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« Alpha Condé est sur une pente glissante »
Amadou Tidjane Diallo Dimanche, 05 Novembre 2017 10:12
Alhousseny Makanera Kaké, président du Front National pour le Développement (FND) a accordé mardi 24 Octobre dernier un entretien à la Radio Globale FM dans l'émission « des idées » pendant laquelle, il a abordé plusieurs questions d'actualité nationale, notamment les manifestations enregistrées à l'intérieur du pays et la promulgation du code électoral. Il a ensuite abordé le point dur la présence massive des policiers dans les différents carrefours de la capitale.
Vous avez dit que c'est vous en 2010, avant qu'Alpha condé ne soit à la tête de la magistrature du suprême, qui aviez décidé de changer le nom du RPG en le transformant en RPG-arc-en-ciel. Aujourd'hui, est-ce que vous avez des témoins ou des preuves de cette affirmation ?
Bon! Le témoin, c'est Alpha Condé d'abord. Vous savez la fusion ne s'est pas faite en un jour. Ça pris près d'un an. Je lui ai dit nous devons relever le défi. Nous devons faire en sorte que nous puissions introduire des changements, des réformes. Les réformes sont coûteuses. Pour réussir les réformes, il faut que vous soyez soutenu par la majorité des populations et pour cela M. le président je vous propose de créer un grand parti à l'image de l'ANC (parti de Nelson Mandela).
Pour cela, je vais proposer à tous ceux qui vous ont accompagné de faire la vision pour créer un grand parti national. La première fois que j'ai dit à Malick Sankhon et à Soumah Soriba, ils étaient contre. Soumah Soriba a dit moi j'ai créé mon parti pour devenir président. Ce n'est pas pour faire la fusion. Le jour qu'Alpha Condé nous a reçus tous à Kipé, quand je suis venu, j'ai pris la place là où il y avait tout le monde. Dès qu'Alpha est rentré dans la salle, il a dit amenez une chaise ici. Makanera vient à côté de moi parce que c'est toi qui a initié tout ça. Cela s'est passé devant tout le monde. Le Dr Dine Condé doit être à Matam ici parce qu'on a commencé les premières réunions. J'avais voulu faire participer tout le monde. J'ai délocalisé les réunions.
On les a tenues à Matam chez le Dr Dine Condé avec Dr Allareny Keita parce que quand j'ai décidé de la de la fusion, il y a eu 3 personnes au départ. Dès que je suis sorti du bureau du président Alpha Condé, j'ai rencontré le Dr Dine Condé et Allareny Keita. De là -bas nous avons rencontré l'actuel conseiller du président de la République Jo Sidibé qui était du NGR. Voilà les 3 premières personnes qui m'ont accompagné. Tous les autres qui sont venus après dans la fusion et dans le RPG arc-en-ciel sont venus après ces 3 personnes. Maintenant, si on trouve tout ce qui est fait là , que c'est lui qui l'a produit, est médiocre, mais ce qu'il a fait est bon, c'est ça le paradoxe guinéen.
On va s'intéresser cette fois-ci à la déclaration de Malick Sankhon du RPG qui a dit, au cours d'une assemblée générale du RPG, avoir recruté 2500 à 3000 hommes qui vont empêcher toutes sortes de manifestations au niveau de la Caisse nationale de la sécurité sociale. Quelle est votre réaction ?
Je crois que c'est un propos très dangereux. Dangereux, en ce sens que dans un pays normal, nul ne peut avoir une milice; dangereux, en ce sens, lors des manifestations, il y a trop des morts et on n'arrive pas à élucider. Si quelqu'un revendique publiquement et devant tout le monde que lui, il a une milice que ceux qui ne sont pas d'accord avec vont marcher sur eux, est-ce qu'on ne peut pas autour de lui et à travers lui, chercher à savoir pourquoi il y a temps de crimes dans ce pays ? Je suis étonné le fait que pour l'image même de notre pays et même du régime d'Alpha Condé qu'il ne soit pas encore interpellé. Lorsqu'Ousmane Gaoual Diallo a tenu des propos comme ça, il a été interpellé. Maintenant, si Malick Sankhon tient des choses comme ça, sans qu'il ne soit interpellé cela m'inspire qu'on n'a pas un État. Et puis, ce n'est même pas les mêmes propos quand je reprends ce que le fédéral a dit, s'ils n'organisent pas les élections s'ils ne respectent pas la constitution, l'armée n'a qu'à prendre le pouvoir. Mais si le mot si est valable, on pouvait mettre Paris dans une bouteille, il a conditionné. Je ne sais pas qu'est-ce qu'il a fait là -bas comme faute. Je crois que le président de la République lui-même n’est pas fier de nous dire je viole la constitution. Je n'organise pas des bonnes élections. Alpha ne le dira pas. Je ne sais pour quelle velléité, le procureur l'a interpellé parce que le président lui-même ceux qui ne sont pas démocrates ils n'osent pas dire qu'ils ne sont pas démocrates.
