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Lettre ouverte à son excellence Monsieur Alpha Condé, président de la république de Guinée
Nouhou Badiar Diallo Mardi, 10 Octobre 2017 15:23
Excellence Monsieur le Président,
Je me permets de vous adresser la présente lettre en cette période cruciale de la nation guinéenne, la nation de nos pères, le pays de nos ancêtres, notre pays à nous tous, la République de Guinée. Cette lettre est une lettre ouverte, car ouverte au monde, ouverte à tous les Guinéens, ouverte à votre conscience et à votre écoute.
En effet, toute personne, digne fils ou fille de notre peuple, qui serait président de la République dans ce digne et beau pays, devrait se sentir fière de représenter une si grande nation, dotée de tous les atouts pour un destin fabuleux. En même temps, cet honneur se conjugue avec une exaltante responsabilité. Sans doute, d’autres que moi vous ont-ils déjà dit tout le mal que le régime politique que vous incarnez fait subir au peuple guinéen, et tout spécialement à nos enfants et à toute notre jeunesse. Notre espoir de demain.
Puissiez-vous prendre connaissance de ce qui se dit et se vit au sein de la population ? On le dit de plusieurs manières, parfois en murmurant, parfois en criant dans la rue, malheureusement vos sbires viennent la brutaliser, voire la tuer, car la famine et le désespoir ont gagné la plupart des foyers de nos villes et villages, à travers tout le pays. Quel contraste entre cette misère de la grande majorité des guinéens et l’opulence arrogante qu’affichent des gens de votre famille tant biologique que politique.
Conformément aux droits qui sont reconnus à tous les citoyens guinéens par la Constitution, je prends la liberté de vous adresser la présente lettre, dont l’intitulé est appelé à dessein : « lettre ouverte ». Les principaux motifs de cette lettre se fondent sur la lassitude de notre peuple à l’égard d’un système qui s’occupe de tout sauf de la finalité même de l’Etat. A savoir : l’Homme. L’amélioration des conditions sociales de la population. « Guinée Is back », disiez-vous. Cependant, l’absence de volonté politique et le manque d’initiatives favorables à notre peuple constituent vos signes particuliers. Voilà pourquoi, j’ai décidé de prendre la plume.
Commençons par la jeunesse. Comment peut-on oublier que cette jeunesse est notre espoir de demain ? Et comment le sera-t-elle, si on la détourne du chemin de l’école et de la citoyenneté ? Ce constat triste et malheureux risque de conduire, à terme, à une société guinéenne éclatée, sans âme et sans avenir !
Excellence Monsieur le Président,
Après sept ans à la tête de l’Etat guinéen, force est de constater, avec maints autres observateurs avertis que votre bilan est peu reluisant. Cela devrait vous interpeller et aurait dû, depuis longtemps, vous pousser à changer votre fusil d’épaule. Mais, au lieu de construire le pays sur la base de valeurs démocratiques et de progrès, vous excellez dans la ruse et le mensonge.
Dans un de vos discours creux vous parlez de la relance de l’agriculture notamment le café et le Cacao et ce, pour quelques dizaines d’hectares seulement, comme si cela suffisait pour impulser le développement du pays. Des hôtels dont l’impact reste toujours invisible. Et des projets routiers qui ne verront jamais le jour sauf ceux financés par les institutions internationales. D’ailleurs, ce genre de communication appartient à vos Ministres et non à vous. C’est avec ces promesses sans lendemain que vous voulez séduire le peuple de Guinée afin qu’il vous accorde un troisième mandat ? Vous accusez sans preuve formelle les anciens Premier Ministres d’avoir pillé le pays. Cette façon de polariser l’attention sur les anciens Premier Ministres relève de l’amalgame. En termes d’éthique gouvernementale, pouvez-vous démontrer aux guinéens en quoi votre Régime est diffèrent du Régime précèdent ? Il faut que votre Gouvernement fasse mieux que ces anciens PM. Là le peuple de Guinée comprendra aisément. Vous avez trop agité des histoires d’audit, rien !
Cependant, vous n’avez toujours pas expliqué aux guinéens l’utilité et la destination des millions de dollars décaissés à la BCRG et saisis à Dakar dans un Jet privé en partance à Doubaï ? Mieux, avez-vous expliqué les moyens par lesquels vous avez acheté et distribué aux Imams des Véhicules sortis d’usine ? Ces actes s’appellent indéniablement : détournement des fonds publics. Le pays est mal gouverné depuis des longues années certes mais, votre gestion est la pire qu’a connue notre pays avec une gabegie financière indescriptible. L’État guinéen est devenu plus que par le passé, un terrain de chasse et on y entre pour se servir. N’importe qui, aujourd’hui dépèce notre État-nation comme des indigènes déchiquèteraient un gibier capturé pour les besoins du ventre.
