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CAN 2023 en Guinée  : « Jusqu'à présent, personne ne sait ce qu'il doit faire», déplore El Hadj Thierno Ousmane Ly

Hassane Kolié  Mardi, 12 Septembre 2017 19:36

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altMalgré l'attribution de l'organisation de la CAN 2023 à la Guinée, suivie de la mise en place du Comité d'Organisation (COCAN), beaucoup de Guinéens ont encore du mal à croire à la possibilité de vivre cet événement dans leur pays. Dans un entretien, El Hadj Thierno Ousmane Ly, analyste financier, fustige ce qu'il qualifie de léthargie du COCAN dont les membres ont été nommés, selon lui,  sur des bases pas du tout claires. Notre interlocuteur appelle ensuite Antonio Souaré, qui en est le président, à « mettre tout le monde au travail » pour ne pas que la Guinée perde cette opportunité.


La Guinée doit organiser la CAN 2023, jusqu'à présent, nous ne constatons que le COCAN, n'a pas encore posé d'actes concrets. Que vous inspire cette situation ?

La Guinée devrait pouvoir organiser cette CAN, parce qu'elle dispose de tous les moyens, mais elle ne prend pas les dispositions absolument indispensables pour l'organisation de cette CAN. C'est ce que tout le monde trouve extrêmement dommage. Les gens disent que c'est une question de volonté politique. Cela est une autre perception de la chose. Il y a une volonté politique parce que le gouvernement s'est engagé à mettre en place le COCAN dirigé par Antonio Souaré. Au-delà de cela, on ne voit rien venir.

Aujourd'hui, les responsabilités sont relativement situées, contrairement à ce que les gens sont en train de dire pour flatter le ministre partant des sports, Siaka Barry. Également, on a un certain nombre de problèmes qui relèvent de la mauvaise gestion  que le ministre sortant  a eue à faire par rapport à cette CAN, lorsque le décret concernant la création du COCAN a été signé.  En ce sens qu'il était question que sur proposition du ministre sortant des sports, le premier ministre nomme les membres de la commission.  Dans la vision et l'efficacité du travail, il ne fallait pas que des gens fassent des cumuls de fonctions.

Ce qui était nécessaire, c'est que les gens compétents, respectueux, moralement bien assis pour pouvoir faire ces travaux, pétris  d'une valeur extrêmement importante, soient pris dans ces commissions  du COCAN.

Malheureusement, les choses se sont enchaînées, sans que le travail préalable ne soit fait, parce que si vous nommez quelqu'un dans le but d'assumer une fonction extrêmement importante pour la nation, il faut lui dire ce qu'il va pouvoir faire. Signalons que ce préalable n'a pas été fait.

Le Premier ministre était devant une situation assez critique. Les gens ont été nommés à ces postes dans les différentes commissions sans faire le travail, parce qu'il n'y a pas eu un budget dédié à cela. Le chef du gouvernement, Mamady Youla, s'est retrouvé devant des situations assez complexes, donc il a fini par nommer 5 personnes par commission. Peu après, il y en a eu une dizaine. Ils ont dit qu'ils vont en augmenter, les gens ont cru que c'est un lieu où il faut aller s'approprier de l'argent. Alors qu'ils devraient connaître leurs rôles patriotiques à jouer dans la réalisation de cette CAN Guinée 2023. Je situe tout ce problème au niveau d'Antonio Souaré. Aujourd'hui, il devrait avoir le rang de ministre d'État, le développement du pays dépend de lui aujourd'hui.

Il doit comprendre qu'on ne donne pas un pouvoir, on le décroche. Il faut qu'il se mette à sa place, qu'il fasse son travail, pour que 2 choses très importantes soient faites dans le cadre de ce COCAN qui sont entre autres : le regroupement de tous les Guinéens et la motivation de tous les Guinéens pour s'intéresser à ce travail, que chacun puisse faire au moins ce qu'il est capable d'apporter. Qu'on invite les gens à se mettre immédiatement au travail en ce qui concerne évidemment la réalisation de cette CAN Guinée 2023 tant attendue par le peuple de Guinée. Quel que soit votre potentiel, vos capacités, si vous n'êtes pas à un travail, vous n'allez pas pouvoir le réaliser, parce que la vie, c'est 2 auxiliaires, ce que tu es et, ce que tu as. Si tu ne mets pas en valeur cela, c'est un problème. Aujourd'hui, il faut que tous les Guinéens soient mobilisés par rapport à cette CAN.