Quelqu'un a dit que l'hypocrisie ne pas seulement l'hommage que le vice rend à la vertu mais c'est la reconnaissance de la vertu en tant que vertu. Le fait qu'on a dit démocratie là , c'est ça la vertu et ce que lui, il a dit ce pour protéger cette démocratie et c'est ça même le rôle des procureurs ; les gardiens de la loi, de la stabilité, de la quiétude, et de la sécurité de la société.
Ce que Malick Sankhon a dit, aucun homme politique, ne l'a dit dans ce pays d'abord parce qu'au moins lorsque vous formez une milice privée, cela veut dire que vous, vous mettez en contre de la démocratie, de la liberté. En 2010, j'étais avec Malick, nous étions liés. On marchait ensemble. Il n'avait même pas de véhicule et quand on trouvait un véhicule pour trouver le carburant, il partait chez Elhadj Mamadou Sylla pour aller chercher le prix de 10 litres d'essence. Mais lui, aujourd'hui, il est le directeur général de la CNSS. Par conséquent, il gère l'argent des individus c'est-à -dire des malades retraités qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts qui traînent dans toutes les communes ici pour avoir un peu d'argent. Si lui, il est capable aujourd'hui de recruter, d'entretenir 3 000 personnes mais il faudrait que ces gens-la se révoltent pour qu'on améliore leurs conditions de vie. On ne peut pas recruter des milices, les entretenir avec leur argent pendant que quand eux, ils sont malades, on ne peut même pas les évacuer, on ne peut même pas les traiter alors que la cotisation là se fait pour ça.
Il se trouve que beaucoup de préfectures à l'intérieur du pays sont en ébullition notamment Boké, Kérouané, Beyla, Siguiri. Qu'est-ce que cela vous dit ?
Vous savez, il faut faire une analyse profonde de la question. Les remous sont dus aujourd'hui au fait que le président a tenu des promesses qui n'ont pas été réalisées. Deuxièmement, ils sont dits au fait qu'il y a de l'injustice. Ce sont les 2 raisons qui poussent les gens et le sentiment que la population n'a pas de protection. L'État qui doit protéger la population ne joue pas son rôle si nous prenons le cas de Boké. A Boké, les sociétés minières sont parties s'implanter. Boké est une préfecture paisible pour la simple raison, c'est une préfecture composée d'une mosaïque d'ethnies. Vous avez 14 ethnies à Boké qui vivent en symbiose. Donc, Boké accueille, Boké est une terre hospitalière. Donc, ils sont partis installés ces gens à Boké. Ils ont commencé l'exploitation. On a dit avant que les sociétés ne s'implantent, il faut les études de l'impact environnemental et social. Mais quand vous le dites, on dit non, on a fait, on a publié même les études. Mais ce n'est pas vrai. C'est quoi l'étude d'impact environnemental et social ? Vous allez d'abord voir la mine que vous voulez développer, vous faites des études des impacts négatifs que l'exploitation minière va engendrer pour les populations riveraines et pour l'environnement.