Monsieur le Président,
En 2010, vous avez été déclaré gagnant dans des circonstances nébuleuses. Mais, en dépit de vos origines mystérieuses et de votre parcours politique délicat, le peuple de Guinée en avait fait fi, et a cru en votre personne pour le conduire sur le chemin du bonheur ! Que constate-t-on ? Vous avez envoyé ce peuple à la mort. Allez-y au Marché pour entendre les cris stridents de vos concitoyens. On espérait voir en vous l’homme de la rupture avec le passé, vous avez instauré un régime de terreur, gelant tout vrai développement et projet social, hormis la réalisation de Kaleta et la construction de la Cité Diamond Plazza, rien d’autre ne s’ajoute à l’actif de votre gouvernance.
Comparée à quelques-uns des pays africains qui n’ont pas autant de potentialités et de richesses, la Guinée apparaît aujourd’hui comme un nain, orpheline de leaders politiques visionnaires, ambitieux pour leur pays ! Comment ne pas s’indigner dès lors de vous compter parmi les richissimes hommes politiques africains ? Comment pourriez-vous être fier d’avoir amassé une fortune aussi colossale alors qu’il y a seulement sept ans vous ne portiez que des chemises discrètement rafistolées ?
Le temps de la justice interviendra un jour, soyez-en convaincu. La crainte, dit-on, est le commencement de la sagesse. Vous avez tout intérêt aujourd’hui à opter pour le chemin de la sagesse, en préparant votre sortie de l’arène politique guinéen.
N’oubliez pas que vous ne marquerez pas l’histoire de la Guinée avec un discours haineux et systématiquement manichéen qui divise les Guinéens en bons et méchants citoyens, destinant les uns pour la gloire et le paradis, les autres à la vindicte de leurs concitoyens et pour la géhenne (les enfers). Nul ne pourra gouverner la Guinée sans procéder à l’exclusion de la haine. Aucun de vos conseillers n’osera vous tenir un tel discours en face, de peur de perdre son poste et surtout son « beefsteak ». Quant à moi, J’ai tenu cependant à vous l’écrire par probité intellectuelle pour le bien de notre pays.
Vous êtes entré dans l’histoire d’une manière brutale, avec violence, car il y a eu du sang qui a coulé dans plusieurs de nos Préfectures, puis vous envoyez Dadais Camara en exile pour faire le vide du pouvoir afin de vous y placer sans crainte. Comme déjà souligné plus haut, en dépit de vos origines mystérieuses, le peuple guinéen espérait cependant que vous seriez l’homme de la paix et de la renaissance de la Guinée dans tous les domaines. Hélas, la Guinée est tombée en panne. Son appareil étatique connaît une gestion calamiteuse. En effet, l’éthique et la moralité sont en décalage profond ! Les richesses sont confisquées par vous, les membres de votre famille biologique et ceux de votre famille politique, qui se conduisent tous comme des maffieux n’ayant aucun respect pour la vie et la dignité de la personne humaine.
Monsieur le Président,
Il est vraiment loin, ce temps où les Guinéens pouvaient circuler librement à travers tout le pays, se visitant et s’installant partout sans trop craindre d’être victime de l’insécurité et du tribalisme. Vous et vos gouvernements successifs avez fragilisé l’unité nationale. Vous avez donc le choix, et c’est maintenant qu’il vous faut sortir soit par la grande porte, tout sera alors à votre honneur, soit par la petite porte, mais alors avec tout ce que cela suppose du sort qui vous sera réservé à l’instar de Laurent Gbagbo, de Compaoré et bien d’autres tyrans et dictateurs sanguinaires que l’Histoire de l’humanité a connus.
En effet, c’est depuis plusieurs années maintenant que je suis avec grande inquiétude toutes les manœuvres politiques dilatoires montées par vos collaborateurs membres de votre famille politique, la majorité dite présidentielle, en vue de vous maintenir à tout prix au pouvoir. Depuis 2010 que vous présidez à la destinée de notre pays. Sept ans après, il semble opportun et judicieux pour vous de faire un bilan et réfléchir par deux fois avant de tomber dans l’irréparable en recherchant à tout prix à vous maintenir au pouvoir. Vous avez déjà servi notre pays et vous vous êtes énormément servi, nous vous en remercions. La démocratie que nous avons choisie comme seul mode de gouvernement dans notre pays a ses exigences, au nombre de ces exigences se trouve l’alternance dans les fonctions politiques. Je vous prie donc de bien favoriser cette alternance et de prendre le courage historique et patriotique de quitter avec honneur et dignité le pouvoir.
Monsieur le Président,
Le chemin sur lequel vous vous trouvez est un chemin extrêmement dangereux pour notre pays la République de Guinée. Le peuple de Guinée n’est plus du tout dupe, le temps de présidence à vie, de président providentiel et irremplaçable est révolu ! Il y a parmi les guinéens ceux et celles qui sont aussi à même de diriger notre pays dans le respect strict de la démocratie !
Le chemin sur lequel vous mènent ceux et celles qui vous entourent est un chemin très glissant et comporte des graves risques sur la paix chèrement acquise au prix du sang dans notre pays.
Faut-il vraiment vous rappeler que ceux et celles qui vous encouragent et qui vous trompent en vous montrant que vous êtes encore porté par le peuple guinéen et que vous devriez vous maintenir au pouvoir sont ceux-là même qui ont été avec le Capitaine Dadis Camara et qui l’ont induit en erreur ?
