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Suspension de la grève du SLECG : un accord au forceps
Amadou Tidiane Diallo Jeudi, 14 Décembre 2017 09:50
La grève des enseignants a été suspendue le 7 Décembre 2017 pour 2 mois par le secrétaire général du syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), Aboubacar Soumah, en accord avec la base syndicale. Cet accord arraché au forceps, a bénéficié de l'implication des leaders religieux et des acteurs de la société civile.
Le mot d'ordre de grève lancé depuis le 13 Novembre dernier par le SLECG, a été levé. En dépit des menaces et autres arrestations de leurs dirigeants, les syndicalistes ont tenu jusqu'au bout. Aboubacar Soumah, le leader syndical a réussi à obtenir l'adhésion de la base pour la suspension de la grève, suite à son compte rendu de ce qui s'est passé entre lui et les chefs religieux, notamment Elhadj Mamadou Saliou Camara et l'archevêque mon seigneur Vincent Koulibaly.
« Au départ, on a traité notre mouvement de grève de sauvage, de grève illégale, que nous sommes des rebelles. On nous a traités de tous les péchés d'Israël. Aujourd'hui, nous avons été saisis par les autorités religieuses pour essayer de faire en sorte que le pont de couloir de négociation soit ouvert entre le gouvernement et nous. Sans doute que ces autorités là ont été saisies par le gouvernement. Nous avons été à plusieurs reprises à la grande mosquée Fayçal. Il nous a été demandé de suspendre la grève et de leur permettre de mener les démarches. Nous leurs avons dit que la suspension de la grève est subordonnée à un certain nombre de préalables. La valeur monétaire du point d'indice dont le principe de payement a été obtenue dans le Protocole que nous avons regretté. Nous avons demandé à ce que ces 40% qui étaient déjà avec nous soient payés immédiatement », a-t-il regretté.
Poursuivant, les syndicalistes disent constater la rétrogradation des enseignants. Selon lui, tous les enseignants ont été rétrogradés dans la nouvelle grille salariale. Cette grille salariale n'a connu aucune augmentation de salaire.
« Nous avons demandé exclusivement pour l'éducation une nouvelle grille salariale en 2008 qui a été élaborée et qui a été transmise après avoir été entérinée au niveau de trois départements en charge du système éducatif. Cette grille salariale là a été transmise à la fonction publique en 2009 pour son application. Depuis cette date, cette grille salariale là est en train de mourir dans les couloirs de la fonction publique », rappelle le syndicaliste.
Pour Aboubacar Soumah, le SLECG a, d'autres combats pour que les 1030 enseignants retraités soient payés intégralement à la fin du mois de Décembre. Pour le secrétaire général adjoint du syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée, les discussions par rapport à la sollicitude des chefs religieux qu'au moins les 20% soient payés en 2017 et que les autres 20% soient payés dans le premier trimestre de l'année 2018. Quand cela est acquis, la grève sera suspendue.
« Nous évoluons vers les négociations sur 8 millions. Il nous demande de rester derrière eux comme l'a fait le président de la République. Ils nous ont demandé cela nous leur avons dit qu'on a entendu. J'aurais voulu qu'on soit derrière les chefs religieux, qu'on accepte. Il ne faut pas qu'on dise qu'ils sont têtus même les chefs religieux ils ne les écoutent pas. On leur donne le temps de mener les démarche au moins 2 mois, voire même 3 mois », estime le secrétaire général adjoint du SLECG.
La grève a donc été levée, et au moment où nous allions sous presse, les cours avaient repris normalement dans la capitale et dans les provinces intérieures.
Amadou Tidiane Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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Commentaires
- le caractère autocratique, corrupteur et répressif de la gouvernance d'AC (un chef d'Etat qui s'octroie un budget de 300000 euros/jour et se ferme à tout dialogue visant à améliorer les conditions salariales précaires des travailleurs du secteur clé de l'éducation nationale de son pauvre pays);
- le mépris que l'Etat guinéen continue à vouer manifestement à tout ce qui relève du libre fonctionnement des institutions étatiques et légales de ce pays aux moeurs politiques on ne peut plus singulières;
- une preuve supplémentaire, s'il en fallait encore, qu'à l'instar des autres dictateurs françafricains notamment, AC travaille non pas à favoriser une transition démocratique et constitutionnelle apaisée en 2020, mais à s'accrocher au pouvoir par tous les moyens de l'Etat (le recours à une médiation d'autorités religieuses, que l'on sait à la solde du pouvoir, pour faire suspendre la grève du SLECG, n'augure-t-il pas ainsi de ses déplorables velléités à ne rien concéder à la moindre évolution du contexte démocratique et constitutionnel guinéen?);
- et enfin, une éclatante démonstration faite par M. Aboubacar Soumah et le SLECG que l'arme de corruption du pouvoir RPGiste ne vient pas inéluctablement à bout de tout ce qui vit et bouge dans ce pays, que l'on fait crouler sous une (évitable) misère sociale depuis des décennies de dictatures. Et cette "leçon politique" vaudra toujours mieux que rien (...)