Vous cherchez à éliminer tous les impacts qui peuvent être et à minimiser ceux qui ne peuvent être éliminés et à indemniser à juste titre ceux qui seront impactés négativement. Quand vous réalisez ces études, il faut faire la restitution. La restitution s'est allée rencontrer les communautés pour expliquer ce que je viens de dire. Si vous expliquez ça, vous comprenez avec les communautés non seulement elles vont savoir pourquoi vous venez ? Quels sont les inconvénients que cela va engendrer pour eux ? Quels sont les efforts que vous avez fournis pour éliminer ce qui peuvent être pour minimiser ce qui peuvent être éliminés et qu'eux, ils peuvent gagner dans cette exploitation. Si elle s'approprie ça, vous allez développer votre mine en bonne collaboration avec la population riveraine. Mais il n'est pas dit vous faites des études, vous mettez dans le tiroir pour l'exhiber au moment venu pour dire que nous avons fait. Si la population s'est révoltée, c'est que ce n'était pas approprié. Donc, ils n'ont fait aucun effort pour la population. Quand vous regardez le nombre de tonnes de bauxite qui transitent par la voie routière, la première fois de ma vie de voir une telle quantité de bauxites transitées par une voie routière et tous ces impacts et voir que Boké, au lieu, de se développer régresse, c'est inadmissible. Ce que la population demande, c'est peu, c'est l'eau et l'électricité. Quand le président de la République dit qu'on a doublé la production de la bauxite en 2 ans et on a doublé la misère de là où on prend la bauxite là en 2 ans, comment voulez-vous que ces gens là se comportent ? Parce que les résidents même n'arrivent pas à faire le lien entre la destruction de l'environnement et la quantité de bauxite transportée. J'ai vu aussi certaines personnes qui ont écrit, non ! L'exploitation minière de Boké par la SMB ne détruit pas l'environnement. Je crois que c'est l'oxygène qu'ils transportent. Ce n'est pas la terre parce que d'abord l'environnement, c'est la terre. Quand on transporte la terre, on dit qu'on n'a pas détruit l'environnement moi je me demande. C'est quoi l'environnement parce que nous tous, nous nous reposons sur la terre.
Il se trouve qu'il y a eu des représailles parce qu'on a vu des jeunes qui ont reçu des balles en pleine poitrine et mort s'en est suivie. Il se trouve aussi, il y a le mauvais comportement de ces manifestants. Mais les manifestations ne sont pas appréciables ?
Bon ! Vous savez, je suis un ancien de l'UNR. Nous, on n'a pas l'habitude de tourner autour du pot. Il faut dire les choses d'une manière claire et nette. Il y a eu des jeunes qui ont été assassinés, tués par les forces de l'ordre. Ça il ne faut pas avoir peur de dire la vérité. Il y a des jeunes qui ont été tués directement, il y a des morts quand même qui sont des victimes collatérales telles que l'ancien gouverneur de Conakry. C'est suite à ses mésaventures à Boké qu'il en est décédé. Mais dans un pays ou les forces de l'ordre peuvent tuer délibérément et qu'on ne leur demande pas de comptes, si on dit là -bas, c'est un État sauvage, je ne sais pas qui va s'opposer.
Dans tous les pays au monde, les manifestations peuvent être violentes. Vous savez en France quand ils sortent là -bas, ce sont des centaines des véhicules qui sont brûlés. Les manifestations sur la loi m'ont trouvé à Paris pendant au moins un mois. Je sais comment, ils ont massacré un policier. Ils ont mi feu pendant qu'il était dans sa voiture mais il avait l'arme quand il est sorti, il n'a pas tiré sur les gens. Quelqu'un ne peut pas prendre un caillou, vous prenez la kalachnikov, vous le tirez et vous parlez de légitime défense. Bon sens. Il n'y a pas de proportionnalité entre le caillou et la kalachnikov. Donc aujourd'hui, on peut condamner les manifestations violentes mais être président de la République, c'est pouvoir gérer les manifestations. Celui qui ne peut pas gérer les humeurs de la population, ces manifestations ne méritent pas d'être le président de la République.
Aujourd'hui, les gens ne peuvent pas. J'ai vu la route de Kérouané-Kankan. J'ai vu la misère. J'ai vu la pauvreté à Kérouané. Vous savez la pauvreté, c'est le manque de moyens. La misère, c'est quand on vous soumet une injustice, ce que vous méritez à cause de l'injustice vous ne gagnez pas ça. C'est ça la misère. J'ai vu les 2 cohabités ensemble dans des zones ou les gens ont tout sacrifié pour qu'Alpha Condé soit au pouvoir. Je sais que ça n'allait pas durer. Nous venons de quitter Kérouané avec Cellou Dalein. On a dit que Lansana Conté n'aimait pas la Haute Guinée. Il n'a rien fait mais évaluer les ponts, la route que Lansana Conté a fait et comparez ce que lui il a fait. Il n'y a pas commune mesure. Alors qu'au fond, le régime actuel a bénéficié des moyens plus que n'importe quel régime guinéen parce que quand vous prenez les 700 millions de $ reçus par Alpha Condé, ça pouvait faire au temps de Conté peut être c'est tout le budget de la Guinée à l'époque.