Leur objectif est de conserver le pouvoir et de vous conduire dans l’abime. Faites preuve de patriotisme et de courage historique en refusant d’emboiter le pas à leur schéma machiavélique, en se rappelant toujours qu’après le mandat politique il existe une vie. Ne vous accrochez donc pas parce que cette fois-ci le peuple de guinée ne vous laissera pas faire.
Monsieur le Président,
Je suis pour ma part sidéré par les manœuvres et stratagèmes que vous faites allant dans le sens de vous offrir un 3è mandat à la tête de notre pays en signant un contrat irréfléchi de 20 milliards avec la Chine pour faire rêver les guinéens tels Kaleta et Diamond Plazza lors de votre second mandat. Vous savez bien comme moi que tous les projets que vous prétendez financer avec cet argent ne verront jamais le jour. Soyez rassuré, que le peuple de Guinée voit et a déjà tout vu et tout compris et que pour rien au monde le troisième mandat ne vous sera accordé par le peuple souverain de guinée. Le peuple de Guinée demeure très attaché à un de ses droits fondamentaux celui de choisir librement ses dirigeants.
Par ailleurs ; je déplore aussi le regain d’intolérance politique, des violations et restrictions des droits et libertés des citoyens un peu partout sur l'ensemble de notre pays. Soit des journalistes sont injustement punis ou disparus sans traces pour avoir dit la vérité contre votre régime. Soit c’est l’opposant, activiste des droits humains, celui qui a une pensée ou une opinion contraire à celle de votre famille politique qui est la cible de vos services de sécurité.
Des arrestations arbitraires, des procès bidons et montés de toute pièce, des acharnements, des menaces, des intimidations, des assassinats constituent des graves violations des droits humains. Je ne voudrais pas vous voir finir comme d’autres présidents africains qui, voulant s’accrocher au pouvoir, ont opté la voie de la terreur et qui malheureusement pour eux et heureusement pour le peuple ces présidents-là se trouvent à la Haye pour les uns et d’autres en exile ou dans des prisons !
Monsieur le Président,
La réalité de notre pays, nous dépeint ce que les scientifiques appellent, le paradoxe guinéen. Comment comprendre qu’un pays immensément riche, comme la Guinée, abrite une population extrêmement pauvre ?
L’unique explication valable et vérifiable : c’est la mauvaise gouvernance incarnée par vous Monsieur le Président. C’est malheureux à dire mais, vous êtes le premier responsable de la misère et du malheur de notre peuple car la gestion du pays ne se fait pas au bénéfice de l’intérêt général mais plus tôt au bénéfice des animateurs des institutions dont votre famille biologique, vos amis politiques et vos parrains tant régionaux qu’occidentaux. Vous êtes le seul centre d’impulsion de la machine étatique de la Guinée, tout se décide à la Présidence ou presque, le Premier ministre n’est qu’une marionnette qui obéit à des instructions dont les origines demeurent floues.
Cependant, ce pays ne vous appartient pas, ni même à votre humble interlocuteur, c’est un bien collectif. Le patriote que je suis vient, seulement vous rappeler que, l’attente de notre peuple est en priorité, la lutte contre les antivaleur que votre système pérennise et la mauvaise gouvernance qui paupérise le peuple. A la fin du régime de la deuxième république, les gens étaient foncièrement convaincus que le président Dadis était l’incarnation du mal guinéen et le guinéen lambda était convaincu qu’après Dadis, la Guinée allait être un petit paradis ; Dadis est parti et la situation socio-économique s’est encore dégradée. C’est le système qui n’est pas bon, je vous l’accorde volontiers mais je vous renvoie à un proverbe chinois qui dit que le poisson pourrit toujours par la tête !
Actuellement, nous ne vivons pas dans un État de droit en Guinée, vous et la horde de la « Condecratie » a pris l’état en otage. Quel est la Guinée que nous laisserons à notre descendance, car on ne reste pas au pouvoir éternellement, et qu’adviendra-t-il de vous et des vôtres ?
En tout état de cause, je vous lance un appel vibrant au respect de la Constitution qui régit notre pays car seule la démocratie nous permettra d’assainir la classe politique guinéenne et d’œuvrer pour le développement multisectoriel de la République de Guinée.
Monsieur le Président,
En fin, je forme le vœu que ces mots n’auront été utiles qu’à raffermir un esprit déjà convaincu de leur justesse, je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de ma très haute considération.
Nouhou Badiar DIALLO
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Commentaires
En fin,AC,accuse toujours les anciens PM de la "Mauvaise Gouvernance" antérieure.C'est comme si,on attribuait la Mauvaise Gestion du pays de 2010 à nos jours au PM-MAMADY YOULA et ses prédécesseurs PM.
Finalement,Alpha Condé ne va pas se dérober de cette situation chaotique de sa mauvaise gouvernance et de gestion des fonds publics de la Guinée.C'est lui seul,le Responsable du résultat de l'échec actuel.
Comme tu l'as bien dit Nouhou Badiar,le poisson pourri toujours par la Tête et le corps suit selon le vieux adage.Alpha Condé est un incompétent selon la morale de l'histoire.Point barre.