Quelles sont les contraintes pour la réalisation de ce projet ?

Cette CAN est le meilleur projet de développement dont dispose le pays. Mais, il nous faut des ressources financières,  que nous n'avons pas. Le gouvernement est incapable aujourd'hui de trouver toutes les ressources financières pour pouvoir financer le projet de cette CAN dans notre pays. Mais, il faut reconnaître que ces contraintes ne sont pas seulement au niveau du gouvernement. Plutôt, c'est l'environnement international et la domination que nous subissons.


Lors de la récente visite de la Secrétaire Générale de la FIFA en Guinée, le président du COCAN, Antonio Souaré, a dit qu'ils mettront tout en place pour pouvoir organiser la CAN 2023 en Guinée. Que pensez-vous de cette tentative de rassurer les Guinéens ?

Ce n'est pas une première fois qu'il livre ce message. Mais, ce n'est pas ce qui nous intéresse. C'est plutôt ce qu'il fait. Il faut que tous les Guinéens soient regroupés pour travailler sur cette CAN. Ça, c'est la première des choses qu'il a à faire. Il faut que chacun sache dans le cadre de cette CAN, la contribution qu'il va pouvoir apporter dans le but de faire réaliser ce projet sportif. Mais jusqu'à présent, personne ne sait ce qu'il doit faire. Parce que plusieurs questions se posent à ce niveau, à savoir où est-ce qu'on peut trouver les fonds propres pour organiser cette CAN, parce que si on ne trouve pas ces fonds, ça ne marcherait jamais.

Qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui pour la mobilisation de ces fonds. Il faut que les Guinéens adhèrent, qu'on leur dise voilà ce qu'on vous demande de faire et voilà comment le faire. Ça c'est un aspect très important.


Le limogeage de Siaka Barry au ministère des sports a créé de la polémique dans la cité. Selon vous est-ce que ce monsieur a été à la hauteur ?

Aujourd'hui, les gens sont en train de flatter ce qu'il y a eu au niveau du ministère de la Culture, des Sports et du Patrimoine Historique au temps de Siaka Barry.  Le travail positif qui a été fait comme valeur reconnue à ce ministère, il faut dire que cela émane de la compétence et les expériences d'Isto Keira.

Le ministre Siaka doit reconnaître la valeur d'Isto Keira, il doit reconnaître que Domani Doré a eu à faire jusqu'à ce qu'on arrive à cette CAN. Prendre en compte ce qui a été dit et fait pendant les travaux et les reconduire parce que c'est une continuité. Siaka Barry n'a pas voulu les continuer.

Aujourd'hui, Bantama Sow est revenu au même département. Il  faut qu'il se mette à la tâche. Il y a un défi très important, d'abord le président lui fait confiance, il y a un creux important entre le président de la République et sa population, il faut le combler…

Donc, je pense que le nouveau ministre des Sports, Bantama Sow doit être capable de le faire, il suffit qu'il mette en place les gens qu'il faut. J'ai envisagé de le rencontrer et discuter avec lui, de lui donner mon avis. Parce que je crois en cette CAN et je crois à ce pays.

Nous avons tous les moyens pour le faire, nous pouvons mobiliser ces infrastructures. Les Guinéens ne croient pas, parce qu'on ne montre rien pour dire qu'aujourd'hui, nous pouvons le faire. C'est pour cela que je dis la plate-forme que nous avons créée, devrait être beaucoup plus active, il faut qu'elle aille chercher les informations dont la population a besoin pour comprendre les contraintes liées à l'organisation de cette CAN.


Interview réalisée par Hassane Kolié

L'Indépendant, partenaire de GuineeActu


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