« L’ONU avait déjà indiqué que Sékouba Konaté fait partie des personnes inculpées »

Facebook Imprimer    

 

bah oury 2Le 28 Septembre 2009, une manifestation politique contre le maintien au pouvoir de la junte militaire, tournait au carnage à Conakry. Plusieurs morts, des disparus et des femmes violées à ciel ouvert. Bah Oury, vice-président l’UFDG au moment des faits, était le président du Comité d’organisation de ladite manifestation. Huit ans après, il en parle avec nous.


Mosaiqueguinee.com : vous avez été ce matin au siège de l’Association des Victimes, Parents et Amis du 28 Septembre (AVIPA) avant de vous rendre au stade où vous avez déposé une gerbe de fleurs. Quel était l’objectif de ces déplacements ?

Bah Oury : comme vous le savez, j’étais le président de la commission d’organisation de la manifestation du 28 Septembre 2009 pour le compte des forces vives. J’ai tenu à rendre hommage aux victimes. Après le siège de l’AVIPA, comme l’année dernière, je me suis rendu au stade du 28 Septembre pour déposer une gerbe de fleurs pour rendre hommage à toutes les victimes.


Huit ans après, aucun procès pour situer les responsabilités. Quel regard portez-vous sur le volet judiciaire de cette affaire ?

Il y a eu des avancées ces dernières années dans le cadre de la poursuite judiciaire, mais la dernière ligne droite tarde à être engagée. J’espère que le ministre de la Justice, avec l’appui du gouvernement actuel, mettra tout en œuvre pour que ce procès puisse se tenir dans un délai raisonnable, d’ici la fin du premier trimestre de 2018.


Des victimes du 28 Septembre ont porté plainte contre le Général Sékouba Konaté, qu’en dites-vous ?

Je salue l’initiative de ce collectif de victimes qui veulent que tous les acteurs de l’époque puissent être entendus. Et comme vous le savez, ce sont les forces de défense et de sécurité qui ont été mises en cause. La commission d’enquête internationale de l’ONU avait déjà indiqué que le Général Sékouba Konaté fait partie des personnes inculpées, au regard de sa responsabilité comme ministre de la défense. Il est tout à fait normal qu’il soit entendu au même titre que tous les autres acteurs du CNDD.


En tant que président de la commission d’organisation, vous ne vous sentez pas moralement responsable de ce qui s’est passé. La junte a quand même essayé de dire qu’elle avait demandé de reporter la manifestation.

Il n’a jamais été officiellement indiqué que le CNDD demande à surseoir à cette manifestation ce jour. Certains d’entre eux ont appelé d’autres responsables politiques mais personnellement, en tant que président de la commission d’organisation, je n’ai jamais été approché pour demander de surseoir à cette manifestation. Si certains ont eu des entretiens dans les couloirs, ça n’engage qu’eux, mais ça ne fait pas force de loi.


Cet événement a quand même détourné le sens historique de cette date du 28 Septembre, vous ne vous sentez pas coupable de cela ?

Au contraire, je peux même dire que le choix de la date du 28 Septembre 2009 pour manifester en revendiquant la démocratie, c’était un écho au 28 Septembre 1958 où le peuple de Guinée, dans le cadre du référendum, avait demandé l’indépendance.


Vous n’avez pas été personnellement mis en cause, mais des leaders politiques ont quand même perçu de l’argent qui était destiné aux victimes. Aujourd’hui, vous de l’opposition surtout, vous ne semblez pas mettre la pression sur l’État pour que justice soit rendue.

Ceux qui ont reçu de l’argent doivent s’expliquer devant une juridiction bien précise, pour que la vérité soit connue. Est-ce que c’est un abus de biens sociaux ? L’argent qui était destiné aux victimes, ne devrait pas être détourné. Si certains en ont profité pour s’enrichir, ils doivent se justifier.

Deuxièmement, il n’y a aucun acte judiciaire qui a demandé à ce que l’État indemnise certains, et abandonne d’autres. Là aussi, sur le plan administratif, c’est une faute administrative grave. Paix à l’âme de feu Jean Marie Doré, mais l’acte administratif n’était pas en conformité avec les règles de bonne gouvernance.

Ensuite aujourd’hui, on ne doit pas attendre qu’il y ait une indemnisation de la part de l’État pour faire quelque chose. L’UFDG, qui a dans ses rangs, le nombre de victimes le plus élevé, n’a pas officiellement fait ce qu’elle devrait faire pour cela.

J’ai dit et répété, moi Bah Oury, fondateur de l’UFDG, président de la commission d’organisation de la manifestation du 28 Septembre 2009, le jour où je serai président de l’UFDG, le parti devra faire de telle sorte qu’il y ait un fonds de l’UFDG, pour contribuer à soulager la souffrance et la solitude de toutes les victimes de la lutte pour la démocratie, y compris celles du 28 Septembre 2009.


(mosaiqueguinee)

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


AAA_logo_guineeactu_article

Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
+1 #2 I.MB SOW 09-10-2017 18:40

Chercher à faire feu de tous bois, voilà ce à quoi se réduit la stratégie de cet entêté de BO.
C'est pathétique!! Il ne semble pas comprendre que même des chrétiens assassinés lors de ces sinistres événements de septembre 2009 (s'il y en a eu) ne voudraient pas des gerbes de fleurs de soi-disant leaders qui trahissent jusqu'à leurs propres convictions par pure ambition personnelle.
Peut-être que le salut ne viendra pas d'une présidence d'un CDD non plus, mais espérons que même les plus fervents partisans de BO se rendront à l'évidence que celui-ci n'est pas taillé pour le job de mise à l'endroit de ce pays en perdition depuis 1958. La "gouvernance" de l'UFDG de 2017 n'est certes pas défendable, mais l'on voit plus aisément que ce n'est pas sous la houlette de son supposé "fondateur" que ce parti se serait distingué des micro-partis qui pilulent sur la scène politique guinéenne.
Pauvres communautés nationale et peule dont les sorts s'avèrent pourtant plus étroitement liés en Guinée que nulle part ailleurs en Afrique !!!
Citer
 
 
+2 #1 Gandhi 07-10-2017 19:22

Pour s'expliquer sur les 2 milliards, encore faut-il qu'il y ait plainte. Qui l'a fait ?
Abus de bien social ??? l'État est-il une société commerciale pour penser ainsi ? L'ABS ne concerne que les sociétés commerciales, mon cher Oury !!!
L'État n'a pas systématiquement besoin d'autorisation judiciaire pour agir.
A quel titre l'UFDG devrait-elle indemniser les victimes ? C'est à l'État de le faire, et c'est pourquoi j'enrage de voir des avocats incapables d'aider les associations de victimes à dissocier les conséquences civiles (dédommagement) des massacres et pénales (poursuite des criminels).
J'espère donc que BO ne sera pas pdt de l'UFDG s'il considère que c'est aux victimes de payer une deuxième fois les crimes des barbares.
D'ailleurs BO peut-il nous dire ce qu'il a fait concrètement dans ce dossier ? Où a t-il porté plainte par exemple et contre qui ?
Citer