J'ai entendu dire qu'Alpha a construit la Guinée. Je suis fier de dire à Matam ici parce que je suis d'ici Hermakono. Quand on venait à Conakry dans les années 1980, le plus beau bâtiment, c'est chez le Kouyaté de carrefour Constantin. C'était le plus beau bâtiment de toute la Guinée avant Lansana Conté. Regardez à sa mort, quelle est la ville qu'il a laissée ? C'est pour dire à son temps, il y a eu des progrès. C'est Lansana Conté qui a permis de libéraliser l'économie de la Guinée, de libérer des initiatives créatrices, de permettre aux Guinéens qui sont condamnés, qui ne pouvaient pas venir, de rentrer au pays, y compris l'actuel président Alpha Condé.
C'est le père de la démocratie et du libéralisme économique. Sékou Touré est le père de l'Indépendance de la Guinée. Je voudrais qu'Alpha Condé soit le père de la consolidation, de la démocratie et de l'alternance. Mais il est sur une pente glissante. Il a glissé et il continue à glisser parce que la première fois peut-être qu'il avait des bonnes intentions parce qu'il ne connaissait pas le pouvoir, il dit je suis Mandela de la Guinée. Je me disais dans la tête qu'en 2015, il allait avoir un combat au sein du RPG pour le remplacer et j'étais même candidat pour être président de la République maintenant là .
Quant il a dit qu'il est Mandela, mais il s'est rappelé que Mandela, c'est un mandat. Il dit maintenant je suis Barack Obama. Donc on continue. Le mandat là finit, il prend un autre mandat. Son exemple maintenant, ce n'est pas Obama, c'est là où les présidents sont éternels. Maintenant l'Occident n'est pas bon même l'Afrique, c'est Paul Kagamé, c'est Sassou Nguesso. Il a changé. C'est ce qui trompe souvent les gens qui n'ont pas approché de président. C'est le fait que sa voiture là quand il clignote à droite, c'est à gauche. Quand il dit, je suis panafricaniste, il faut que l'Afrique assume ses responsabilités. Non, il a peur d'aller à la CPI par ce qu'il veut changer la constitution. Tout le combat, c'est ça. Mais le jour où il dira qu'il est candidat puisqu'il ne respecte pas la constitution, on lui fera comprendre que la protection du président Alpha Condé c'est la constitution. Quand cette constitution n'est rien, son pouvoir n'est rien et à partir de ce jour jusqu'au moment ou nous allons rétablir la constitution, personne n'aura le pouvoir et nous rendrons le pays ingouvernable en tant que patriotes.
Il se trouve qu'aujourd'hui la CENI a proposé une date mais jusque-là cette date n'a pas été promulguée par le Chef de l'État. Et dans les rangs de l'opposition, on estime qu'il y a des avancées et on suspend les manifestations. Est-ce que vous êtes rassuré que c'est tenable cette date ?
Il faut se dire la vérité. Avec Alpha Condé, je ne suis rassuré de rien. Vous savez, nous sommes en train de naviguer entre le pouvoir et la population sans se heurter ni à l'un ni à l'autre. Aujourd'hui, quand on manifeste, on tient compte du pouvoir et la population en général particulièrement à nos militants. Le pouvoir en place a exprimé une volonté de compréhension et de bonne collaboration pour le respect des engagements pris. La population nous a accompagné pas seulement nos militants mais partout où nous sommes passés, nous avons trouvé de l'enthousiasme. Nous sommes convaincus que tous ces gens-là ne sont pas de l'opposition, mais tous ces gens veulent maintenant des élections locales. Tous ces gens-là veulent une amélioration de leurs conditions de vie. C'est pourquoi, nous avons dit puisqu'il y a une certaine volonté exprimée, il faut les laisser et voir ce qu'ils vont faire. S'ils le font tant mieux pour nous tous, s'ils ne le font pas, ce qu'ils ont dit la population est là pour nous accompagner. Elle comprendra que nous avons de la bonne volonté. Ce sont les autres qui refusent parce qu'il faut même si vous avez raison mais si votre raison, votre vérité n'est pas comprise par votre interlocuteur, ce n'est pas la vérité parce que la vérité s'est telle que votre propos est perçu par celui qui vous écoute.
