Mouvement syndical : les dirigeants à couteaux tirés

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SOUMAH_Louis_MBemba_01Visiblement, tout porte à croire que les activités scolaires vont être paralysées dans les jours à venir, avec la grève annoncée pour le 1er Février. C'est le moins qu'on puisse dire. Après la suspension du mot d'ordre de grève obtenue grâce à la médiation des dignitaires religieux, les deux camps campent sur leurs positions. Et pire, une guéguerre mine le bureau exécutif du syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), avec l'exclusion d'Aboubacar Soumah, meneur du mouvement de grève.


Le Secrétaire général de l'USTG est très amer envers le syndicaliste Aboubacar Soumah. « Il ne respecte ni le syndicat, ni les autorités, il fait ce qu'il veut. On a été obligés de l'exclure du syndicat », martèle Louis M'Bemba Soumah, invité de l'émission les grandes gueules, de la radio espace fm. Interrogé par nos confrères, le Secrétaire général de l'USTG, a, à cet effet, indiqué qu'il est imaginable de comprendre les actes que pose le Secrétaire général adjoint du SLECG.

« Il s'est permis de voler par effraction dans le bureau du trésorier des cartes des membres pour aller les distribuer. Il ne s'est pas contenté de ça, il va jusqu'à aller imprimer les cartes de SLECG, qu'il signe lui-même et qu'il va pour distribuer. Ce n'est pas tout. Il se permet d'organiser des assemblées générales et des réunions clandestines sans l'aval du bureau national. Il n'est même pas le premier responsable, il est un adjoint. Il se permet également d'envoyer des jeunes qui ne sont même syndicalistes à l'intérieur du pays pour aller dit-il changer les bureaux de SLECG et mettre en place d'autres bureaux. On ne comprend rien, il n'est pas normal, on dirait que c'est la folie qui le prend », accuse Louis M'Bemba.


Est-ce que l'exclure, ce n'est pas mettre de l'huile sur le feu, a-t-il été demandé. Le camarade Soumah de l'USTG répond : « cela ne nous dérange nullement. Nous sommes régis par des textes et de lois. Si quelqu'un ne respecte pas ces textes et ces lois, il fait ce qu'il veut, nous sommes obligés de l'exclure. Quand bien même, on a tout fait pour le ramener à l'ordre ».


Pour sa part Aboubacar Soumah, le secrétaire général adjoint de Syndicat libre des enseignants chercheur de Guinée (SLECG) réfute toutes ces accusations. Abouabacar Soumah estime que le « mandat de Sy Savané a expiré », ajoutant que l'autre camp a pris cette décision juste pour exclure ses proches. Aboubacar Soumah que la raison de son exclusion est due à «l'argent. Quand l'argent parle la raison se tait. C'est l'argent qui fait que ces gens ont pris cette décision ».


En ce qui concerne les accusations portées contre lui par le Secrétaire général de l'USTG, il répond : « Je ne reconnais pas cela. Le Secrétaire général Louis M'Bemba Soumah a été entrainé dans cette situation par le général Sy Savané qui est son adjoint. Je suis très étonné qu'il s'exprime en ces termes ». Avant d'indiquer qu'ils viennent d'enterrer ensemble la hache de guerre.

« Nous avons dit (Louis M'Bemba Soumah, Souleymane Sy Savané et Aboubacar Soumah, ndlr) d'enterrer la hache de guerre. Ils ont dit que je suis allé à la grève sans eux. C'est ainsi, nous avons repris ensemble une correspondance qu'on a adressée au gouvernement, sous couvert des chefs religieux. Correspondance qui prend en compte les revendications qui étaient dans la plateforme revendicative de la grève passée. A cet effet, et Louis M'Bemba Soumah, et Sy Savané et moi-même nous avons signé cette correspondance. Comment se fait-il, maintenant qu'ils puissent prendre une telle décision, si ce n'est pas l'argent qui les a amenés à se désolidariser de nous », s‘est-il interrogé.


Parlant du fonctionnement du bureau national du SLECG, il a relevé qu'il est le secrétaire général adjoint de Sy Savané. Mais que ce dernier a abandonné le SLECG « depuis plus de deux ans. Il ne s'intéresse qu'aux activités du Conseil économique et social. Il ne venait plus au siège du SLECG. Toutes les réunions étaient présidées par moi, les PV en font foi, c'est vérifiable », précise-t-il.


A l'en croire à chaque fois qu'il invitait ce dernier pour les comptes rendus à la base, « ils nous ont dit qu'ils n'ont pas besoin de la base. Nous, nous avons convoqué la base. Nous avons fait le compte rendu du protocole qui a été signé et qui fait l'étalage du point d'indice sur deux ans », a-t-il expliqué.

« C'est suite à ces assemblées que la décision a été prise de déclencher un mouvement de grève. Ce ne sont pas des assemblées ni de réunions clandestines. Je suis membre du bureau et j'ai mon bureau au siège. Donc je n'ai fait effraction d'aucune porte, j'ai les clés », relève-t-il.


A propos des cartes des membres, il a expliqué que c'est au cours d'une assemblée que lesdites cartes ont été sollicitées.

« A la présence du trésorier qui a la gestion des cartes, il nous avait dit que les cartes se trouvent dans son tiroir. Nous avons pris 200 cartes... et après cela, nous avons confectionné près de 4 000 cartes. Ensemble, nous avons donné toutes les informations liées à ça. Ainsi, nous avons dit, nous allons envoyer les missions pour dispatcher les cartes. Mais aussi mettre en place des bureaux dans les préfectures. Nous avons pris ensemble ces décisions avec Sy Savané, le trésorier. Nous étions dans cette dynamique et dès que l'argent est tombé, ils ont fait volteface. Et Sy Savané a refusé de signer l'ordre de mission », a-t-il dit.


Depuis, ajoute-t-il, il n'a plus assisté et lui et son groupe. Ils ne sont plus revenus au bureau national. « Ils sont allés au siège de bureau de l'USTG, partager cet argent et ensuite prendre cette décision », révèle-t-il.

Selon lui, c'est le gouvernement qui aurait donné 100 millions « dans le but d'aller déstabiliser nos structures à la base, afin d'empêcher la grève qui est en vue ».


Richard Tamone

L'Indépendant, partenaire de GuineeActu


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