Affaire 3ème mandat, le coup de gueule des acteurs politiques

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CONDE_Alpha_13_01Quand Alpha Condé dit que « c'est le peuple qui va décider si je suis candidat ou pas », cela ne laisse pas la classe politique dans l'indifférence. Comme il fallait s'y attendre, cette sortie du Chef de l'État a suscité de vives réactions chez des leaders politiques de l'opposition, qui promettent de se battre bec et ongles pour s'opposer à une telle éventualité.


Alhousseini Makanera, président du FND : « le sort de Mugabe doit inspirer notre président »

« Je ne me suis jamais trompé sur l'homme Alpha Condé. J'avais dit c'est un monsieur pour qui la Guinée ne compte pas, ses collaborateurs ne comptent pas. Tout ce qui compte, c'est son pouvoir et peut-être, ce qu'il peut gagner avec son pouvoir. Mais par contre, le peuple a exprimé ses intentions, ses espoirs à travers notre constitution. Mais le président entretient une ambiguïté pour amuser la galerie. Mais je voudrais l'avertir, lui et ses acolytes, le jour où ils se hasarderont à aller à l'encontre de la constitution, ils sauront ce jour-là que nous n'avons ni peur d'Alpha Condé, ni peur de ses acolytes, ni peur de rien. Si nous le respectons, c'est parce qu'il est protégé par la constitution. Et comme la constitution est le reflet de la volonté du peuple de Guinée, par conséquent, c'est le peuple de Guinée que nous respectons, à travers lui. Mais s'il ne respecte pas le peuple de Guinée, il saura que les Guinéens ne sont pas des moutons et que les temps ont changé. J'ai cru comprendre que ce qui se passe avec Mugabe aurait pu inspirer notre président. Mais, il saura que les jeunes de Guinée qui sont branchés sur l'internet ne peuvent pas sacrifier leur vie pour quelqu'un qui a au-delà de 80 ans ».


Mousliou Haidara, membre de l'UFDG : « les choses semblent se préciser »

« D'abord ce n'est pas une surprise pour moi parce que ce n'est pas la première fois. A chaque fois qu'il est confronté à cette question, pour répondre, il a toujours entretenu le flou. Ça ne commence pas maintenant. Pratiquement, depuis l'année dernière, il l'a dit en France, au Maroc, un peu partout. Mais plus nous approchons de 2020, plus les choses se précisent. C'est-à-dire cette fois-ci, il est allé avec plus de précisions. Pour ceux qui savent lire entre les lignes, c'est une intention clairement exprimée parce qu'on ne peut pas se rabattre sur le peuple, pour dire le peuple doit décider. Le peuple a déjà décidé en mettant dans une constitution qui a permis Alpha Condé d'être élu président, sur laquelle il a prêté serment, et il a été relu pour une deuxième fois, prêté serment aussi. Il ne peut pas cracher sur une telle constitution pour parler d'une autre constitution ou parler d'une autre décision du peuple.

Le peuple a déjà décidé que dans cette constitution le président est élu pour un mandat de 5 ans renouvelable une fois. Donc, ce sont 2 mandats au maximum et pas plus et aussi la limitation de mandat sont des éléments intangibles qu'on ne peut pas toucher. Mais, aujourd'hui, la plupart des gens qui sont dans un certain rouage politique savent que des soi-disant juristes ont été commis, pour voir la faisabilité de l'élaboration d'une nouvelle constitution sur laquelle on indiquera non seulement un mandat de 7 ans, renouvelable 2 fois et qui s'appliquera à partir de 2020. Et cela voudra dire que le président Alpha Condé compte en ce moment briguer encore un nouveau mandat pour dire qu'il est élu sur la base de cette nouvelle constitution. Mais ceux qui pensent que ce sont des arrangements possibles, ils se trompent, parce que ça n'arrivera pas et le peuple de Guinée ne se laissera pas faire. C'est ce que Blaise a essayé de faire au Burkina, ça l'a emporté. Tous les Dinosaures sont en train de tomber. Robert Mugabe qui pensait être inamovible qui se permettait de faire n'importe quoi avec le peuple, aujourd'hui le peuple s'est réveillé, on ne peut plus le bâillonner jusqu'au bout. Donc Alpha Condé s'il pense que cela marchera, il se trompe…»


Dr Faya Millimouno, président du BL : « c'est une question définitivement réglée »

« La question d'un 3ème mandat en République de Guinée ne mérite pas d'être posée parce que de la même manière, on ne doit pas poser si ce pays va cesser d'être laïque ou va devenir islamique, de la même manière si la Guinée doit cesser de devenir une République unitaire. Mais qu'à cela ne tienne, la question est posée et le président répond de manière floue en disant, c'est le peuple qui va décider. Le peuple n'a rien à dire par rapport à ça, parce dans la mesure où la question ne mérite pas d'être posée au peuple, il n'a pas à attendre la réponse du peuple. Il y a simplement une chose sur laquelle nous, nous voulons insister. Ce pays a eu comme histoire politique ou violence depuis son indépendance, les années 2000. Parce que le verrou qui était dans la constitution empêchant un 3ème mandat a été levé par des différents groupes de personnes, des clientélistes et en ce moment-là, le président Lansana Conté était visiblement malade. Ce 3ème mandat du général Lansana Conté a été la pire des choses qui se sont passées au peuple de Guinée. Le pays était dans la main des vautours. Chacun pouvait tuer, violer, voler comme il pouvait. Cela a conduit le pays à une faillite à la fois morale, économique et sociale. Naturellement, des couches entières se sont senties abandonnées. Les jeunes ont réclamé le changement, que de morts, que de blessés. Sommes-nous prêts aujourd'hui en tant Guinéen a revisité cette page de l'histoire, je ne crois pas. Donc, c'est cette question que les gens n'arrêtent pas de poser au Pr. Alpha Condé. A mon avis, elle n'a pas de sens. Il faut qu'on fasse comprendre que la Guinée a besoin d'évoluer, d'aller de l'avant. C'est une question définitivement réglée».


Amadou Sadjo Diallo

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu

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