Aujourd'hui, à la CENI, il s'avère qu'il y a une crise qui s'annonce. Il y a un bras de fer entre la commissaire Mme Ramatoulaye Bah et Me Salifou Kébé mais aussi au niveau du département communication.
Bon ! Il y a une crise mais je ne sais pas si elle est suffisante pour bloquer le fonctionnement de l'institution. Le premier cas, Mme Ramatoulaye, moi, je ne suis pas étonné. Vous savez, la plupart des commissaires s'étaient prononcés pour le départ de Bakary Fofana sauf elle. Deuxièmement, vous connaissez ses démêlés avec l'UFDG à Dalaba, à Pita quand elle a voulu faire croire que le parti de son mari devait être en égalité avec l'UFDG. Elle a modifié beaucoup de choses. Donc, ce qui se passe avec Mme Ramatoulaye, ce n'est pas surprenant. Ce qui m'a un peu préoccupé, c'est le cas de Samoura qui vient du RPG. Malheureusement, moi en tant que parti au pouvoir, cette méthode cavalière d'imposer quelqu'un qui vient de votre rang quand-même ne parait pas donner la sérénité au sein de l'institution. Si j'étais conseiller de Me Salifou Kebé, j'allais lui dire de faire attention parce qu'on le regarde, on l'observe. Ce qui allait surprendre, c'est quand quelqu'un du RPG est évincé pour un autre. Mais si on met un nouveau du RPG à un poste pendant qu'il y a des anciens qui n'ont pas des postes, ça ne donne pas une bonne crédibilité.
Parlons-nous de quelque question au niveau de la gouvernance. Il se trouve que vous avez remarqué la présence massive des policiers tout au long des différentes routes de Conakry pour réglementer la circulation. Quelle appréciation faites-vous de cette mesure du département de la sécurité ?
Bon! Je souhaite que ça ne soit pas un feu de paille. C'est regrettable que pour une simple circulation, qu'il y ait autant de mobilisations des véhicules. Ce n'est pas une avancée parce que ça ne durera pas longtemps. Ce n'est pas une avancée, vous savez une avancée c'est quoi ? C'est lorsqu'on ne met pas une barrière pour un homme. Les barrières, c'est pour les animaux. Mais ça là , ce sont des méthodes spontanées qui ne vont même pas durer longtemps. On n'aura ni la possibilité de soutenir le coût. Ils n'auront jamais les personnels pour tenir pendant longtemps. (…)
Il se trouve que l'ancien président de la Féguifoot, Super V Camara et l'actuel président sont convoqués du côté de Zurich par la FIFA pour cette histoire d'audit. On parle d'un détournement de 20 milliards GNF entre 2013-2015. Tout cela vous dit quoi ?
Moi vraiment, je ne suis pas content. Je ne suis pas satisfait. Il ne faudrait pas que notre justice soit la justice des vainqueurs. Si c'était par exemple, le Dr Diané, ministre de la Défense, qu'on auditait, on trouve qu'il a fait ça, alors qu'il est ministre, je serais à l'aise. Mais quand on a déjà enlevé quelqu'un, il n'a plus de capacité de nuisance, il ne peut plus détourner, c'est lui qu'on audite. Celui qui est là -bas aujourd'hui, on ne l'audite pas. S'il faut auditer, c'est par ordre de priorité qu'il faut auditer d'abord ceux qui sont en fonction parce que ce sont eux qui peuvent gâter. Si on finit ceux qui sont en fonction, on arrive maintenant à ceux qui ne sont plus en fonction. Mais si vous dites que c'est l'audit, c'est seulement ceux qui ne sont pas en fonction, ça veut dire quoi. Je vais vous dire quelque chose. Le nombre de scandales financiers récurrents avec Alpha Condé, la Guinée n'avait pas connu ça auparavant. C'est comme pour dire, c'est la première fois que la Guinée a eu un président qui connaît l'argent. Sékou Touré ne connaissait pas. Il se battait pour la Guinée. Je condamne la Guinée. J'ai condamné mon peuple. On ne devait pas voir la famille de Sékou Touré jetée dans la misère. Ça n'encourage pas les autres présidents de se préserver de voler l'argent du pays. Au moins, ces gens-là sont innocents même Sékou Touré avait fait du mal mais ce n'est pas sa famille.
