun a tapé sa poitrine et voilà ce que ça donné.


Vous dites qu'au mois de Septembre dernier vous étiez en négociation. Faites-nous la situation de l'accord ?

C'est un accord à mi-parcours. Pour remettre la valeur du point d'indice, ils ont échelonné. Au mois de Février 2018 10%, au mois d'Octobre 2018 10%, en Février 2019 10% et en Octobre 2019 les autres 10%. Ça fait les 40%. Les nouveaux fonctionnaires qui avaient été recrutés mais qui n'ont pas été pris en charge, ont été pris en charge par le gouvernement et au mois de Novembre, les jeunes-là ont été engagés et payés. Tous les points de revendications qui ont été mis dans le cahier de charges, n'ont pas fait l'objet de discussion. L'accord qui a été obtenu, un accord à mi-parcours était là. Maintenant, les autres points devraient être discutés. Le mouvement n'a pas permis à ce que les parties se retrouvent pour en discuter.


Qu'est-ce que vous retenez de Dr Ibrahima Fofana ?

Un grand syndicaliste, un homme de parole et d'honneur. Que son âme se repose en paix. Je l'ai pas beaucoup pratiqué puisque, je suis venu comme conseiller juridique de la CNTG en 2006. Puisqu'il y avait trop de problèmes, il y avait des questions d'ordre juridique qui se posait. Si on ne faisait pas appel à un juriste, non seulement les procédures allaient être faussées et mieux, certains points d'ordre juridiques n'allaient pas être réglés. C'est par rapport à ça que je suis venu en 2006. Donc, je l'ai pas beaucoup pratiqué, mais pour le peu de temps que je l'ai pratiqué, voilà un homme respectable et honnête.


Nous sommes en 2018. Qu'est-ce que la CNTG envisage pour cette année ?

Avant la fin de 2017, il y a eu assez de projets. Il y en a des projets qui ont été réalisés, il y a eu des acquis. Mais, il y a beaucoup de choses qui restent à faire. C'est ce que nous projetons pour l'année 2018 bien-entendu avec d'autres projets que nous allons élaborer. Quand je dis projet, comprenez toujours que c'est dans la satisfaction des intérêts des travailleurs et leur protection. Les négociations continuent.


Quel est le message que vous voudriez bien lancé à vos pairs syndicats et du peuple de Guinée ?

J'appelle à la cohésion, à l'unité d'action de toutes les centrales syndicales guinéennes pour que le mouvement syndical guinéen soit un syndicat dynamique, qui n'œuvre que dans le seul intérêt de défendre les intérêts des travailleurs, des travailleurs guinéens et du monde entier. Puisque nous sommes affiliés à d'autres organisations sous régionale, régionale et mondiale qui ne défendent que les intérêts des travailleurs. Donc, c'est la solidarité, l'unité d'action et la cohésion.


Entretien réalisé par Moussa Thiam

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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