La Guinée allait trouver le minimum pour permettre à la famille de Sékou Touré de bien vivre. Lansana Conté ne connaissait pas l'argent. Le peu qu'il a eu, il a tout mis dans la plantation ici. Mais cet autre-là , si vous devez discuter mine parce que c'est là -bas qu'il est facile de prendre les milliards, ce n'est pas le ministre qui discute, c'est lui. S'il y a des problèmes là -bas, c'est lui qui résout c'est-a-dire, c'est comme pour dire que notre président est venu pour les mines de la Guinée. Mais il est très malin. La Guinée n'est pas scandale géologique. C'est un scandale agricole mais par contre, il sait c'est au niveau des mines, il a doublé la production. Au niveau de l'agriculture, on importe plus de riz qu'avant son arrivée. C'est pour vous dire quand il clignote à gauche, il faut aller à droite.
Qu'est-ce que vous aimez chez le président de la République et qu'est-ce que vous détestez chez Cellou Dalein Diallo ?
Bon ! Ce que j'aime chez Alpha Condé, c'est quand je le vois rentrer dans la mosquée et sortir j'aurais souhaité le voir régulièrement. Mais malheureusement, ce n'est pas régulier. Je l'ai accompagné en 2010 parce qu'il m'a dit, c'est ce que je vais faire. Vous savez, on vote pour quelqu'un sur la promesse.
Ce que je déteste chez Cellou Dalein Diallo c'est le fait qu'il est des fois pour moi très compréhensible vis-à -vis d'Alpha Condé parce que nous, avec notre sang chaud, s'il n'était pas là , peut-être, nous allons anticiper beaucoup de choses. Mais souvent, il est là pour nous dire, il faut lui donner du temps. S'il y a quelque chose que je peux détester, c'est ça mais je le comprends. Il joue le rôle du père. Nous, nous gâtons et il répare mais si nous nous ne gâtons pas, il n'a pas de travail. Il a besoin que nous nous gâtons.
Votre mot de la fin
Je voudrais dire à la population guinéenne de l'intérieur comme de l'extérieur que notre combat n'est pas dit forcément il faut tel ou tel au pouvoir. Le premier objectif de notre combat, c'est de ramener le pouvoir au peuple faire en sorte que demain un président de la république qui sera là ne se comporte pas comme Alpha Condé en prenant la Guinée comme un bien privé en se donnant la capacité et la compétence de repartir le bonheur et le malheur entre les Guinéens. Je voudrai que demain le seul critère de rétribution soit le mérite et non votre appartenance à un clan. Je voudrai que demain que les Guinéens puissent comprendre qu'un président de la République, c'est celui qui a droit à la reconnaissance du peuple. C'est le peuple qui doit l'exiger la reconnaissance parce qu'en allant au bureau de vote, la majorité des Guinéens ne sont pas partis pour voter pour eux-mêmes mais c'est pour voter pour lui. On lui a donné. Tous les Guinéens aspirent aujourd'hui s'il a ça qu'il doit comprendre qu'il devient l'esclave du peuple. Voilà , le combat que je suis en train de mener. Je voudrais que je sois un homme de rupture, un homme à travers lequel le Guinéen comprendra que le ministre, le gouverneur, le préfet, le Premier ministre et le président sont les serviteurs du peuple. Ils ne sont pas supérieurs à ceux là qui les nourrissent, car la main d'en haut est supérieure à la main d'en bas. C'est celui qui nourrit qui est supérieur, et c'est le peuple qui nourrit le président de la République.
Une synthèse réalisé par Amadou Tidiane Diallo
L'Indépendant, partenaire de GuineeActu
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